jeudi 2 avril 2026

RETRAÇONS LA SCÈNE QUI A COUTÉ LA VIE À QUENTIN DERANQUE !

 ENQUÊTE !

Contrairement à ce que dit Arnault, Favrot semble avoir joué un rôle déterminant

BV a mené une enquête exclusive. 
Nous vous retraçons la scène qui a couté la vie à Quentin Deranque.
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« Je me doute, évidemment, que ce n’est pas quelqu’un qui souhaite la mort d’autres personnes », déclare, ce mercredi, le député Raphaël Archenault, élu sous faux nom Arnault, au sujet de Jacques-Élie Favrot, son assistant parlementaire, dans un entretien accordé à Blast.

 

Pourtant, lors du guet-apens et de l’affrontement qui a suivi, lors des cinq lynchages de militants identitaires, un homme effectue en continu des gestes amples. 

Des gestes qui trahirait un meneur, selon France 2.

 Nous avons pu déterminer qu’il s’agit ici de l’assistant parlementaire de Raphaël Arnault, Jacques-Élie Favrot, assistant parlementaire du député LFI de Vaucluse au moment des faits.

Pour l’identifier, nous avons demandé indépendamment confirmation à trois militants identitaires présents le 12 avril. 

Nous nous sommes assurés qui l’avaient préalablement reconnu sur place. 

Ils l'ont retrouvé sur les images tournées par les témoins. 

Conformément au témoignage de son avocat, Jacques-Élie Favrot, surnommé « Jef », ne porte pas de coups à Quentin directement mais commet des violences sur d’autres militants. 

Selon les victimes, il était un des seuls agresseurs à ne pas être masqué. 

Sur les vidéos du lynchage, on remarque à plusieurs reprises la similarité du dégradé de la coupe de cheveux et de la moustache du jeune homme avec les images tournées deux jours auparavant, lors d'un meeting à Avignon où l'assistant parlementaire était présent.

Enquête exclusive

Dans cette enquête vidéo exclusive, nous révélons son parcours image par image. 

Selon trois sources, Jacques-Élie Favrot a été vu juste après qu'une militante antifasciste compte avec ses doigts les identitaires présents. 

Il est arrivé avec son groupe d'une trentaine de membres de la Jeune Garde, par l'opposé du tunnel ferroviaire qui donne sur le croisement Farge/Lagrange, à Lyon dans le VIIe arrondissement.

 Préalablement, des militantes de Némésis, dont l'une a été étranglée, l'avaient vu avec son groupe sur un square qui se situe à l'entrée du tunnel.

 

C'est le groupe de Jacques-Élie Favrot qui, une fois équipé, se dirige vers le service d'ordre de Némésis. 

Il est environ 17h55.

 D'abord furtivement, avec grande discrétion. 

Puis, une fois repéré, le groupe de Favrot charge le groupe des identitaires. 

La moitié a enfilé des gants coqués. 

Certains ont le visage masqué. 

Le procureur estime que certains portent des armes, comme un poing américain.

« Butez-les, tues-les ! »

 

Louis*, qui se trouvait un peu plus à l'écart, est pris en tenaille.

 Il est jeté au sol, frappé jusqu'à la perte de connaissance puis dépouillé de ses clefs.

 Jacques-Élie Favrot effectue des allées et venues entre sa ligne, qui empêche les identitaires de porter secours à la victime, et ceux qui violentent Louis.

 Des gestes amples caractérisés semblent désigner un meneur. 

Un antifasciste filme la scène. 

Aujourd'hui, seules des captures d'écran de la vidéo ont été diffusées par des canaux antifas. 

Pour eux, il s'agit de la preuve que le service d'ordre de Némésis est à l'origine de la rixe.

 On y voit notamment Quentin en position de garde défensive.

 Un identitaire se sert d'une béquille comme arme par destination, un de ses camarades d'un parapluie. 

Sur un plan plus large filmé par un témoin, et diffusé par Le Canard enchaîné, on voit un militant nationaliste jeter une trottinette, un autre faire usage d'une lacrymo.

 C'est à ce moment-là que plusieurs identitaires affirment avoir entendu, de la part de Jacques-Élie Favrot,  « Butez-les, tues-les ! », ce que dément son avocat.

