dimanche 13 septembre 2026

LE RÉFUGIÉ PALESTINIEN DE LFI MIS EN EXAMEN POUR TERRORISME ......

 REVUE DE PRESSE !

Ali Alaraj, le « réfugié palestinien » de LFI, est mis en examen pour trois chefs terroristes

"The Left" / Flickr / Creative Commons

Le 25 mai 2026, Rima Hassan publie sur X des photographies d’une visite à la maison d’arrêt d’Osny (Val-d’Oise). 

 

À ses côtés : le député LFI Thomas Portes, la députée LFI Gabrielle Cathala et la députée écologiste Sabrina Sebaihi.

 L’eurodéputée présente un homme prénommé uniquement « Ali » : « un Palestinien qui avait obtenu le statut de réfugié en France », incarcéré depuis deux ans « sur la seule base d’informations envoyées par Israël ». 

Elle dénonce des accusations provenant de « l’État colonial israélien ».

 Les motifs précis de l’incarcération ne sont pas mentionnés.

 

Derrière ce prénom se trouve Ali Alaraj, également connu sous le nom d’Abou Amir, originaire du camp de Balata à Naplouse, en Cisjordanie.

 Selon les éléments recueillis par Le Journal du Dimanche et confirmés par plusieurs rédactions, il est mis en examen des chefs d’association de malfaiteurs terroriste, de financement d’une entreprise terroriste et de complicité de tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste. 

Ces qualifications relèvent du parquet antiterroriste français.

 L’homme n’a pas été jugé.

 Il conteste l’ensemble des faits.

 

Un dossier ouvert en France, pas un simple « transfert israélien »

Ali Alaraj réside en France depuis 2016 environ. 

La Cour nationale du droit d’asile lui a reconnu le statut de réfugié en 2020, au motif de persécutions imputées à Israël et de l’incapacité de l’Autorité palestinienne à le protéger.

 Il a alors une trentaine d’années. 

Son avocat, Me Raphaël Kempf, indique qu’il a été incarcéré en Israël alors qu’il était mineur et qu’il affirme y avoir subi des traitements inhumains – éléments qui avaient fondé, à l’époque, l’octroi de l’asile.

En 2024, la procédure bascule. 

Selon Europe 1, un juge des libertés et de la détention place l’intéressé en détention provisoire le 31 mars 2024. Il est incarcéré depuis mai 2024.

 Les faits reprochés, d’après des éléments publiés par Politis et Al-Araby, porteraient sur des attaques commises en Cisjordanie entre avril et septembre 2023, notamment contre des véhicules de colons se dirigeant vers des checkpoints israéliens. 

La défense soutient que le dossier français s’appuie principalement sur des procès-verbaux d’auditions menées par les autorités israéliennes sur d’autres Palestiniens arrêtés en Cisjordanie. 

C’est le cœur de l’argumentaire public de LFI : la France exécuterait des « accusations israéliennes » contre un réfugié qu’elle était censée protéger.

Ce récit omet deux pièces françaises.

 

Premièrement, les qualifications pénales.

 Elles ne sont pas une « accusation israélienne » recopiée : ce sont des incriminations du code pénal français, retenues par un magistrat français, dans une information judiciaire française.

 Elles exposent l’intéressé, s’il était reconnu coupable, à des peines criminelles très lourdes, jusqu’à la réclusion à perpétuité selon plusieurs comptes rendus.

 

Deuxièmement, une note blanche de la Direction générale de la sécurité intérieure, transmise à l’Ofpra. 

Consultée par Politis et citée par le JDD, elle décrit Ali Alaraj comme « un ancien chef de section des Faucons du Fatah, ramification des brigades Al-Aqsa ».

 Elle indique également qu’il se serait investi depuis la France « dans des activités militaires ayant conduit à des violentes attaques en Judée et Samarie » entre avril et septembre 2023.

 Cette note a précédé le retrait de son statut de réfugié, prononcé par l’Ofpra en février 2025.

 

Les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, issues du Fatah, figurent sur la liste antiterroriste de l’Union européenne. 

Dans une enquête de juillet 2024, Human Rights Watch les range parmi les cinq groupes armés palestiniens ayant participé aux attaques du 7 octobre 2023. 

Le JDD précise qu’aucun élément consulté par la rédaction ne permet d’associer personnellement Ali Alaraj à ces massacres.

 Le rappel sert à qualifier l’organisation, pas à lui imputer le 7 octobre.

 

La défense conteste la note DGSI sur le fond et sur la forme. 

Me Kempf relève notamment l’emploi de l’expression « Judée et Samarie », lexique israélien que la France n’utilise pas dans sa diplomatie officielle. Il y voit la reprise d’un narratif étranger. 

