vendredi 17 juillet 2026

IMMIGRATION ET EMPLOI EN FRANCE ET IMMIGRATION ET INSÉCURITÉ ........

 

82% des Portugais de naissance occupent un emploi, contre 54% des Algériens de naissance


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Lettre d’information n°96

du 16 juillet 2026

  • Immigration et emploi en France | « Radiographie d'un déficit » : l'étude inédite de l'OID révélée dans Le Figaro
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  • Étudiants étrangers | Les nouveaux arrivants restent plus souvent en France : notre analyse des données officielles
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  • Immigration et insécurité  | Que disent les derniers chiffres du ministère de l'Intérieur pour l'an dernier ?

Immigration et emploi en France | 
 « Radiographie d'un déficit » : l'étude inédite de l'OID révélée dans Le Figaro
L'OID dévoile en exclusivité dans Le Figaro une nouvelle étude intitulée « Immigration et emploi en France : radiographie d'un déficit ». 
 Elle révèle, avec une précision inédite, la situation au regard de l'emploi des personnes nées étrangères qui résident en France
 
À rebours des discours qui présentent l'immigration comme une réponse nécessaire aux « pénuries » de main-d'œuvre, ses résultats dessinent une réalité beaucoup plus contrastée.
Les données inédites utilisées dans cette étude, qui agrègent les informations les plus fines issues du recensement de la population, permettent de radiographier avec précision la situation dans l’emploi des étrangers de naissance. 
Pour la première fois, elles permettent ainsi de connaître les niveaux d’emploi par nationalité détaillée à la naissance.
 
Cliquez sur le graphique pour accéder à l'étude :
Hors élèves, étudiants et retraités, c'est-à-dire en ne comptant que les personnes supposées travailler : les données font apparaître des disparités considérables. 

82 % des Portugais de naissance occupent un emploi, un taux qui est le seul à dépasser celui des Français de naissance (80%). 
À l'inverse, cette proportion tombe à 51 % pour les personnes nées de nationalité comorienne, 54% des Algériens ou 57% des Marocains de naissance.

Ces disparités persistent à tous les âges de la vie active. Aux âges les plus favorables, les écarts d'emploi atteignent plus de 15 points entre les nationalités extra-européennes et les Français de naissance.

Là où les carrières professionnelles sont théoriquement à leur optimum (25-54 ans), cet écart dépasse 20 points avec les personnes nées d'une nationalité du Maghreb.

Les femmes nées étrangères sont particulièrement concernées. Par exemple, à quarante ans : plus de 40 points séparent le taux d'emploi des femmes nées françaises et celui des femmes nées turques. 
 Un écart majeur est visible quel que soit l'âge considéré.
Cliquez sur le graphique pour accéder à l'étude :
Le niveau de diplôme ne suffit pas à résorber ces écarts : une personne née d'une nationalité du Maghreb et diplômée d'un Bac+5 est, en moyenne, moins souvent en emploi (81 %) qu'un simple bachelier français de naissance (82 %), et son taux d'emploi reste inférieur de 11 points à celui d'un Français de naissance du même niveau de diplôme.
 
De manière tout aussi frappante : hors élèves/étudiants et retraités, la part des personnes nées d'une nationalité du Maghreb, de Turquie ou d'Afrique subsaharienne qui n'ont jamais travaillé est 3 à 4 fois supérieure à celle constatée parmi les Français de naissance.
 
 
Par ailleurs, la note soulève un important biais statistique dans les données publiques : le mode de calcul du taux d'emploi retenu par l'INSEE, qui inclut élèves, étudiants et retraités dans la population de référence, tend à minorer les écarts entre certaines nationalités de naissance.

Le calcul hors étudiants et retraités – qui se concentre sur les personnes censées travailler – fait passer, par exemple, l'écart entre personnes nées françaises et nées d'une nationalité nord-africaine de 11 à 21 points.
Cliquez sur le tableau pour accéder à l'étude :
 
L'étude permet également, grâce à la finesse des données recueillies, de mieux comprendre le sujet des « métiers en tension ».

Il apparaît ainsi que la surreprésentation des personnes nées étrangères y est très inégale sur le territoire national, ce qui peut fausser la perception des décideurs quant aux besoins en « immigration de travail ». 
 
 
Par exemple :
  • En Île de France, 66 % des employés de restauration sont des étrangers de naissance, contre seulement 21 % dans le reste du pays ;
  • Parmi les ouvriers non qualifiés du second œuvre du bâtiment : leur part est de 59 % en région parisienne contre 19 % ailleurs en France.
 
Ainsi, le constat est clair : sur la majeure partie du territoire, ces métiers sont exercés par des Français de naissance très majoritairement.

Cette surreprésentation francilienne peut amener les décideurs à avoir une compréhension biaisée des nécessités de « l'immigration de travail » à l'échelle nationale, en généralisant à toute la France des réalités qui sont d'abord celles de la capitale et de sa région.
 
Retrouvez l'intervention de Nicolas Pouvreau-Monti sur CNEWS :
 
 
Retrouvez notre étude complète sur l'immigration et l'emploi :
Étude OID | « Immigration et emploi en France : radiographie d'un déficit »

Étudiants étrangers | Les nouveaux arrivants restent plus souvent en France : notre analyse des données officielles
À la fin du mois de mai, la Direction générale des étrangers en France (ministère de l'Intérieur) a publié une étude sur les profils et parcours des étudiants primo-arrivants en France.
 Ses résultats apportent des détails nouveaux concernant la durée et les motifs de maintien sur le territoire. 
Les étrangers recevant des titres de séjour étudiant en France viennent principalement du continent africain et du Moyen-Orient : c'est le cas de 59% de ceux arrivés en 2024, 11 points de plus qu'en 2015.