 

Selon nos informations, alors que Louis est inanimé au sol, une riveraine crie : « Arrêtez, vous voyez pas qu'il y a déjà un mort » [il s'agit de l'ami de Quentin qui est KO, NDLR].

 

 Les antifascistes lui ont répondu : « On s'en fout, ce sont des nazis. »

Favrot présent pendant toute la durée du supplice

Les antifascistes en surnombre repoussent les identitaires sur la rue Victor-Lagrange.

 Suivent quatre minutes de face-à-face ultra-violent.  

« On pensait que la police allait venir, certains d'entre nous tombaient, on les relevait, les coups pleuvaient », témoigne une personne présente, qui reconnaît formellement Jacques-Élie Favrot ainsi qu'un autre assistant parlementaire LFI, employé sous faux nom, Adrian Besseyre. 

 

Arrivés au niveau du numéro 12 de la rue, les identitaires décident de se disperser par le bout. 

Il est 17h58. 

Trois d'entre eux sont projetés au sol puis rués de coups.

 Comme on le voit sur les images, Jacques-Élie Favrot participe au lynchage d'une des victimes, puis effectue de nouveau des gestes amples en direction de ses alliés. 

 

La personne à qui il avait donné des coups de pied se relève, hébétée. 

Jacques-Élie Favrot fonce sur lui, le frappe, puis dérobe ses effets personnels laissés à terre. 

Pendant ce temps-là, sept antifascistes portent des coups à Quentin. 

Onze coups sont portés à la tête et au haut du corps. 

Un des complices maintient les jambes de Quentin lors du supplice.

 Un autre se met au-dessus de son corps inanimé pour le tabasser pendant au moins vingt secondes. 

La scène a des allures d'exécution. 

Un dernier antifasciste, avec un maximum d'élan et une prise d'appui, envoie un coup de pied dans la tête du jeune homme inanimé.

 

Jacques-Élie Favrot est présent pendant tout le supplice et quitte les lieux, laissant, à cet instant, pour mort Quentin, gisant sur le trottoir.

 L'assistant parlementaire LFI a été, depuis, mis en examen pour complicité d’homicide volontaire par instigation. 

La Justice le soupçonne d'avoir poussé ses camarades à commettre l'agression mortelle. 

 

Son casier comporte déjà une mention pour détention d'armes, ainsi qu'une condamnation en 2025 pour des violences commises sur un étudiant à Saint-Étienne.

*prénom modifié pour des raisons de sécurité

VIDÉO :https://www.youtube.com/watch?v=yYduRB4-LY4 


Picture of Jean Bexon

Jean Bexon
Journaliste


ET AUSSI



[ÉDITO] 

 

Un mois et demi après le meurtre de Quentin, Raphaël Arnault poursuit sa carrière

Son monde est plein de nazis, de fascistes et de milices ultras. « J'ai peur », dit-il. Un numéro d'acteur... intéressé
Capture d'écran Blast
Capture d'écran Blast

Le député LFI Raphaël Arnault a enfin donné signe de vie, après des semaines de silence. 

Sans doute pour être certain de ne pas se faire bousculer, il a choisi le média d’ultra-gauche archi-subventionné Blast

En une bonne heure d’interview, il a déroulé son numéro, mélange grossier de fausse humilité, d’un incroyable culot d’acteur et d’une obsession paranoïaque du fascisme.

Le monde de Raphaël Arnault est bien éloigné de celui du Français ordinaire. 

 

Dans cet univers, l’ultra-droite, le fascisme et le nazisme sont partout. Il faut dire que LFI est, pour lui, un parti « pas si radical ».

 Lui vient du Nouveau Parti anticapitaliste, celui de Philippe Poutou et d’Olivier Besancenot, explique-t-il. 

Son combat est utile, indispensable même, mais personne ne s’en rend compte. 

 

Le militantisme antifa a « permis de limiter la violence fasciste mais elle revient », explique benoîtement le député LFI qui promettait à Alice Cordier (Némésis) une « balle dans la tête ».

 

Dans le monde de Raphaël Arnault, « la classe politique et médiatique se jette dans les bras de l’extrême droite ». La preuve ?

 Sur la mort de Quentin à Lyon le 14 février dernier, politiques et médias « reprennent la version donnée par les néo-nazis »

Quant au RN, il a « des accointances avec des groupuscules néo-nazis »

Pour lui, « le processus fasciste est en cours », il y a même « une accélération de ce processus ».

