vendredi 31 juillet 2026

LA LIBERTÉ D' EXPRESSION SELON L' ARCOM. , 200 000 EUROS D' AMENDE POUR AVOIR DIT DES VÉRITÉS ! !

 

 


 

200.000 euros contre CNews : l’Arcom met la vérité à l’amende

Des propos interdits, des amendes qui s’accumulent et un régulateur à l'affut : l’étau se resserre autour de CNews.
Capture d'écran CNews.
Capture d'écran CNews.

Dire des évidences peut désormais vous coûter 200.000 euros.

 C’est le montant de l’amende infligée par l’Arcom à CNews pour deux séquences diffusées en 2025 et jugées « de nature à inciter à la haine » et à encourager des « comportements discriminatoires ».

 La chaîne du groupe Canal+ a immédiatement annoncé qu’elle contesterait cette décision devant le Conseil d’État.
 

La première séquence, diffusée le 2 juin 2025, portait sur les violences commises après la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions.

 Erik Tegnér, fondateur du média Frontières et chroniqueur sur CNews, avait relié ces débordements à l’immigration et évoqué un problème « civilisationnel ».

 Une vidéo d’Éric Zemmour, dans laquelle le président de Reconquête mettait en cause des « enfants de l’immigration arabo-musulmane », avait également été diffusée.

La seconde émission incriminée concernait une élue voilée de Molenbeek-Saint-Jean, en Belgique, qui avait invité ses opposants à « dégager ».

 Sur le plateau, Erik Tegnér avait parlé de « Grand Remplacement », de « contre-colonisation » et présenté l’islam comme une « religion de conquête ».

 

 Pour l’Arcom, ces déclarations véhiculent une représentation inquiétante des populations musulmanes ou issues de l’immigration, sans contradiction suffisante de la part du présentateur…

 

Un déluge de sanctions

Au-delà du débat sur les propos eux-mêmes – qui relèvent de vérités factuelles, sinon du simple bon sens –, c’est le montant de l’amende qui impressionne.

 Il s’explique notamment par la récidive retenue contre CNews, déjà sanctionnée à plusieurs reprises pour des prétextes similaires.

 En février 2026, la chaîne avait ainsi reçu deux amendes, l’une de 75.000 euros pour des propos portant sur les Palestiniens, l’autre de 25.000 euros pour une séquence concernant les Algériens

Quelques jours plus tard, l’Arcom mettait également CNews en demeure pour son traitement du meurtre de Thomas à Crépol, jugé trop « univoque ».

 En juin, une nouvelle mise en demeure lui ordonnait de mieux respecter « l’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion »

 

Pluralisme, honnêteté de l’information, maîtrise de l’antenne, angle éditorial : les motifs changent, mais la cible reste la même.

 Le décompte dressé par nos confrères du Monde, en juin dernier, donne la mesure du phénomène.

 

 Depuis 2017, année de naissance de CNews sur les cendres d’iTélé, la chaîne a subi près de 60 interventions du CSA puis de l’Arcom : 30 interventions simples, 13 mises en garde, sept mises en demeure et dix sanctions pécuniaires.

 Le montant cumulé des amendes atteignait alors 630.000 euros.

 La dernière décision devrait donc porter l’addition à la somme rondelette de 830.000 euros. 

En novembre 2025, l’émission à charge Complément d’enquête reconnaissait déjà que les huit sanctions financières prononcées depuis 2017 contre les chaînes d’information en continu avaient toutes frappé CNews.

 Depuis, la série s’est poursuivie.

 

 Là où France Info, BFM TV ou LCI récoltent le plus souvent des observations ou de petits avertissements sans conséquence, la chaîne du groupe Bolloré, elle, passe à la caisse.

 

Un objectif d’autocensure ?

Rappelons que si l’Arcom est officiellement une autorité publique indépendante, son président, Martin Ajdari, n’en est pas moins un homme engagé politiquement, passé par plusieurs cabinets de ministres de gauche : Laurent Fabius et Florence Parly entre 2000 et 2002, puis Aurélie Filippetti et Fleur Pellerin en 2014.

 Un parcours qui interroge quant à la neutralité de cet homme dont l’institution traque avec tant de constance les supposés déséquilibres idéologiques de CNews.

 

 D’autant que la chaîne privée est aujourd’hui la seule à accorder une place importante aux préoccupations liées à l’immigration, à l’insécurité ou à l’islamisation. 

Serait-ce précisément cela qui lui est reproché ?
 

Comme l’a souligné le lanceur d’alerte Pierre Sautarel, les sanctions à répétition visant CNews auront pour conséquence prévisible d’installer une forme de censure préventive. 

Pour éviter tout risque de condamnation, les médias seront très probablement tentés d’écarter certains invités, d’abandonner des sujets trop sensibles ou d’exiger de leurs chroniqueurs une parole toujours plus creuse.

 

Il ne s’agit plus alors de sanctionner une infraction pénale établie par un tribunal mais d’imposer aux médias d’anticiper le jugement d’une autorité administrative. 

C’est peut-être là le véritable objectif de cet acharnement. 

Non pas faire fermer CNews, ce qui provoquerait un certain émoi, mais amener l’ensemble du PAF à l’autocensure. 

À moins d’un an de la présidentielle, le message est clair : toutes les opinions pourront s’exprimer, mais certaines coûteront plus cher que d’autres.

 

 Picture of Jean Kast

Par Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société
Source :    https://www.bvoltaire.fr/200-000-euros-contre-cnews-larcom-met-la-verite-a-lamende/?
 
jmlb 
 

LA RÉPONSE NE SAIT PAS FAIT ATTENDRE .....
 

