mardi 25 août 2026

UNE BONNE INGÉRENCE QUI RESSEMBLE DE PLUS EN PLUS À UNE OPÉRATION D' INFLUENCE EN BONNE ET DUE FORME .......

 


Six milliards saoudiens pour trois parcs en Île-de-France : l’ingérence se fait désormais en montagne russe

Illustration : Le JDF

Six milliards d’euros. 

Vingt-deux mille emplois directs annoncés. Trois parcs d’attractions. 

Et un sourire radieux d’Emmanuel Macron aux côtés de Mohammed Ben Salman. 

 

Lundi 24 août 2026, l’Élysée a présenté comme une « annonce sans précédent » et un « jamais vu depuis Disneyland Paris » ce qui ressemble de plus en plus à une opération d’influence en bonne et due forme.

Le projet est porté par Qiddiya Investment Company, filiale du fonds souverain saoudien Public Investment Fund (PIF). 

Il prévoit la construction, à Courdimanche, sur l’ancien site de Mirapolis, d’un complexe de loisirs comprenant trois parcs à thème, des hôtels, de la restauration et des logements.

 L’un des parcs devrait être dédié à l’univers des mangas, très probablement à la licence Dragon Ball, passion commune affichée par le président français et le prince héritier saoudien. 

Les deux autres thèmes restent pour l’instant inconnus.

Ils seront choisis par les Saoudiens.

Le site n’a pas été choisi au hasard. 

L’Élysée a piloté pendant des mois les discussions, identifié plusieurs emplacements et proposé Cergy-Pontoise aux investisseurs.

 Les Saoudiens ont retenu ce terrain pour sa connectivité avec la métropole parisienne et… sa proximité avec Disneyland Paris. 

 

Autrement dit : ils s’installent délibérément sur le marché touristique francilien pour concurrencer le géant américain tout en profitant de son flux de visiteurs.

Le symbolisme est presque trop parfait. 

Mirapolis, ouvert en 1987 et fermé dès 1991, fut le premier grand parc d’attractions français. 

Il avait déjà bénéficié, à l’époque, de financements saoudiens via le milliardaire Ghaith Pharaon. 

Trente-cinq ans plus tard, le même site repasse sous pavillon saoudien. La boucle est bouclée.

 Sauf que cette fois, l’investisseur est le bras armé du fonds souverain du royaume, piloté au plus haut niveau par Mohammed Ben Salman dans le cadre de sa Vision 2030.

 

Qiddiya n’est pas un simple opérateur de loisirs. 

C’est l’outil de diversification économique et de soft power de l’Arabie saoudite. 

Près de Riyad, la même société construit une ville entière dédiée au divertissement : Six Flags Qiddiya (ouvert fin 2025, avec la montagne russe la plus haute et la plus rapide du monde), un parc aquatique, un circuit de Formule 1, et un parc Dragon Ball de 50 hectares surmonté d’une statue de Shenron de 70 mètres. 

 

Ce qui se prépare en Île-de-France n’est donc pas un investissement isolé. 

C’est l’extension européenne d’une stratégie globale destinée à projeter l’image d’une Arabie saoudite moderne, attractive et influente.

 

Emmanuel Macron, lui, ne parle que d’emplois et d’attractivité. 

Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, qualifie le dossier de « projet de l’ampleur de Disney ». 

Les chiffres sont impressionnants : 6 milliards d’euros d’investissements saoudiens, 22 000 emplois directs annoncés (davantage que Disneyland Paris aujourd’hui). 

 

Sur le papier, c’est indéniablement séduisant pour un Val-d’Oise en quête de dynamisme.

Mais le fond du problème est ailleurs. 

La France, qui ferme des usines et peinе à maintenir son tissu industriel, se félicite d’accueillir un complexe de loisirs entièrement contrôlé par un fonds souverain étranger. 

 

Le soft power ne se limite plus aux ambassades ou aux médias. 

Il s’achète désormais des hectares de terre aux portes de Paris, des licences culturelles japonaises et des flux de visiteurs internationaux. 

 

Demain, des décisions stratégiques sur l’un des principaux pôles de loisirs d’Europe de l’Ouest se prendront à Riyad, pas à Paris.

 

L’opération s’inscrit aussi dans un rapport de force plus large.

 Alors que l’Universal Studios prépare son premier parc européen au Royaume-Uni (ouverture prévue en 2031), la France répond… avec de l’argent saoudien. 

 

Ce n’est plus la France qui structure son offre touristique. C’est un État pétrolier du Golfe qui décide où et comment il veut s’implanter sur le continent.

 

Macron a salué « la confiance » de l’Arabie saoudite en « notre pays, en nos talents et en notre avenir ».

 La formule est élégante. 

Elle masque une réalité plus brute : la France accepte, et même célèbre, qu’un acteur extérieur vienne occuper un pan entier de son territoire économique et symbolique. 

Les montagnes russes et les mangas ne sont que le packaging. 

 

Derrière, c’est une forme d’ingérence douce, durable et parfaitement légale qui s’installe.

 

Source et Publication :  https://lejdf.fr/six-milliards-saoudiens-pour-trois-parcs-en-ile-de-france 

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