samedi 12 septembre 2026

L' ASSOCIATION EMMAÜS FAIT BIEN DE LA POLITIQUE , COMME SON EXPATRON LE CURÉ COMMUNISTE ......

 TRIBUNE LIBRE !

Emmaüs en croisade contre l’extrême droite : convictions ou modèle économique ?

À Nantes, le mouvement affiche sa volonté de peser sur le débat politique, au risque d’interroger ses propres intérêts.
Copie écran site Internet Emmaüs
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Emmaüs a décidé d’élargir son activité de tri. 

À Nantes, sur un panneau, le mouvement annonce désormais : « Emmaüs fait de la lutte contre les idées d’extrême droite une priorité. »

 Ce n’est pas une initiative locale isolée.

 En juin, l’assemblée générale d’Emmaüs France a officiellement fait de cette lutte une priorité pour l’année à venir.

Et le mouvement ne fait pas dans la demi-mesure.

 Il entend « prendre sa part dans la bataille culturelle », encourage l’inscription sur les listes électorales, dénonce « l’imposture sociale » de l’extrême droite et organise des actions locales pour combattre ses idées.

 

 Emmaüs a même publié un journal dystopique imaginant la France sous un gouvernement d’extrême droite.

Une association qui fait de la politique ?

 Emmaüs l’assume. 

 Son propre manifeste revendique depuis longtemps « l’interpellation » des pouvoirs publics et le « portage politique » de propositions.

 Reste à savoir ce qu’Emmaüs entend combattre lorsqu’il parle d’« idées d’extrême droite ».

 

L’immigration, ligne de fracture

Le sujet est particulièrement éclairant.

 La droite dite extrême veut réduire l’immigration, renforcer le contrôle des frontières et limiter les dispositifs d’accueil des étrangers.

 Emmaüs défend exactement le contraire.

 

 Dans son manifeste « Nos 25 revendications pour une société hospitalière, solidaire et écologique », le mouvement réclame la régularisation des personnes en situation irrégulière, l’accueil inconditionnel à l’hébergement, le développement de l’hébergement des étrangers en situation irrégulière et une profonde révision des politiques migratoires française et européenne. Emmaüs demande également l’abrogation des accords du Touquet et de Dublin III.

 

Emmaüs ne se contente donc pas de venir en aide aux personnes étrangères. 

Il défend politiquement une conception de l’immigration et de l’accueil qui s’oppose frontalement à celle portée par la droite dite extrême.

 Ce point est essentiel pour comprendre la croisade lancée par le mouvement. 

 Derrière la bataille idéologique se trouve une réalité beaucoup plus terre à terre : Emmaüs est aussi devenu un acteur de la politique d’accueil.

 

Quand les convictions rencontrent l’argent public

Emmaüs Solidarité gère notamment des structures d’hébergement pour demandeurs d’asile, réfugiés et personnes migrantes. 

En 2024, ses comptes font apparaître 87,65 millions d’euros de concours publics et de subventions d’exploitation, dont 78,28 millions versés par l’État.

 

 Cette somme couvre l’ensemble des activités de l’association et non les seuls dispositifs destinés aux migrants.

 Il n’en demeure pas moins que l’accueil et l’hébergement des personnes étrangères constituent une partie bien réelle de son activité.

 

Et le manifeste d’Emmaüs France est sans ambiguïté. 

Le mouvement réclame davantage de régularisations, l’accueil inconditionnel et le développement de l’hébergement des personnes en situation irrégulière.

 Emmaüs défend donc politiquement le développement d’un modèle d’accueil dont certaines de ses propres structures sont des opérateurs et dont une partie du financement provient de la puissance publique.

 

Convictions ou modèle économique ?

Une politique visant à réduire l’immigration et les dispositifs d’accueil ne pourrait être sans conséquence sur une partie des activités défendues par le mouvement. 

Moins de demandeurs d’asile, moins de besoins d’hébergement, moins de dispositifs, moins d’activité pour ceux qui les gèrent.

 Les financements publics ne suffisent évidemment pas à expliquer les convictions d’Emmaüs. 

 

Mais ils ajoutent une donnée très concrète au débat : une partie de son activité dépend des politiques d’accueil que le mouvement défend avec vigueur.

 

Emmaüs a choisi de livrer une « bataille culturelle ».

 Mais quand cette bataille porte précisément sur une politique dont certaines de ses structures sont des acteurs, la question de l’intérêt propre du mouvement ne peut être balayée.

 

 Derrière la croisade idéologique, y a-t-il donc seulement une conviction politique ou aussi la volonté de préserver un modèle qui assure le revenu de structures satellites ?

Emmaüs veut faire de la lutte contre l’extrême droite une priorité. Soit. 

 

Mais lorsque les idées combattues menacent aussi le modèle d’accueil dont certaines de ses structures dépendent, la croisade idéologique prend une tout autre dimension.

 

Sollicitée par Boulevard Voltaire par courrier électronique, la direction d’Emmaüs France n’avait pas répondu à nos questions au moment de la publication de cet article.

 

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Par Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire.     https://www.bvoltaire.fr/emmaus-en-croisade-contre-lextreme-droite-

 

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