samedi 4 juillet 2026

LES PRÉPAS MILITAIRES INTERDITES AUX ÉLÈVES HORS CONTRAT ???

 

 



 

[POINT DE VUE] 

 

Nouvelle affaire des fiches : les prépas militaires interdites aux élèves du hors contrat !

 
Faut-il écarter de futurs militaires brillants parce qu’ils n’ont pas subi les programmes de l'école sans Dieu ?
Capture d'écran Prytanée National Militaire - La Flèche
Prytanée National Militaire - La Flèche.
Capture d'écran Prytanée National Militaire - La Flèche Prytanée National Militaire - La Flèche.

C’était une rumeur souterraine, qui n’était pas étayée sur grand-chose d’autre que sur le ressenti de certains parents.

 C’est désormais clair, puisque cela fait partie des consignes officielles : quand on a été scolarisé dans une école hors contrat, on ne peut pas être sélectionné pour rejoindre une classe prépa militaire.

 

Les lycées militaires, aujourd’hui appelés lycées de la Défense, sont au nombre de six : Autun, Aix-en-Provence, Brest, Saint-Cyr-l’École, Grenoble… et le Prytanée militaire de La Flèche. 

 

C’est ce dernier établissement qui a publié des consignes officielles, dans son rapport Parcoursup de la session 2025, accessible en ligne.

 

 Nos confrères du Figaro révèlent ainsi que « l’inscription dans des établissements hors contrat » fait partie des « critères éliminatoires »

Au moins, c’est clair.

 Le proviseur de l’établissement, un certain Jean-Marc Bonduelle, a signé ledit rapport. 

 

Pas de problème, on affiche clairement la couleur.

Si la mention « catholique » ne figure pas dans ce rapport, on sait que la quasi-totalité des établissements hors contrat relèvent du catholicisme. 

On se doute également que, si une école confessionnelle hors contrat juive ou musulmane avait été écartée de ce recrutement, on en aurait déjà entendu parler. 

 

En revanche, le point commun des élèves refusés, ces deux dernières années, malgré des résultats scolaires remarquables, est leur scolarisation à Saint-Dominique, au Pecq, à Saint-Joseph-des-Carmes, dans l’Aude, ou à Saint-Bernard, à Bailly. 

 

Tous ces établissements sont administrés par des congrégations traditionalistes.

Déjà plusieurs référés-suspension

Plusieurs parents ont déposé un référé-suspension.

 Ils sont soutenus par des associations qui défendent l’enseignement libre. 

Toutefois, l’encadrement militaire du Prytanée n’a pas répondu aux questions du journal.

 

 Voilà où nous en sommes, pour l’instant.

 

Outre le caractère profondément injuste, et même discriminatoire, de cette consigne stalinienne, on s’interroge sur le modèle RH des armées françaises.

 Les « tradis » sont élevés dans des valeurs de sacrifice pour les autres, de dévouement à la patrie, de travail et de fraternité, lesquelles sont objectivement assez mal distribuées dans le système scolaire français de 2026. 

 

Si l’on ajoute à cela leur excellence académique, on ne voit pas bien ce qui en fait des candidats manifestement incompatibles avec l’exercice du métier des armes – au contraire, serait-on tenté d’ajouter.

 

Ces prépas fournissent la plupart des effectifs des grandes écoles militaires.

 

 Rappelons qu’un lieutenant sorti d’une de ces écoles, de Saint-Cyr par exemple, titulaire d’un bac+5, ayant sous sa responsabilité (allant jusqu’à l’hypothèse de la mort au combat) une trentaine de personnes issues de tous les horizons géographiques et sociaux, gagnera à peu près les deux tiers de ce que gagne un bac+5 issu d’une grande école de commerce. 

 

Rappelons qu’il sera toujours pris, dans les cénacles parisiens, pour un bidasse bas du front (il n’y a qu’à voir comment Macron parla à Villiers, cyrard et breveté de l’École de guerre, sur un ton qu’il n’aurait pas employé pour le dernier de ses petits conseillers). 

 

Métier ingrat, qui peine mécaniquement à recruter, puisqu'il n'a d'autres « leviers » que le prestige (pour les plus bêtes) et l'aventure (qui galvanise les cœurs généreux).

 

Sans cette cohorte de petits tradis, élevés au récit des exploits de Bayard, Clovis, Saint-Marc, Leclerc, connaisseurs et amoureux de l’Histoire de leur pays, persuadés de la grandeur qu’il y a à se donner pour une cause plus vaste que soi, sans ces tradis que l’Éducation nationale discrimine honteusement, dans le silence complice et coupable d’une hiérarchie militaire qui semble les détester d’une manière irrationnelle, bon courage pour trouver, chaque année, des chefs de section ou de peloton, des officiers de quart, des pilotes en nombre suffisant ! 

 

Pouvons-nous nous permettre d’écarter des profils de futurs militaires brillants parce qu’ils n’ont pas subi les programmes officiels de l'école sans Dieu ? 

Une telle armée ressemblerait plus à celle du Cambodge de Pol Pot qu’à celle de la septième puissance mondiale.

 Question de choix, probablement.

 

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV        https://www.bvoltaire.fr/point-de-vue-


 

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