samedi 4 juillet 2026

AFFAIRE DE CRÉPOL : UN DÉNI DE RÉALITÉ ? OU BIEN , SIMPLEMENT , UNE RÉALITÉ QUI DÉRANGE ?

 REVUE DE PRESSE !

Affaire de Crépol : LEA Anti-racisme empêchée de se constituer partie civile

C’est le deuxième refus qu’essuie l'association.
© Boulevard Voltaire
© Boulevard Voltaire

L’association de Lutte pour l’égalité dans l’antiracisme, créée en décembre 2017, a récemment appris qu’elle était, une nouvelle fois, empêchée de se constituer partie civile dans l’affaire de l’attaque du bal de Crépol. 

La raison ?  Une obstruction judiciaire incompréhensible.

 

Un premier refus avait été opposé à l'association, prétextant qu’il faudrait pour cela obtenir l’accord des victimes. 

Cette exigence semblait juridiquement contestable selon l’association, puisque les propos rapportés présentés visaient une catégorie de personnes de façon générale.

 Ainsi, l'association avait choisi de contacter des victimes qui souhaitaient toutes que la circonstance aggravante de racisme soit reconnue.

 Elle avait donc déposé une nouvelle plainte.

Aujourd’hui, le nouveau blocage est incompréhensible car le juge d’instruction demande, cette fois-ci, l’accord de toutes les victimes. 

 

Preuve d’une mauvaise foi absolue, selon Laurent de Béchade, le président de l’association de Lutte pour l’égalité dans l’antiracisme, contacté par BV : « Ce qu'on dénonce, effectivement, c'est cette hypocrisie qui ne vise qu'une chose : exclure les associations. »

  

 En effet, les victimes concernent une centaine de personnes, des dizaines de blessés et, surtout, le jeune Thomas, décédé.

 

Un malaise institutionnel et médiatique

Au-delà des conséquences concrètes, telles que la difficulté pour les avocats d’accéder au dossier, ce blocage interroge sur les raisons qui poussent la Justice à agir de la sorte.

 Un déni de réalité ? Ou bien, simplement, une réalité qui dérange ?

 

 En tout cas, la dimension raciste de l’attaque ne semble pas être suffisamment prise en compte au niveau judiciaire, mais aussi dans certains médias. 

 « C'est une question qui dérange aujourd'hui et qu'on cherche à étouffer. 

On ne cherche pas à en parler. 

On sent vraiment qu’on fait de cette affaire un fait divers de violences et on est en train de mettre totalement de côté les questions de racisme », analyse Laurent de Béchade.

 

Dans une étude datant d’avril 2026 de la LICRA sur le racisme en France, il ressort que 39 % des personnes blanches déclarent avoir été victimes d’agressions ou de discrimination à caractère raciste, au cours de leur vie. 

Soit près d’un Français sur quatre.

 Pour autant, certaines associations, comme SOS Racisme, souvent présente dans les médias, se concentrent essentiellement sur le racisme visant les personnes noires, arabes ou métisses

. La ligne portée par LEA antiracisme se revendique, quant à elle, universaliste. 

 

 « Notre association, la ligne universaliste que nous avons, est majoritaire pour les Français.

 En revanche, c'est la ligne antiraciste qui est aujourd'hui minoritaire, médiatiquement », argue le président de l’association.

 

Pis, encore : ce blocage judiciaire ravive une blessure chez les familles de victimes, toujours en deuil.  

« Ce qui ravive la violence de cette soirée, c'est justement ce comportement de la Justice, ce type de décision. 

Ce qui est une violence, pour eux, aujourd'hui, c'est beaucoup plus le système judiciaire et ce déni autour de cette question du racisme. 

Ce n'est plus l'événement en tant que tel, aujourd'hui, qui crée de la crispation ou du ressentiment », poursuit-il.

 

Ce malaise institutionnel, qu’il se situe au niveau de la Justice ou des médias, illustre aussi l’ampleur d’un phénomène plus large.

 En effet, alors qu’un racisme est sévèrement condamné, à juste titre, un autre génère « un tabou immense », comme le souligne Laurent de Béchade.

L’affaire suit son cours

Pour rappel, l’attaque du bal de Crépol a entraîné le meurtre du jeune Thomas, en novembre 2023. 

Cet adolescent de 16 ans a été poignardé lors du bal d’hiver de son village. 

 

Au total, 14 personnes étaient mises en examen dans cette affaire et le parquet avait requis le renvoi devant la cour d’assises des mineurs de 11 accusés.

 Le 12 juin dernier, le parquet de Valence avait demandé à ce que 11 accusés soient renvoyés devant la cour d’assises des mineurs pour « homicide involontaire » et « tentatives d’homicides involontaires ».

 

 Source :  https://www.bvoltaire.fr/affaire-de-crepol

 


 

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