Canal ne financera pas ceux qui lui « portent préjudice » : la gauche s’insurge !

Maxime Saada "n'oublie rien" et "reste sur [s]a position" !
Capture d'écran Le Figaro.
Capture d'écran Le Figaro.

Ils ont joué, ils ont perdu.

 

Ils ont joué, ils ont perdu.

 Le 27 juillet, Maxime Saada annonçait, sur son compte X, la signature d’« un nouvel accord historique entre Canal+ et les organisations du cinéma français », avec « près d’un milliard d’euros investis par Canal+ sur une durée inédite de 5 ans, entre 2028 et 2032, dans le cinéma français et européen ».

 Une annonce qui, loin de rassurer unanimement le monde de la culture, voit aussi la gauche s’insurger en apprenant que ces investissements ne concerneront pas ceux qui « portent préjudice à l’image de Canal+ » alors même que Maxime Saada les avait prévenus.

Un accord financier pour promouvoir le cinéma français

Sur X, le PDG de Canal se réjouit d’annoncer cet « engagement historique à la hauteur d’une conviction profonde », celle que « le cinéma français, le plus dynamique des cinémas européens et aux tout premiers rangs des cinémas mondiaux, mérite d’être soutenu, financé et accompagné ». Il se félicite aussi parce qu'avec cet accord, « Canal+ [reste le] premier partenaire du cinéma français et européen pour longtemps ».

Dans son communiqué, le groupe Canal+ insiste sur le fait qu’« au-delà de son importance économique, [ce nouvel accord] réaffirme un principe fondateur de l'exception culturelle française [et ses] signataires réaffirment ainsi leur volonté de préserver un modèle garantissant la diversité des œuvres, la pluralité des regards et des esthétiques, le renouvellement des talents et des écritures, et la vitalité de l'ensemble de la filière ». Une façon de couper court à toutes critiques par anticipation, à tous les procès d’intention qu’avaient formulés les signataires de la tribune « Zapper Bolloré », la veille du festival de Cannes.

Des signataires imaginatifs

En effet, ces derniers avaient jugé bon de crier au loup et d’alerter contre un péril fantasmé au nom de la lutte contre « un projet civilisationnel » de Vincent Bolloré dont « l’influence idéologique sur le contenu des films » ne serait pas longtemps « discrète », ils en étaient certains. « Voulons-nous prendre le risque que demain ne soient plus financés que des films de propagande au service d’une idéologie ? », demandaient ces 600 signataires, qui expliquaient qu’« en laissant le cinéma français aux mains d’un patron d’extrême droite, nous ne risquons pas seulement une uniformisation des films, mais une prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif ».

Des accusations auxquelles Maxime Saada avait répondu, en marge du festival de Cannes, en disant avoir « vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s'attachent à défendre l'indépendance de Canal+, et dans toute la diversité de ses choix », et en annonçant qu’« en conséquence, [il] ne travaillerai[t] plus, [il] ne souhaite plus que Canal travaille avec les gens qui ont signé cette pétition » puisque « si certains en viennent à qualifier Canal+ de "crypto-fasciste", alors [il] ne peu[t] pas accepter de collaborer avec eux ». Une réponse qui avait le mérite d’être claire et qui semblait bien naturelle.

Alors, si Canal+ renouvelle ses financements et continue d’affirmer sa volonté de financer le pluralisme et l’indépendance du cinéma français, comment s’étonner que ceux qui ont craché dans la soupe ne soient plus invités au festin ? Ainsi, « le dirigeant, interrogé mardi par l'AFP en marge des résultats de son groupe, a assuré qu'il "n'oublie rien" », rapporte France 24, qu’il « reste sur [s]a position qui est que si des gens portent préjudice à l'image de Canal+, on ne financera pas leur film ». `

Une décision frappée au coin du bon sens : on ne scie pas la branche sur laquelle on est assis impunément !

 

Défendre la diversité sans se faire insulter

Et pourtant… à gauche on s’insurge. « Chez Bolloré, la méthode est éprouvée », écrit L’Humanité, « les chefs regardent les têtes qui dépassent, les décapitent, et continuent leur petit bonhomme de chemin, en se glorifiant d’être les sauveurs de la presse, des médias, et, depuis hier, du cinéma français »

. Et le journal explique que « si les organisations professionnelles se réjouissent, cet accord pourrait s’avérer une vraie guillotine pour tous les créateurs, comédiens et techniciens, soit 4.200 personnes, qui se sont opposées, au moment du festival de Cannes en mai dernier et dans les semaines qui ont suivi, à l’hégémonie de Canal+ sur le secteur » et que « Vincent Bolloré, à la tête du groupe, de ses journaux à CNews en passant par les Relay, dans les gares, joue dans la cour de l’extrême droite, et a trouvé un moyen radical de se débarrasser de tous ceux qui contestent sa politique éditoriale et industrielle, au nom de la démocratie et du pluralisme ».

 

Autrement dit, le média s’étonne de ne pas voir le groupe Canal accepter gentiment de payer pour se faire insulter au nom de la diversité. Et il n’est pas le seul !

 

 Pour Les Inrocks, cet accord financier, c’est « une somme dont tout le monde ne pourra pas bénéficier.

 Vous êtes contre Vincent Bolloré ? N’espérez même pas recevoir un centime de cette enveloppe. »

 Le média n’a manifestement pas peur du ridicule, puisqu'il conclut : « La diversité, oui, à condition d’être dans "le bon camp"… »

 

Chacun pourra juger de l'ironie d'une telle sentence !

 

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Victoire Riquetti
Journaliste
 
Source :   https://www.bvoltaire.fr/canal-ne-financera-pas-ceux-qui-lui-portent-prejudice- 

 

 

 

 

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