Ali Alaraj, interrogé lors de la visite parlementaire, a déclaré selon Blast : « Cette accusation de terrorisme me fait mal, car un terroriste, c’est quelqu’un qui sème la terreur, et ça ne me ressemble pas. »

 Il a passé trois mois au quartier d’évaluation de la radicalisation de Vendin-le-Vieil avant d’être placé au régime ordinaire à Osny, ce que ses soutiens présentent comme l’absence de signes de radicalisation détectés en détention. 

Le parquet antiterroriste reste saisi.

 

Un récit militant installé avant la visite d’Osny

Dès octobre 2025, Jean-Luc Mélenchon apparaît sur une photographie tenant une affiche « Liberté pour Ali ». 

Le document présente un « réfugié palestinien emprisonné en France sur accusations israéliennes depuis mai 2024 ». 

Ni le financement présumé d’une entreprise terroriste, ni la complicité présumée de tentatives d’assassinat, ni la note de la DGSI n’y figurent.

 Un comité de soutien (« Libérez Ali ») organise manifestations et collectes de signatures. 

Plus de 120 organisations ont signé un appel à sa libération et au rétablissement de son statut de réfugié, selon la campagne relayée au printemps 2026.

Après les révélations d’Europe 1, Thomas Portes répond sur X : les accusations seraient « fausses », le comité de rédaction d’Europe 1 aurait été « transféré dans le bureau de Netanyahou », « Ali n’a rien à faire en prison », la France « se couvre de honte en exécutant les demandes d’un gouvernement génocidaire ». 

Il réclame « liberté pour Ali comme pour tous les prisonniers politiques palestiniens ». 

Le cadre n’est plus judiciaire : il est politique. 

Le détenu devient un « prisonnier politique ». 

Les trois chefs d’accusation disparaissent.

Le droit des parlementaires de visiter un établissement pénitentiaire n’est pas en cause.

 C’est une prérogative du mandat. 

Leur droit de contester la détention provisoire, la fiabilité des renseignements étrangers ou le retrait du statut de réfugié ne l’est pas davantage.

 Ce qui est en cause, c’est le choix de ne jamais exposer l’ensemble du dossier dans la communication publique.

Les conditions de la visite ont elles-mêmes fait débat. 

Selon Europe 1 et Le Figaro, les règles rappelées à l’entrée interdisaient les échanges sur la situation pénale des détenus et les visites ciblées sans autorisation judiciaire. 

Rima Hassan se serait entretenue avec Ali Alaraj en arabe — langue dont l’usage n’est pas prévu dans ce cadre, afin que l’encadrement puisse contrôler les propos —, lui aurait adressé plusieurs accolades et aurait abordé des éléments de procédure.

 Elle a demandé une photographie à visage découvert ; la direction a refusé, faute d’autorisation d’un juge. 

Elle a ensuite publié une photo de dos. 

Ali Alaraj a offert des bonbons aux visiteurs, geste que Laurence Rossignol et Caroline Yadan ont interprété comme un « code » lié au 7 octobre — lecture que Me Kempf juge « farfelue ».

 

Ce que LFI ne dit pas, et ce que le dossier ne dit pas encore

Trois points doivent rester distincts.

Ali Alaraj n’est pas condamné. 

La détention provisoire, même longue — deux ans au printemps 2026 —, n’est pas une peine.

 Environ un quart des personnes incarcérées en France le sont à ce titre. 

La présomption d’innocence s’applique.

Le dossier n’est pas « uniquement israélien » au sens où LFI l’entend.

 Il existe une mise en examen française, une note de la DGSI, un retrait de statut par l’Ofpra, un juge des libertés et de la détention, un parquet antiterroriste. 

Que des éléments transmis par Israël aient alimenté l’enquête est possible et même revendiqué par la défense : cela n’efface pas l’intervention des services et de la justice français.

LFI a choisi un cadrage : un réfugié persécuté, une France alignée sur « l’oppresseur », un prénom sans nom, des accusations sans qualifications.

 Ce cadrage est incompatible avec la lecture complète des pièces aujourd’hui publiques. 

Présenter Ali Alaraj comme un simple « réfugié palestinien emprisonné sur accusations israéliennes », sans dire qu’il est mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste, financement du terrorisme et complicité de tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, et sans dire qu’une note de la DGSI le décrit comme ancien responsable d’une ramification des Brigades d’Al-Aqsa, n’est pas une synthèse.

 C’est une omission.

Le procès, s’il a lieu, tranchera les faits. 

En attendant, le nom, les chefs d’accusation et la note des renseignements français font partie du dossier. 

Les taire tout en réclamant « liberté pour Ali » n’est pas de l’information.

 C’est de la communication !

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