LU, VU ET ENTENDU !
Universités d’été LFI : un
REVUE DE PRESSE !
Mélenchon presque ennuyeux… mais pas moins dangereux !

Entrée en campagne pour LFI après la pause estivale.
Ce dimanche 23 août, à Châteauneuf-sur-Isère (près de Valence), Jean-Luc Mélenchon réunissait militants et sympathisants pour son traditionnel discours de rentrée.
Le rassemblement est un indéniable succès : si le chiffre annoncé de 10.000 personnes assistant au meeting semble très exagéré, il y avait malgré tout plusieurs milliers de personnes.
L’organisation de la réunion publique était millimétrée, du point de vue du spectateur, tout fonctionnait parfaitement.
La réputation d’efficacité des trotskistes dans l’action militante n’est pas usurpée.
Un discours faisant l’impasse sur les points forts de LFI
Mais le discours de Jean-Luc Mélenchon était un peu surprenant.
On l’imaginait se concentrant sur ses points forts : la « nouvelle France », la lutte contre le racisme supposé, Gaza, la Sixième République… autant de marqueurs identitaires forts de La France insoumise, susceptibles de galvaniser les militants.
Ce n’est pourtant pas l’orientation qu’il a donnée à son discours.
À la place, le quadruple candidat à l’élection présidentielle a préféré parler d’écologie. Après un été caniculaire interminable, le climat – sans mauvais jeu de mots – est, certes, propice à ce discours.
Et alors que les Verts s’interrogent sur l’avenir de leur candidature (voir l'article de Frédéric Sirgant), on se doute que ce discours leur était largement destiné.
Rangez-vous derrière ma candidature, semblait dire Jean-Luc Mélenchon.
Mon programme en matière d’écologie est le vôtre, rejoignez-moi.
Avec, en prime, l’adoubement surprise du ministre macroniste de l’écologie Monique Barbut, qui a déclaré que le programme de LFI était le plus complet en matière d’écologie...
Mélenchon a-t-il conscience de ses limites ?
Mais au-delà de ça, Jean-Luc Mélenchon semble avoir tiré les leçons de l’échec de LFI aux élections municipales.
Notamment à Toulouse, où le candidat LFI François Piquemal bénéficiait d’un second tour imperdable après son alliance avec les socialistes… avant de s’incliner face au divers droite Jean-Luc Moudenc, avec 46 % des voix. Malgré quelques victoires dans des villes comme Saint-Denis, La France insoumise s’est heurtée à un véritable plafond de verre au deuxième tour des municipales, à Toulouse comme ailleurs.
En public, LFI prétend avoir gagné les élections municipales et met la défaite de François Piquemal à Toulouse sur le dos d’ingérences étrangères israéliennes.
Mais au vu de son discours à Châteauneuf-sur-Isère, on ne peut qu’en déduire que Jean-Luc Mélenchon n’est pas dupe de ses propres éléments de langage et a conscience que les outrances permanentes de La France insoumise n’y étaient sans doute pas pour rien.
Outrances qui font que, si la présence de Jean-Luc Mélenchon au second tour de 2027 est possible, et même probable, sa défaite paraît ensuite quasiment certaine, les instituts de sondage le donnant tous écrasé, quelle que soit la configuration.
Jean-Luc Mélenchon cherche sans doute à conjurer ce plafond de verre. Il a donc caché les personnalités les plus clivantes de son mouvement : ni Rima Hassan ni Raphaël Arnault, pourtant bien présents aux universités d’été et dont il faudra analyser les interventions au cours de ces journées, n’étaient visibles sur scène avec lui, au point qu’on se demande s’ils ont assisté au meeting.
Un discours techno et ennuyeux
Et le leader de LFI a tenu un discours, non seulement écologiste, mais même technocratique. Il a passé de longues minutes à parler des « écorégions », nouvelle organisation territoriale susceptible de mieux armer la France pour lutter contre le réchauffement climatique et affronter ses effets.
