mardi 19 mai 2026

REPENTANCE IDÉOLOGIQUE : ET SI ON REPARLAIT DE L' ESCROQUERIE DE LA LOI TAUBIRA ! ( JEAN LAMOLIE )

 TRIBUNE LIBRE !

L’escroquerie de la loi Taubira

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La loi du 21 mai 2001, dite « loi Taubira », dont Macron va célébrer l’anniversaire, reconnaît la traite négrière transatlantique et dans l’océan Indien, ainsi que l’esclavage perpétré à partir du XVe siècle contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes, comme un « crime contre l’humanité ». 

Elle dispose que « la République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part […] constituent un crime contre l’humanité ». 

La loi impose aux programmes scolaires et de recherche d’y accorder « la place conséquente qu’ils méritent »

.

Adoptée à l’unanimité des présents (y compris la droite molle) à l’Assemblée nationale sous le gouvernement Jospin, elle s’inscrit dans une stratégie de repentance unilatérale et de réécriture de l’histoire nationale. 

Dès son adoption elle a suscité de vives critiques de la part d’historiens renommés. 

Elle s’inscrit dans la lignée des lois mémorielles contestées, comme la loi Gayssot de 1990. 

Comme cette dernière, elle participe à une judiciarisation de l’histoire et permet aux associations de se porter partie civile, créant un climat d’intimidation où toute mise en perspective globale risque d’être assimilée à une minimisation, une provocation, voire un « révisionnisme ».

 

Critiques historiques fondamentales

Les historiens ont formulé plusieurs objections majeures et convergentes. 

 La première concerne l’anachronisme du concept de « crime contre l’humanité »

Ce concept, défini à Nuremberg en 1945 et précisé dans le Statut de Rome de 1998, est appliqué rétrospectivement à des faits vieux de plusieurs siècles, dans des contextes culturels et moraux radicalement différents. 

Pierre Nora, membre éminent de l’Académie française, et Pierre Vidal-Naquet ont violemment dénoncé ce « sport législatif purement français » qui impose les critères moraux d’aujourd’hui à des époques où l’esclavage était une pratique universelle et acceptée dans toutes les civilisations. 

Vidal-Naquet ironisait avec force : « Est-ce que les Grecs d’aujourd’hui vont décréter que leurs ancêtres les Hellènes commettaient un crime contre l’humanité car ils avaient des esclaves ? 

Cela n’a pas de sens ! »

 

Une seconde critique majeure porte sur la vision sélective et la racialisation de l’esclavage. 

 La loi réduit l’esclavage à la seule traite atlantique européenne, occultant son caractère anthropologique universel et plurimillénaire. 

 Elle ignore ou minimise le rôle actif des royaumes africains dans la capture et la vente d’esclaves, et passe sous silence les autres traites, notamment arabo-musulmanes, pourtant plus longues, plus massives et souvent plus cruelles.

 

De nombreux historiens, dont Olivier Pétré-Grenouilleau, Guy Pervillé, Jean-Pierre Chauveau ou encore Bernard Lugan ont souligné que cette approche facilite les manipulations politiques, la concurrence victimaire et un anti-occidentalisme militant.

 

Une mémoire tronquée et partisane

Le texte se concentre exclusivement sur la traite européenne, présentée comme un crime unique. 

Or, l’esclavage a existé dans toutes les civilisations humaines depuis l’aube de l’humanité : chez les Grecs et les Romains (où il représentait parfois plus de 30 % de la population), chez les Amérindiens (Aztecs, Mayas, Incas pratiquaient des sacrifices d’esclaves), en Afrique (où des royaumes puissants razziaient leurs voisins depuis des siècles), en Asie, et surtout dans le monde arabo-musulman pendant plus de treize siècles.

 

Cette focalisation exclusive discrédite la France et l’Occident tout en exonérant les autres acteurs historiques. 

 Elle passe sous silence le rôle pionnier de la France dans l’abolition : première abolition en 1794 sous la Convention révolutionnaire (même si rétablie par Bonaparte en 1802), abolition définitive et universelle en 1848 par la IIe République grâce à Victor Schœlcher, et engagement naval actif contre la traite tout au long du XIXe siècle.

 

L’esclavage aboli tôt en France métropolitaine

Sur le territoire métropolitain, l’esclavage au sens strict avait disparu bien avant la période coloniale. 

Dès le VIIe siècle, la reine Bathilde, ancienne esclave elle-même devenue reine des Francs, rendit illégale la vente et l’achat d’esclaves sur le sol du royaume. 

Au Moyen Âge, l’édit de Louis X le Hutin en 1315 interdit formellement l’esclavage dans le royaume : « le sol de France affranchit » et « selon le droit de nature, chacun doit naître franc ». 

Le principe « Nul n’est esclave en France » s’imposait depuis longtemps. Le servage lui-même fut progressivement aboli entre le XIIe et le XIVe siècle.

En revanche, l’esclavage a perduré bien plus longtemps ailleurs. 

Dans le monde arabo-musulman, il s’est maintenu officiellement jusqu’au XXe siècle, avec des abolitions tardives et souvent théoriques : Arabie saoudite en 1962, Oman en 1970, Mauritanie en 1981 (avec une application très relative encore aujourd’hui dans certaines régions du Sahel et du Sahara).

