jeudi 26 février 2026

LA LETTRE D' INFORMATION DE L' OBSERVATOIRE DE L' IMMIGRATION ET DE LA DÉMOGRAPHIE !

Le nombre d'immigrés originaires d'Afrique subsaharienne a augmenté de 150% depuis 2006

Courriel de Observatoire de l'immigration et de la démographie : Le nombre d'immigrés originaires d'Afrique subsaharienne a augmenté de 150% depuis 2006

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Lettre d’information n°89

du jeudi 26 février 2026

 
  • L'immigration subsaharienne : une spécificité française en croissance | 
  •  Découvrez l'étude OID sur ce sujet majeur
  • Droit de vote des étrangers aux élections municipales | 
  •  Retour sur la proposition de loi constitutionnelle
  • Rapport parlementaire sur la natalité | 
  •  Quelles propositions ? 
  • Nos analyse des mesures prioritaires

L'immigration subsaharienne : une spécificité française en pleine croissance | Découvrez la nouvelle étude de l'OID
Ce mardi 24 février, l'Observatoire de l'immigration et de la démographie a dévoilé dans Le Figaro sa nouvelle étude – la toute première consacrée à un facteur majeur de l'accélération migratoire en France : « L'immigration subsaharienne, une spécificité française en pleine croissance ».
 
Retrouvez la tribune de Nicolas Pouvreau-Monti :
Notre pays présente, en effet, la particularité d’accueillir l’immigration « la plus africaine » d’Europe : trois fois la moyenne de l’UE, pour ce qui est de la part des natifs d’Afrique dans la population immigrée.
 
 Longtemps, les trois pays francophones du Maghreb ont alimenté seuls la grande majorité des flux migratoires en provenance d’outre-Méditerrannée. 
Ce n’est plus le cas.

Un premier constat s'impose : les flux d'immigration subsaharienne connaissent une croissance fulgurante. 
 Le nombre annuel de leurs nouvelles entrées a doublé en moins de dix ans.
Cette accélération des flux génère une hausse constante de la population immigrée subsaharienne sur le territoire : le nombre d’immigrés originaires d’Afrique subsaharienne a augmenté de 150% depuis 2006 – une croissance trois fois plus forte que celle de la population immigrée dans son ensemble (+50%). 
 
Notre pays compte désormais plus d'1,5 million d'immigrés subsahariens de première génération, dont la moitié est arrivée depuis 2010.
Outre cette augmentation rapide des flux, il est à noter que la deuxième génération issue de cette immigration est elle aussi en forte croissance.

Le nombre des descendants d’immigrés subsahariens a augmenté de 150 000 personnes (+14%) durant la seule année 2024. 
 
La population d'origine subsaharienne sur deux générations atteint 2,7 millions de personnes.

Cette deuxième génération a, par ailleurs, la plus jeune structure par âge de toutes les origines migratoires : 52% des individus qui la composent ont moins de 15 ans, vingt points de plus que dans la population générale.
La croissance de cette diaspora est portée par la hausse du nombre des immigrés, mais aussi par l'importante différence de fécondité existant entre les femmes natives et les immigrées subsahariennes. 
 
 L'indice de fécondité de ces dernières est le double de celui des femmes nées en France : elles avaient, en moyenne, 3,3 enfants par femme en 2021 contre 1,7 enfant pour les natives.
 
 Plus étonnant : l'indice de fécondité des immigrées subsahariennes a augmenté sur la dernière période des données disponibles, à rebours de celui des natives qui a baissé.
Au point de vue de l'intégration, cette immigration présente des caractéristiques fortes. 
 
 Le taux de chômage des immigrés d'Afrique subsaharienne est deux fois supérieur à celui des personnes sans ascendance migratoire, et celui de leurs descendants est trois fois supérieur.
 
 Ainsi, les difficultés d'intégration semblent persister à travers les générations. 

S’en suit une forte consommation des dispositifs sociaux. 57% des immigrés sahéliens (Maliens, Séngalais...) et 52% des immigrés d’Afrique guinéenne et centrale occupent un logement social.
 
 63% des descendants d’immigrés sahéliens y vivent aussi – un taux record, six fois supérieur à celui des personnes sans ascendance migratoire.
Un espace aussi étendu que l’Afrique subsaharienne recouvre, bien sûr, des réalités très différentes selon les pays d’origine.
 