 
La parution éclaire particulièrement l'évolution des taux de maintien à long terme des étudiants.
 Parmi les étudiants arrivés en 2015, 31 % étaient encore en France huit ans plus tard.
 Parmi ceux arrivés en 2017, ce taux de maintien atteint 41 %, soit dix points de plus en deux ans à peine.
 
Les disparités sont considérables entre les différentes origines géographiques. 
 
Dans la génération entrée en 2017 (dernière disponible) 58 % des ressortissants d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient et 60 % d'Afrique subsaharienne ont encore un titre de séjour huit ans après leur entrée pour études.  
Ces chiffres augmentent à chaque génération étudiée.

 
A contrario, seuls 8% des étudiants américains du Nord et océaniens et 17% des étudiants asiatiques disposent encore d'un titre de séjour huit ans après leur arrivée pour études. 
Ces chiffres sont quant à eux relativement stables à travers les générations.
 
Pour ceux restés en France, les motifs des titres sont également variables selon les nationalités.
 Les Algériens, par exemple, présentent un fort taux de maintien pour motif familial. 
Huit ans après leur arrivée pour motif d'études en 2017, 52% d'entre eux détiennent un titre pour motif familial, contre une moyenne de 13 % toutes nationalités confondues. 
 Seuls 17% d'entre eux disposent d'un titre pour motif économique.

 
En revanche, après la même période suivant leur arrivée pour études, seuls 14% des Chinois ont encore un titre de séjour, dont une très large majorité  pour motif économique.
Ces données posent la question de notre système d'immigration étudiante.
 En effet, les étudiants étrangers bénéficient de conditions d'accueil extrêmement favorables : aides d'urgence, logements CROUS et financement public de leurs années universitaires (dont certains vont devoir payer une part mineure à compter de la prochaine rentrée).
 
 La Cour des comptes estimait récemment le coût net de l'immigration étudiante à 1 milliard d'euros par an.

Au-delà de ces enjeux financiers, le niveau académique est loin d'être assuré chez les étudiants accueillis : en moyenne, les deux tiers des étrangers en mobilité ne valident pas leur licence en trois ans.
 
C'est dans ce contexte que plusieurs mesures réglementaires récentes viennent ajuster, à la marge, les conditions d'accueil des étudiants extracommunautaires :
  • À compter du 1er juillet 2026, les aides personnelles au logement (APL) ne seront plus accessibles à tous les étudiants extracommunautaires.
  • À partir du 1er août 2026, le niveau minimum de ressources exigé pour être admis en France pour motif d'études sera également relevé : il correspondra désormais à 47 % du SMIC mensuel brut, soit 877,5 euros par mois (décret n°2026-526 du 22 juin 2026).
  • Enfin, un décret du 19 mai 2026 restreint les possibilités d'exonération des droits d'inscription différenciés dans les universités.
 
Ces mesures constituent un premier rééquilibrage, mais elles n'effacent pas le fait que, selon le ministère lui-même, les droits différenciés « représentent moins du tiers du coût réel de la formation, le reste étant supporté par l'État ».
 
Retrouvez notre note sur l'immigration étudiante en France :
Étude OID | « L’immigration étudiante : entre réussites personnelles et échec collectif »

Immigration et insécurité | 

 Que disent les derniers chiffres du ministère de l'Intérieur pour l'an dernier ?

Si le lien entre immigration et insécurité fait fréquemment l'objet de débats, les chiffres du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) parus ce 9 juillet apportent un éclairage factuel à la conversation publique. Ils amènent à constater que les ressortissants étrangers ont été, en 2025, surreprésentés parmi les mis en cause pour l'ensemble des crimes et délits recensés.

Par exemple, alors qu'ils représentaient 9,1% de la population en 2025, les étrangers ont compté pour :
  • 32,64% des mis en cause pour vols violents sans armes, 
  • 35,8% des mis en cause pour cambriolages de logements, 
  • 19,3% des mis en cause pour tentative d'homicide,
  • 17,8% des mis en cause pour vol avec arme,
  • 13,1% des mis en cause pour viols et tentatives de viol.
Cependant, des différences majeures existent selon les pays d'origine des étrangers.
 
Les étrangers ressortissants d'un pays d'Afrique hors-Maghreb (1,93% de la population en 2025) ont représenté 4% des mis en cause pour tentative d'homicide, plus de deux fois leur part dans la population générale.
 
 Il en va de même pour les viols et tentatives de viols ; leur surreprésentation est encore plus marquée pour les vols violents et avec arme.

Chez les ressortissants de pays du Maghreb, la part des mis en cause pour vols violents (sans armes) est près de 9 fois supérieure à leur part dans la population générale.
 
 
 A l'inverse, les Européens du Sud (Espagne / Italie / Portugal) sont sous-représentés par rapport à leur population dans une large part des crimes et délits. 
Retrouvez le passage de Nicolas Pouvreau-Monti sur CNews :
Si des explications socio-économiques peuvent être avancées pour expliquer une part des différences de représentation dans la criminalité entre Français et étrangers, il n'en demeure pas moins que les étrangers sont accueillis en France avec leurs caractéristiques réelles et que les politiques publiques devraient tenir compte de cette situation concrète.

L’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID) est une structure d’étude et d’information relative aux évolutions démographiques et migratoires, destinée aux décideurs ainsi qu’à l’ensemble des citoyens intéressés par ces sujets.

Nous apportons une vision rationnelle et dépassionnée au débat public, en puisant aux meilleures sources disponibles : statistiques publiques, travaux de chercheurs spécialisés, analyses juridiques.


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