 

La traite arabo-musulmane : plus longue, plus massive, plus barbare

L’anthropologue sénégalais Tidiane N’Diaye, dans son ouvrage courageux Le génocide voilé (2008), estime à environ 17 millions le nombre d’Africains déportés par les traites arabo-musulmanes (transsaharienne et orientale) du VIIe au XXe siècle. 

 Les taux de mortalité étaient effrayants, souvent de 20 à 30 % voire plus sur les pistes du Sahara ou lors des marches vers la côte orientale. 

 La barbarie systématique incluait la castration massive des jeunes hommes (destinés aux harems, à la garde des femmes, ou aux travaux) — avec une mortalité post-opératoire atteignant 70-80 % chez les adultes — et des traitements violents sur les femmes et enfants (infibulation, avortements forcés, exploitation sexuelle). 

 Tidiane N’Diaye parle ouvertement d’un « génocide voilé » occulté pour des raisons idéologiques et religieuses.

Par comparaison, la traite atlantique européenne, sur une période plus courte (environ quatre siècles), est estimée entre 11 et 13 millions de déportés, avec des taux de survie plus élevés permettant une importante descendance aux Amériques (plus de 70 millions de descendants aujourd’hui selon certaines estimations démographiques).

 

Les Européens, victimes oubliées de l’esclavage musulman

Entre le VIIIe et le XIXe siècle, plusieurs millions d’Européens ont été réduits en esclavage par les Barbaresques, les Ottomans et les Arabes. 

 L’historien Robert C. Davis, dans Christian Slaves, Muslim Masters (2003), évalue à environ 1 à 1,25 million le nombre de captifs européens en Afrique du Nord entre 1530 et 1780 seulement. 

Sur la très longue durée, en incluant les razzias ottomanes, les Tatars de Crimée et les raids en Méditerranée, le total atteint souvent 4,5 à 7 millions selon les historiens.  

Ces captifs subissaient des conditions atroces : galères, travaux forcés, conversions forcées, violences sexuelles systématiques.

 Des régions entières du sud de l’Europe (Italie, Espagne, Provence, Grèce, Balkans) ont été dépeuplées ou terrorisées pendant des siècles par ces razzias récurrentes.

 

Paradoxalement, les Arabes et les Turcs ont été très peu victimes d’esclavage à grande échelle : quelques centaines de milliers, principalement des prisonniers de guerre, tout au plus, sans système organisé de traite massive les ciblant comme population source.

 Contrairement aux Africains subsahariens ou aux Européens, ils étaient bien plus souvent en position de dominateurs et de marchands d’esclaves.

 

L’affaire Pétré-Grenouilleau : un cas emblématique des dérives liberticides

En juin 2005, l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau, auteur de Les traites négrières : essai d’histoire globale, a été poursuivi pour « violation de la loi Taubira ».

 Il y relativisait la singularité absolue de la traite atlantique en la replaçant dans une histoire globale et refusait de qualifier celle-ci de génocide (l’objectif étant l’exploitation économique, non l’extermination systématique).

 Un collectif ultramarin l’accusa de « révisionnisme » et demanda même sa suspension universitaire.

Cette affaire provoqua une vaste mobilisation des historiens. 

Pierre Nora, avec d’autres intellectuels (Élisabeth Badinter, Marc Ferro, Jacques Julliard, etc.), lança l’appel « Liberté pour l’histoire » en décembre 2005, exigeant l’abrogation des dispositions contraignantes des lois mémorielles, dont la loi Taubira. 

La plainte fut finalement retirée en 2006, mais l’épisode révéla clairement les risques d’intimidation judiciaire pesant sur la recherche historique libre.

 

Une repentance idéologique et communautariste

La loi Taubira aboutit à un récit unilatéral et culpabilisateur : la France et l’Occident doivent se repentir éternellement, tandis que les autres civilisations, en particulier arabo-musulmanes et africaines, sont exonérées de tout examen critique. 

 Cette approche alimente le ressentiment communautariste, la concurrence victimaire et un anti-occidentalisme primaire qui mine la cohésion nationale.

Elle occulte des réalités historiques gênantes :

  • L’esclavage intra-africain était ancien, massif et pratiqué bien avant l’arrivée des Européens
  • Les royaumes africains participaient activement au commerce des esclaves, vendant leurs prisonniers de guerre aux Arabes comme aux Européens
  • Les abolitionnistes européens, souvent motivés par des convictions chrétiennes et humanistes, ont mis fin à ce système après des siècles de lutte
  • La France a joué un rôle moteur dans la répression de la traite (expéditions navales, bombardements d’Alger en 1830, pressions diplomatiques internationales).

 

Les historiens critiquent également son atteinte à la séparation des pouvoirs : le Parlement n’a pas à imposer une vérité historique officielle, empiétant sur le domaine réservé de la recherche.

En imposant cette mémoire sélective dans les écoles, la loi ne sert ni la vérité historique, ni la réconciliation nationale, ni l’intégration républicaine. 

 Elle fracture la société en opposant « coupables » et « victimes » sur des bases ethniques et religieuses, favorisant ainsi le communautarisme.

La France n’a pas à rougir de son passé abolitionniste ; elle doit au contraire en être fière et le revendiquer haut et fort.

 

Par Jean Lamolie      https://ripostelaique.com/

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