Dans le monde de Raphaël Arnault, tous sont ligués contre lui. 

 « L’extrême droite a la volonté de nous évacuer du champ politique », « de nous éteindre politiquement », dit-il…

« J'ai peur »

Les Renseignements territoriaux étaient présents avant et après la rixe. Ils n’ont rien fait. Le ministère de l’Intérieur ? « Sa responsabilité est immense. » 

 Pendant des années, la police et la préfecture ont couvert les attaques au couteau contre les gentils militants d’extrême gauche. Si on n’en a pas entendu parler, c’est que les médias sont complices.

Ce prophète incompris le dit : « Tout ce dont j’ai eu peur pendant des années s’est déroulé. » À l’entendre, le vieux Lyon est un cloaque aux mains des milices ultras. 

Il a pris des risques, échappé mille fois au lynchage et à la mort en France, comme au Royaume-Uni. Un héros, on vous dit.

 Et humain, avec cela. Il verse une larme, la gorge nouée : « Moi, je vous avoue, j’ai peur. » 

 Du reste, on ne peut plus aller dans le Vieux Lyon, selon lui, c’est « trop dangereux pour les personnes non blanches ».

 Il a des histoires horribles plein son sac, « des personnes lynchées pour leur orientation sexuelle », une marche des fiertés massacrée. 

Une soirée après un match France-Suisse : « Les fascistes n’ont pas supporté de voir des gamins non blancs » faire la fête… 

Ils « ont fracassé beaucoup de monde ». « On fait face à une violence inouïe », explique-t-il.

Dans le monde de Raphaël Arnault, « des militants d’extrême droite se font arrêter presque tous les mois pour des projets d’attentats ». 

 « Il y a des caches d’armes », des « tirs », des « assassinats », des incendies racistes, comme s’il en pleuvait.

Il évoque le meurtre du rugbyman argentin Federico Martín Aramburú, le 19 mars 2022 à Paris, par les anciens membres du GUD Loïk Le Priol et Romain Bouvier.  

« Une chasse à l’homme dans Paris », selon Arnault, qui n’aurait donné lieu à « aucune réaction médiatique à l’époque », en dehors du journal L’Équipe.

 

Pas un mot pour la famille de Quentin

Pourtant, une simple recherche Google permet de constater que la presse en a largement parlé. 

Surtout, l’instruction n’a pas retenu de qualification de racisme. 

Aucun observateur ni journaliste sérieux n’a fait état d’une motivation politique à l’origine de ce meurtre.

 Arnault recycle un fait divers triste à pleurer, où l’alcool et de probables problèmes mentaux ont abouti à un déchaînement absurde d’ultra-violence et à la mort d’un père de trois enfants.

 Loïk Le Priol et Romain Bouvier seront jugés en septembre 2026, respectivement pour assassinat et complicité d’assassinat. Ils restent présumés innocents.

 

Condamné pour violence en réunion en 2025, Raphaël Arnault minimise grossièrement les faits : il faisait face à « 80 fascistes ».

 Il avise un militant : « Je décide de lui dire de partir du quartier. On peut me reprocher cela effectivement. »

 

Cet homme si sensible, qui « pense » aux limites de l’action face à la horde nazie (« Lorsque l’extrême droite sort un couteau, nous, on va pas le faire »), est plein d’empathie pour son attaché parlementaire Jacques-Élie Favrot, présent sur les lieux du drame et mis en examen pour complicité de meurtre. 

 « Il aurait jamais voulu cela, il aurait jamais voulu qu’il y ait un mort. [...] Ça doit être très dur… »

 

En plus d’une heure d’entretien, on n’a pas entendu un mot, pas un, pour la famille de Quentin, massacré à coups de pied et de poing.

 Pas un mot pour son père, sa mère, sa sœur. 

Il n’y a pas de place pour eux, dans le monde de Raphaël Arnault, qui s’apprête à revenir s'asseoir sur le velours rouge de l’Assemblée nationale.

 Absent depuis le meurtre, voilà un mois et demi, il n'a pas perdu une seule journée de ses indemnités de député (7.493 euros bruts mensuels). 

 

Raphaël Arnault poursuit sa carrière.

Marc Baudriller, avec Gabriel Bendayan

 

Par  

Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste





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