Un discours qui a laissé le public relativement froid.
Certes, ils applaudissaient, huaient, ovationnaient. Mais de la part de militants déterminés, formés, convaincus que la victoire est à portée de main, alors qu’un orateur aussi talentueux que Jean-Luc Mélenchon s’exprime, on ne pouvait s’empêcher d’être un peu déçu.
Ce discours était en fait un peu ennuyeux.
Un comble, pour celui qui est sans doute le dernier grand tribun de la vie politique française, ultime représentant d’une génération où la maîtrise des lettres et du verbe avait de l’importance dans une carrière politique – même à gauche.
Et on touche sans doute la contradiction majeure que Jean-Luc Mélenchon va devoir affronter, dans les mois à venir. Pour espérer l’emporter au second tour, alors que selon les sondages il serait écrasé quelle que soit la configuration, il lui faut lisser son image, rassurer.
Mais en lissant son image, il devient ennuyeux. Moins dangereux ? Ça, c'est autre chose...

© BV
Barbut, Tondelier, Rousseau déjà ralliées à Mélenchon. Au suivant !

Ce samedi 22 août, Jean-Luc Mélenchon était l'invité du 13 Heures de TF1 depuis les universités d'été de LFI (les Amfis).
En direct de Châteauneuf-sur-Isère, dans la Drôme, le candidat à l'élection présidentielle a estimé que socialistes et écologistes n'avaient, à ce stade, « ni stratégie, ni candidat » pour 2027 - ce qui est parfaitement exact.
Et, en bon vieux renard de la gauche mitterrandienne et de l'extrême gauche trostkiste, il n'a pas besoin de préciser que de son côté, tout est ficelé depuis des années : un leader tyrannique, des seconds aussi inconsistants qu'inquiétants, un parti aux ordres, une rhétorique violente, la mobilisation de l'électorat musulman et immigré, une démagogie assumée, sur la dette (qu'il faut « foutre au feu ») comme sur la police.
Et, bien sûr, la domination progressive des partis voisins, avec une tactique du saucissonnage héritée du PC hongrois d'après 1945.
Mélenchon est bien une histoire de toute la gauche à lui tout seul...
Et la première tranche du salami, pour l'apéro des Amfis, c'est la rondelle verte : les écolos.
Mélenchon a réussi, en une semaine, une véritable OPA sur leurs leaders.
De quoi engager une dynamique avant de siphonner des socialistes éclatés entre Faure, Glucksmann et Hollande qui ne font rêver personne.
Un sondage Elabe paru cet été donnait d'ailleurs Mélenchon à 16 % quand Tondelier plafonnait à 3,5 % et Glucksmann à 10,5 %.
Le match plié à gauche, il ne lui reste plus qu'à engranger les ralliements et à poursuivre sa dynamique.
Barbut, Tondelier, Rousseau : le ralliement des dames écolos
Il a commencé très fort en obtenant la caution d'un ministre de Macron : pour Monique Barbut, ministre de l’Écologie, Jean-Luc Mélenchon est le candidat « qui intègre le plus la question du climat dans ses propositions », comme elle l'a déclaré à Libération.
Certes, cette phrase était précédée par « Jean-Luc Mélenchon, qui n’est pourtant pas ma tasse de thé », mais la propagande LFI a parfaitement travaillé.
Après Barbut, Tondelier.
Alors qu'en avril, la secrétaire nationale des Écologistes n’avait pas répondu au coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard, qui lui avait proposé « une nouvelle alliance populaire » derrière Jean-Luc Mélenchon avec, à la clef, un accord « sur le programme » et sur « les candidatures aux élections sénatoriales et législatives », voilà qu'en plein mois d'août, elle se ravise par une lettre aux dirigeants des différents partis de gauche, leur proposant des discussions bilatérales.
« Une missive en forme de posture », pour Le Monde, « tant elle sait que LFI et le Parti socialiste (PS) ont chacun pris des voies autonomes ».