 Pour n’en citer qu’un exemple : les immigrés venus d’Afrique guinéenne et centrale (qui inclut notamment le Cameroun, le Bénin ou le Gabon) ont un niveau de qualification plus élevé, en moyenne, que ceux originaires du Sahel (Mali, Sénégal…). 

Sur le plan religieux : une nette majorité des immigrés d’Afrique guinéenne et centrale se déclare chrétienne, selon les données de la plus récente enquête « Trajectoires & Origines » (conduite par l’Insee et l’Ined). 
 
À l’inverse : 84 % des immigrés sahéliens s’affirment musulmans

L’Afrique subsaharienne concentrera la moitié des naissances mondiales en 2100, ce qui induit que la pression migratoire de cette origine devrait s'accentuer
 
Cette hausse démographique, associée aux écarts de niveaux de vie, appelle à ce que la France anticipe des flux nouveaux – et qu’elle se donne enfin les moyens d’y répondre.
Retrouvez les explications de Nicolas Pouvreau-Monti dans « Face à l'Info »
(à partir de 20:39) : 
Retrouvez l'étude en intégralité sur le site de l'OID :
Étude OID | « L'immigration subsaharienne : une spécificité française en pleine croissance »

Droit de vote des étrangers aux élections municipales ? | Retour sur la proposition de loi constitutionnelle
La proposition de loi constitutionnelle (n°149) visant à accorder le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales aux étrangers non ressortissants de l’Union européenne résidant en France, a été adoptée en commission des Lois le 4 février.
 
 Portée par le député Léa Balage El Mariky du groupe « Écologiste et Social », cette réforme s’inscrit dans une série de tentatives récurrentes depuis les années 2000.
Aux termes de cette proposition, si l’impossibilité d’exercer les fonctions de maire ou d’adjoint ou de participer à l’élection des sénateurs serait garantie par une loi organique, les étrangers non européens résidant en France pourraient être électeurs et éligibles aux élections municipales.

Selon le Ministère de l'intérieur, au 31 décembre 2025, 4,5 millions d'étrangers non européens adultes disposent de titres de séjour en France. 
 
Leur intégration dans le vote représenterait une hausse de près de 10% du corps électoral. 
 
 Cet ajout changerait encore plus radicalement la donne dans certaines municipalités : à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), par exemple, la tranche d’âge des plus de 15 ans (faute de données précises sur les plus de 18 ans) compte 44% de ressortissants étrangers (données Insee 2022).

De fait, une telle réforme induirait de forts déséquilibres électoraux, avec des effets variables selon les territoires.
Consultez les données migratoires au plus près de vous :
Outil OID | « L'immigration en cartes »
La députée écologiste Léa Balage El Mariky, à l'origine de cette proposition de loi, dénonce le fait que « les Espagnols et les Polonais peuvent voter après quelques semaines de résidence en France, tandis que les Marocains, ou désormais les Britanniques, ne le peuvent pas parfois après des décennies de présence légale sur notre territoire ».

Cependant, il est à noter que les électeurs ressortissants de l'Union européenne disposent en France de ce droit car leurs propres pays l'octroient aux Français, suivant un principe de réciprocité.

A l'inverse, les opposants estiment que la réforme créerait une incohérence démocratique majeure ainsi qu'un risque de vote communautaire, accru par la politisation des diasporas. 
 
 La députée LR Elisabeth de Maistre a par exemple déclaré que la proposition de loi « s'oppos[e] à un principe constitutionnel fondamental affirmé depuis la Révolution française : le droit de vote est indissociable de la nationalité ».

Par ailleurs, environ 100 000 ressortissants étrangers obtiennent chaque année le droit de vote à toutes les élections, par une politique d'octroi large de la citoyenneté. 3 millions de personnes ont acquis la nationalité française depuis l'an 2000.

Retrouvez l'étude de l'OID sur les leviers migratoires des municipalités :
Étude OID | « Immigration et élections municipales »

Rapport parlementaire sur la natalité | 37 mesures pour relancer la politique familiale

« En 2025, 645 000 naissances ont été recensées, en recul de 2,1 %, confirmant une poursuite nette et durable de la baisse de la natalité. ».
 
 Ainsi s'ouvre le rapport de la mission d’information parlementaire sur les causes et conséquences de la baisse de la natalité en France, présidée par Constance de Pélichy (LIOT) et dont le rapporteur est Jérémie Patrier-Leitus (Horizons).

