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L’UE veut détourner l’épargne des Français

Le 27 août 2026, au stade Roland-Garros de Paris, devant le Medef réuni pour sa conférence annuelle « La Rencontre des Entrepreneurs de France », Ursula von der Leyen1 a délivré un message brutal.
La présidente de la Commission européenne a fixé un ultimatum : l’Union de l’Épargne et de l’Investissement doit être réalisée avant la fin de l’année 2026, idéalement avec les 27 États membres, mais si nécessaire, avec ceux qui sont prêts ».
Le projet d’Union de l’Épargne et de l’Investissement (UEI), relancé par Ursula von der Leyen, se présente comme une opportunité pour les épargnants européens.
En réalité, il s’agit d’un mécanisme conçu pour siphonner l’épargne des Français, la fondre dans un marché unique sous supervision supranationale, et la réorienter vers des priorités européennes bien éloignées des intérêts économiques nationaux.
L’argent des contribuables français est promis au profit d’une autonomie stratégique soi-disant européenne, la plupart des membres de l’UE étant fanatiquement atlantistes, dont les bénéficiaires ne seront pas les PME ou les jeunes pousses françaises du secteur technologique .
Le Parlement européen a validé les grandes lignes de cette approche. La Commission multiplie les paquets législatifs (intégration des marchés et supervision en décembre 2025, relance de la titrisation, etc.).
Les six plus grandes économies de l’UE (dont la France) soutiennent ce projet de centralisation de la supervision financière, notamment par le renforcement du pouvoir de l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA).
L’idée est de créer un super-gendarme financier européen, sur le modèle de la SEC américaine. Les régulateurs nationaux, comme l’Autorité des marchés financiers en France, verraient leur rôle réduit à une simple exécution locale des directives de Bruxelles.
Ce transfert de souveraineté est présenté comme un gage d’efficacité, mais il prive la France de la capacité à orienter son épargne vers ses propres entreprises.
L’épargne française, cible privilégiée
L’Europe dispose d’environ 10 000 milliards d’euros de dépôts bancaires des ménages.
Une grande partie de cette épargne est placée dans des produits peu risqués et, souvent, investie hors d’Europe.
La Commission veut orienter ces flux vers les marchés de capitaux européens.
Or les capacités d’épargne sont très inégales : le taux d’épargne des ménages français est l’une des plus élevée de l’UE.
Fondre l’épargne française dans un marché unique, c’est l’exposer à des risques et à des orientations décidées ailleurs, sans retour automatique pour les entreprises ou les infrastructures françaises.
L’UEI n’est pas un mécanisme de solidarité.
C’est un marché où les capitaux circulent librement.
Les banques françaises, historiquement dominantes mais fragmentées par les frontières nationales, ne seront pas forcément les mieux placées pour capter et orienter cette épargne vers des PME et ETI françaises.
Il est conçu pour créer un marché où les capitaux circulent librement, ce qui, en théorie, pourrait drainer l’épargne des pays les plus riches (comme la France) vers les secteurs les plus rentables de tout le continent, sans garantie de retour pour l’économie nationale.
En fait ce sont les pays qui bénéficient des coûts de production les plus bas ou qui échappant au carcan de l’euro surévalué qui vont drainer les investissements des grandes entreprises.
La France sera perdante
Financement des ambitions militaires atlantistes de l’UE.
Le plan ReArm Europe et les besoins identifiés par Draghi encouragent le fléchage de l’épargne privée vers l’industrie de l’armement.
Via la titrisation et les produits labellisés, l’épargnant peut se retrouver à financer des entreprises de défense sans en avoir pleinement conscience.
En France, Bpifrance a déjà préparé des obligations d’épargne dans ce sens.
Perte de levier national.
En cédant une part croissante de la supervision à l’ESMA, la France abandonne un outil de pilotage de son épargne.
Les produits seront standardisés à l’échelle européenne, sans tenir compte des spécificités françaises (assurance-vie, livrets réglementés, systèmes de retraite).
Une éducation financière qui ressemble à de la propagande.
Derrière le discours pédagogique se cache la volonté de déconstruire la préférence nationale de l’épargnant français au profit d’une allégeance aux priorités bruxelloises.
Dette commune toujours controversée.
Draghi préconise le recours régulier à des instruments de dette commune.
L’expérience du plan de relance post-Covid (NextGenerationEU) a montré les divergences : le régime Macron y est favorable, l’Allemagne et les Pays-Bas beaucoup plus réticents.
La question du financement reste ouverte et conditionne une grande partie du projet.
Dans cette affaire, les gagnants sont clairs : les multinationales, les grands fonds d’investissement paneuropéens, et une bureaucratie bruxelloise qui étend son emprise sur les finances nationales.
Les perdants, ce sont les PME et les entreprises intermédiaires françaises qui, faute de capitaux, devront céder leur place à des concurrents européens mieux financés par le marché unifié.
C’est aussi l’épargnant français, dont l’argent autrefois garanti par une épargne réglementée (livret A, assurance-vie) est exposé aux risques d’un marché financier intégré et aux aléas d’une politique de défense coûteuse.
L’État français n’y gagne rien.
Il perd son outil de pilotage de l’épargne nationale.
En cédant la supervision à l’ESMA, Paris abandonne un levier de souveraineté économique pour une promesse d’intégration qui profitera d’abord aux grands groupes européens, pas aux entreprises françaises.
Il s’agit aussi de déconstruire le réflexe patriotique de l’épargnant français pour le remplacer par une allégeance financière à l’Europe.
On ne lui propose pas de meilleurs produits ; on lui ôte le choix.
On le dope à la finance pour qu’il accepte de financer des projets dont il ne maîtrise ni la destination ni l’impact.
Le problème de la mauvaise allocation de l’épargne est réel.
Pour mener mener une véritable politique de réindustrialisation de la France, dont le secteur public est surendetté, on ne peut pas compter sur celui-ci pour financer cette politique, la priorité devant être le désendettement.
Il faut donc des mesures attractives susceptibles de mobiliser l’épargne privée française vers le secteur productif, mais dans le cadre national.
L’épargne française doit d’abord bénéficier à l’économie française, ce qui n‘interdit des coopérations internationales ciblées sur les projets majeurs, que ce soit avec des pays européens ou extra-européens.
Par Jean Lamolie
Source et Publication : https://ripostelaique.com/
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