mardi 13 janvier 2026

AINSI VA LE MONDE ! FRANÇAIS , EUROPÉENS SOMMES NOUS SORTIS DE L' HISTOIRE ?

 

📺 De la difficulté de comprendre le monde en regardant les grands médias

Courriel de Liberté politique : 📺 De la difficulté de comprendre le monde en regardant les grands médias

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De la difficulté de comprendre le monde en regardant les grands médias
Retrouvez le dernier édito d'Olivier Frèrejacques

L’opération de kidnapping du président vénézuélien et le traitement des événements en Iran ont fait l’objet d’un traitement sans nuance, ou presque, des grands médias français. 

L’opinion, désireuse de se rattacher à des combats lointains et souvent mal compris, n’aide pas sur les réseaux sociaux.

 

Le 1er janvier, les États-Unis ont kidnappé le président vénézuélien dans une opération exceptionnelle. 

Sans aucune légitimité internationale, Trump a fait un coup de poker gagnant dans l’immédiat.

 Notons ici que l’échec de ce coup de force aurait pu provoquer sa propre perte ou, tout au moins, un scandale retentissant dans son propre pays.

 

La lecture très majoritaire de l’opération en France a consisté à dire que Maduro était un vilain dictateur et qu’il serait bien temps d’organiser des élections démocratiques. 

Si Maduro et son clan sont tout à fait critiquables à plusieurs titres, cette lecture l’est d’autant plus que, demain, des élections pourraient donner les bolivaristes en tête une nouvelle fois.

 

Le but recherché par Washington n’est pas d’éradiquer la corruption dans un État voisin, mais de s’accaparer ses ressources naturelles ; et, pour Donald Trump, cela permet de s’offrir un petit succès à moindre frais.

 

Demain, la Maison Blanche s’accommodera très bien d’un gouvernement de gauche bolivariste s’il se plie à ses desiderata économiques.

 

Quelques jours avant l’opération sud-américaine, c’est en Iran que des manifestations avaient vu le jour. 

Essentiellement motivées par des raisons économiques dans un pays asphyxié par les sanctions américaines, ainsi que par une corruption et une incurie d’une partie des dirigeants politiques qui supervisent des pans entiers de l’économie, ces manifestations montrent à quel point la nation perse est dans l’impasse.

Loin de la « révolution » vendue comme une révolution contre une société conservatrice, c’est bien le trou dans le porte-monnaie qui mène la population dans la rue.

 En France, le traitement médiatique se cantonne à une critique du « régime des mollahs », avec des éléments de langage systématiques et faux.

En effet, la réalité du pouvoir en Iran réside bien plus dans le corps des Gardiens de la révolution que dans la sphère religieuse.

Demain, si les Gardiens ouvraient la voie à une société sécularisée plus admissible pour Washington et qu’ils admettaient de se départir de l’opposition totale à Israël, Trump admettrait très probablement de traiter avec ce qui s’apparenterait à une junte militaire.

Chez nous, la même presse qui se réjouit de la chute de Maduro vend le retour du fils du Shah d’Iran, Reza Pahlavi. 

Comprendre : il a le bon et le mauvais pouvoir personnel…

 

Un fait peu relayé par la presse française est l’incendie de mosquées en Iran. 

Si cela se passait en France, quelle serait la lecture médiatique ? 

Là encore, il doit y avoir les bons et les mauvais incendiaires.

 

Dans le même temps, les conséquences d’une chute de la République islamique ne sont à aucun moment envisagées.

 En cas de conflit violent, pourrait réapparaître un terrorisme chiite dans les années à venir. 

Par ailleurs, la chute de Téhéran pourrait aussi avoir des conséquences terribles pour l’Arménie chrétienne, dont l’Iran est l’un des derniers alliés…

Nous sommes en plein dans l’accélération de l’histoire que décrivait Daniel Halévy. 

Tout va très vite et, dans ce nouveau jeu mondial, une constante s’impose à nous, Français et Européens : nous sommes sortis de l’Histoire. 

Réduit au statut de commentateur du temps présent, le personnel politique du Vieux continent observe, juge, mais est incapable de peser.

 

 C’est probablement cet aspect qui mériterait d’être un peu plus traité dans notre presse : l’abandon du désir de puissance.



Olivier Frèrejacques
Président de Liberté politique

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