[POINT DE VUE]
Pour soutenir B. Bagayoko, L. Thuram publie une tribune contre les Blancs

A la suite des élections municipales, la polémique n’en finit pas d’enfler, au sujet du comportement des maires LFI et de leur conception particulière de la démocratie.
Parmi eux, c’est probablement Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, qui concentre le plus de critiques.
En cause, notamment, le discours lors de son premier conseil municipal, qui s’adresse à ceux (pardon, à « celles et ceux », car à La France insoumise, on parle couramment le républicain) qui ne seraient pas d’accord pour « faire allégeance » à la nouvelle majorité dionysienne.
L'édile concluait que, dans ce cas, l’équipe municipale n’aurait pas d’autre choix que de « [s’en] séparer ».
Bally Bagayoko, révélateur du narcissisme blanc ?
Il n’en fallait pas davantage pour que Lilian Thuram, ancien footballeur devenu défenseur de la cause des « racisés », écrive une tribune dans Le Monde, qui lui laisse complaisamment la mission de réorienter le débat d’une manière politiquement correcte.
Il faut lire cette tribune en entier pour prendre la mesure de ce qui est en train de se passer : « M. Bagayoko n’est-il pas un révélateur du narcissisme blanc ?
Que vous soyez né à Levallois-Perret, que vous ayez un cursus universitaire, que vous fassiez de la politique depuis plus de vingt ans, malgré toute l’assimilation dont vous pouvez faire preuve, aux yeux du narcissisme blanc, un "Noir" est un être malhonnête, dangereux, non légitime, inférieur.
Que vous soyez maire, footballeur, docteur, intellectuel ou un simple enfant, pour le narcissique blanc, vous n’êtes qu’un "Noir", et un "Noir" reste un "Noir". »
En d’autres termes, ce que l’on reprocherait à M. Bagayoko, ce serait d’être noir ?
Non seulement c’est totalement absurde, mais c’est surtout terriblement malhonnête.
Si un gauchiste blanc avait dit la même chose, il aurait été tout aussi blâmable.
Et si un candidat patriote noir avait, au contraire, insisté sur le pouvoir assimilateur de la France, sur la défense de son identité et sur le fait qu’il constituait lui-même un exemple de réussite, tous les gens de bonne volonté l’auraient applaudi… mais c’est peut-être la « nouvelle France » qui l’aurait traité, comme à chaque fois, de « Bounty » ou de « nègre de maison ».
Si on comprend bien, lutter contre les idées de LFI, quand elles sont représentées par quelqu’un qui n’est pas blanc, serait raciste par construction.
Lisons encore M. Thuram : « Cette violence qui perdure, issue du suprématisme [sic : Lilian Thuram confond le « suprémacisme » avec un mouvement pictural, NDLR ] blanc, raconte un certain Occident, celui qui place encore aujourd’hui le "Blanc" en haut de l’échelle des valeurs humaines.
Et voilà pourquoi le maire de la "ville des rois" devrait être blanc. »
Plus personne, M. Thuram, ne sait ce qu’est la ville des rois, sauf ceux qui haïssent ce qu’elle représente.
Personne n’ignore, en revanche, que la Seine-Saint-Denis est majoritairement peuplée d’extra-Européens, et il n’est donc pas surprenant que le maire de cette ville ne soit pas blanc.
Ce qui pose problème, c’est qu’il soit gauchiste, pas qu’il soit noir.
Après avoir cité Aimé Césaire, qui disait que les prétendus « maîtres » avaient finalement montré aux colonisés qu’ils étaient faibles, Lilian Thuram essaie d’enfoncer le clou : « Aujourd’hui, nous, les "Noirs", en savons encore plus.
Nous savons qu’ils sont pervers, manipulateurs et fragiles. »
Parle-t-il des « narcissiques blancs », qu’il ne définit jamais, ou des Blancs en général – puisqu’on sait la fortune qu’a eue le concept de « babtou fragile » auprès des jeunes non-Européens qui les agressaient volontiers gratuitement ?
On ne saura pas.
Où est le véritable racisme ?
Ce que l’on sait, en revanche, c’est que critiquer les Blancs (« pas tous », dit-il, alors que le reste de sa tribune dément cette restriction de pure forme), c’est du racisme.
Et que prétendre parler au nom de tous les Noirs, c’est les prendre pour d’éternels incapables, c’est-à-dire être une deuxième fois raciste.
Il y a des Blancs de gauche ou de droite, des Noirs de droite ou de gauche, et c’est probablement cela le plus important, puisque c’est d’une bataille des idées qu’il s’agit.
À moins que, dans la tête de Lilian Thuram comme dans celle de beaucoup de gauchistes, il ne s’agisse déjà d’une bataille ethnique (« la fierté des nôtres », tweetait Rima Hassan, en ne rendant hommage qu’à des maires « racisés »).
À moins que la France ne se transforme en un mélange de Liban (chrétiens contre musulmans) et d’Afrique du Sud (Noirs contre Blancs).
Mais il ne peut pas avoir voulu dire cela…
Maires LFI : Aly Diouara, entre provocations et dérives communautaires