« Les travaux de la mission d’information montrent que le désir d’enfant demeure élevé en France, y compris parmi les jeunes générations, mais qu’il se heurte de plus en plus souvent à des obstacles empêchant sa concrétisation. 
 
 La persistance d’un écart important entre le nombre d’enfants souhaités et le nombre d’enfants effectivement mis au monde appelle une réorientation profonde de l’action publique. »

Voici les résultats de la consultation citoyenne organisée par la mission d’information et qui a recueilli les réponses de 30 000 personnes, entre le 23 octobre et le 4 décembre 2025 :
La mission d'information identifie trois catégories de freins à la réalisation du désir d’enfant :
  • Les freins économiques et matériels ;
  • Les difficultés de conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, avec notamment le manque d'offre de garde ;
  • Les évolutions socioculturelles, manifestées par la priorité donnée à l’autonomie individuelle et la peur de l'avenir.
 
Les conséquences relèvent alors de l'évidence : « La baisse durable de la natalité fragilise le renouvellement des générations et pose des enjeux pour la soutenabilité du modèle social, fondé sur la solidarité intergénérationnelle. »

Or, la politique familiale actuelle est jugée inefficace par le rapporteur. «
 
Si cette politique représente un effort financier considérable et repose sur des principes anciens de solidarité, elle apparaît aujourd’hui fragmentée, peu lisible et insuffisamment orientée vers l’objectif de réalisation du désir d’enfant. »

 
Suite à la grande consultation de fin 2025, la mission propose 37 mesures pour lever ces freins et refonder une  politique familiale ambitieuse.
Après avoir défini l'objectif général de « permettre aux Français qui souhaitent avoir des enfants d’en avoir », les propositions s'organisent autour de 7 thèmes majeurs :
  • La gouvernance de la politique familiale qui s'appuierait notamment sur un plan quinquennal, un ministère dédié, un renforcement de l'INED ;
  • L'accompagnement financier avec la proposition centrale du versement familial unique (VFU) et des exonérations fiscales ;
  • Le logement avec des prêts à taux zéro et des crédits immobiliers ;
  • Les congés parentaux avec un congé parental unififié (CPU), l'obligation du congé paternité et l'ouverture du congé proche aidant aux grands-parents ;
  • Les modes de garde fondés sur la valorisation et l’unification des métiers de la petite enfance ;
  • La conciliation entre vie familiale et vie professionnelle avec notamment la création d'un label "Familles" pour les employeurs ;
  • La place des enfants et des familles dans l’espace public et la société avec la création d'une carte Famille dès deux enfants donnant des avantages tarifaires
 
 
La proposition n° 6 : "Créer un versement familial unique (VFU) de 250 euros par enfant et par mois, versé jusqu’aux 20 ans de l’enfant et dès le premier enfant, sans conditions de ressources ni modulation en fonction des revenus du foyer, du rang ou de l’âge des enfants", si elle était universelle, représenterait un coût annuel estimé de 15 à 20 milliards d’euros, mais se substituerait a priori à d'autres dispositifs.

Cependant, la plupart des études à ce sujet, telles que celle de l'OCDE, soutiennent que l'amélioration des modes de garde, des aides au logement ainsi qu'une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie familiale sont nettement plus efficientes que des versements numéraires, qui se révèlent souvent inefficaces tout en étant très coûteux. 

Ainsi, si l'intuition de la nécessité d'une politique familiale d'ampleur est parfaitement juste, les modalités de sa mise en œuvre gagneraient à être affinées.

L’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID) est une structure d’étude et d’information relative aux évolutions démographiques et migratoires, destinée aux décideurs ainsi qu’à l’ensemble des citoyens intéressés par ces sujets.

Nous apportons une vision rationnelle et dépassionnée au débat public, en puisant aux meilleures sources disponibles : statistiques publiques, travaux de chercheurs spécialisés, analyses juridiques.


Élus et responsables politiques, journalistes, décideurs économiques : vous avez une question sur les sujets liés à l'immigration et à la démographie ? N'hésitez pas à nous solliciter :

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Retrouvez l'étude de Gérard-François Dumont sur la politique familiale :

Étude OID-Fondapol | « Pour une renaissance de la politique familiale : liberté, lisibilité et pérennité »

L’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID) est une structure d’étude et d’information relative aux évolutions démographiques et migratoires, destinée aux décideurs ainsi qu’à l’ensemble des citoyens intéressés par ces sujets.

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