Et donc un appel du pied au camarade Mélenchon. l'Opinion parle de « capitulation ».
Évidemment, la question des candidatures aux sénatoriales et aux législatives a fait son œuvre chez des Verts menacés de disparition dans les deux chambres, vu leurs piètres résultats aux dernières municipales.
Et LFI a même mieux à leur proposer : « Nous sommes prêts à des discussions avec les Écologistes sur tous les points qu’ils souhaitent éclaircir.
Le programme est discutable s’il n’est pas modifié sur ses fondamentaux.
Ce n’est pas : tout notre programme ou rien.
Et si on gagne, il y aura des ministres écolos », leur promet le Monsieur Élections de LFI Paul Vannier, cité par Le Parisien.
Décidément, ces LFI sont des gens très bien.
À ce sujet — Jean-Luc Mélenchon : et hop ! il efface la dette…
Et ce samedi 22 août, c'est l'inénarrable Sandrine Rousseau qui est venue enfoncer le dernier clou dans le cercueil de la candidature autonome de son ex-rivale Tondelier, sur
France Info : « On a besoin d’avoir un espoir que la gauche gagne face au RN.
La candidature de Marine Tondelier, manifestement, ne décolle pas dans les sondages », ajoutant que Jean-Luc Mélenchon est le « mieux placé, à gauche, pour passer le premier tour ».
Un Mélenchon qui doit savourer sa force d'attraction et qui a répondu que « toute aide sera la bienvenue ».
Son calcul : surfer sur la colère née des incendies
Ces ralliements, au-delà de ces personnes qui ne représentent pas grand monde, peuvent être électoralement payants : avec les incendies, la canicule, les pénuries d'eau, la question environnementale est devenue centrale pour beaucoup, loin de l'idéologie.
L'impéritie du gouvernement alimente une colère justifiée, particulièrement chez les victimes des incendies qui ont vu leur maison et leur activité partir en fumée dans les Landes.
Mélenchon ne s'y trompe pas : « Rien n’est prévu, rien n’est organisé, les pauvres pompiers sont jetés là-dedans, et on a quand même perdu du monde dans cette affaire », a lancé le candidat insoumis, au micro de TF1.
Pour lui, c'est une question « d’organisation et de planification » (la grande manie de la gauche), rappelant son ambition de créer une structure (autre manie de la gauche) appelée « éco-région ».
Et l'apothéose : « Nous allons fonder l’État écologique, voilà ce qu’on veut faire ! Si on fait ça, on sera capable de résister ! »
Nul doute que la rhétorique tribunitienne dont étaient bien incapables ces dames en manque de chef séduira l'électorat de la gauche, de toutes les gauches : le ralliement d'écolos, dont on a compris depuis longtemps qu'ils étaient plus rouges que verts, n'est en effet pas une surprise et le rapt s'est réalisé en douceur, en cette fin d'été.
Les socialistes vont se faire désirer un peu plus longtemps, mais personne n'est dupe : avant ou après le premier tour, l'enjeu de leur survie parlementaire sera plus fort que leurs états d'âme.
Les socialistes ne changeront jamais, et Mélenchon le sait, lui qui, pour le second tour des municipales, les traitaient pour ce qu'ils sont : « Les socialistes sont des gros combinards.
Ils ne vont pas nous coûter trop cher à acheter pour le second tour ! »
Ce qui a heureusement changé, depuis 2024, c'est que les électeurs centristes, pris au piège du barrage anti-RN, ont ouvert les yeux sur Mélenchon et sa bande, à qui la dissolution de Macron et les combines d'Attal ont failli offrir le pouvoir.
Il est possible qu'ils aient de la mémoire et que cela explique les sondages donnant Mélenchon sévèrement battu par Marine le Pen au premier comme au second tour.
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Conversation
Source : https://x.com/ThomasJoly732


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