« Une ville, un peuple, un maire ». La formule n’est pas sans rappeler de sinistres précédents. Après Sébastien Delogu et ses lacunes sur Philippe Pétain, Aly Diouara, député LFI et nouveau maire de La Courneuve, semble à son tour entretenir une mémoire sélective de l’Histoire. Ou est-ce un choix assumé ?
Polémique : Aly Diouara, maire LFI de La Courneuve, accusé d’une référence au nazisme pic.twitter.com/7TXHgFMJRc
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) March 29, 2026
À peine élu, Aly Diouara impose un style frontal.
Sur les réseaux sociaux, il accuse Marine Tondelier de racisme sans avancer d’élément public pour étayer ses propos. L’attaque est directe, installant d’emblée une logique de confrontation.
Cette méthode n’est pas nouvelle.
En mars 2025, il est condamné pour diffamation envers son rival socialiste à l'élection municipale, Oumarou Doucouré, après des accusations jugées infondées par le tribunal.
Il a, depuis, fait appel et reste donc présumé innocent.
Dans pas longtemps, on parlera de ton racisme Marine.
#UneAutreMarineEstPossible https://t.co/ORNjgkzJWn
— Aly D (@AlyDiouara) March 29, 2026
Le premier conseil municipal confirme cette tension : journalistes tenus à l’écart, polémique autour de la présence d’une élue voilée… autant de signaux qui relancent le débat sur la place du religieux et sur une vision du politique marquée par des logiques communautaires.
Déjà pendant la campagne, en janvier, lors d’un meeting à La Courneuve, la présence de Rima Hassan et d'Assa Traoré confirmait un ancrage militant marqué.
Une parole publique qui embrase
Cette entrée en matière s’inscrit dans une continuité.
Dès l’été 2025, Aly Diouara s’impose dans le débat national par des prises de position radicales.
Il affirme, notamment, que la police tuerait « par choix », invoquant racisme et « nostalgie coloniale », ce qui provoque une plainte du préfet de police.
Le déni institutionnel et politique autour de “la police tue” est sidérant.
Oui, LA POLICE TUE !
Et elle tue souvent les mêmes.
Par choix, par racisme et par nostalgie coloniale.Les chiffres sont là, les rapports aussi et la police française a été condamnée pour ses crimes. https://t.co/dvzgnTehAE
— Aly D (@AlyDiouara) August 21, 2025
En 2022, déjà, il franchissait un premier cap en interpellant « les Blancs » et en évoquant un « remake de la conférence de Berlin » de 1884 qui marqua l'organisation européenne pour le partage de l'Afrique.
Mise en regard avec sa récente formule, cette référence n’a rien d’anodin : elle suggère une continuité dans les registres employés et dans la lecture du monde qu’ils traduisent.
« Salut les blancs,
Dites…on vous dérange pas trop dans votre remake de la conférence de Berlin? »Comme disait l’autre: « La pauvreté c’est nous qui la vivons et c’est vous qui en vivez. » https://t.co/bQ4ZlUDmNY pic.twitter.com/b0v1BzsHqj
— Aly D (@AlyDiouara) August 27, 2022
Cette logique ne se limite pas aux mots.
En juin 2024, en pleine campagne législative à La Courneuve, Aly Diouara s’illustre lors d’une scène particulièrement controversée, énumérant publiquement des noms de plusieurs responsables politiques juifs liés à Place publique, parmi lesquels Raphaël Glucksmann, François Kalfon ou encore Emma Rafowicz, qu'il cite comme complice du génocide à Gaza.
Une séquence dénoncée par ses opposants comme une mise en cause identitaire, d’autant plus frappante qu’elle se déroule devant une œuvre de Shelomo Selinger, lui-même ancien déporté.
Je suis abasourdie
Et en même temps ce n’est pas la première fois que les “coïncidences” d’Aly Diouara donnent la nausée et font froid dans le dos …
En Juin 2024, alors en pleine campagne pour les législatives, à La Courneuve, il comptait les Juifs de @placepublique_… https://t.co/vUXWH3YbqB pic.twitter.com/FPqkAGDoiS
— Rebeccah Glazer (@Beccah2Fois) March 30, 2026
Fractures internes et logique de rupture
Mais la conflictualité ne se limite pas à ses adversaires. Avant même son élection, Aly Diouara s’attaque à son propre camp.
En février 2022, il critique la candidature de David Guiraud dans le Nord, dénonçant un « parachutage politicien » et revendiquant un ancrage territorial.
Quelques mois plus tard, en octobre 2022, il prend directement pour cible Jean-Luc Mélenchon, confiant voir grandir chaque jour un peu plus, en lui, « la révulsion […] contre ce vieux type ».
Il refuse d’y voir un quelconque « moindre mal national ».
Ces positions dépassent le simple désaccord partisan.
Les logiques identitaires et territoriales prennent le pas sur les clivages traditionnels.
Lors de la dernière campagne des municipales, une note révélée par Marianne évoque des « boucles » de discussion entre militants de gauche en Seine-Saint-Denis, soulevant des interrogations sur d’éventuelles stratégies d’entrisme et des passerelles militantes avec les réseaux fréristes.
Une trajectoire sous tension permanente
Au fil des épisodes, une constante se dégage : chez Aly Diouara, la polémique relève moins de l’accident que de la méthode.
De ses prises de parole à ses actes, une même logique s’impose : provoquer, cliver, imposer. Sa récente formule s’inscrit dans cette continuité.
Elle prolonge une série de positions où l’élu oscille entre confrontation et lecture communautarisée du débat public, avec des accents fleurtant avec l'antisémitisme.
Reste à voir si cette stratégie peut résister à l’épreuve du pouvoir, à La Courneuve.




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