jeudi 29 janvier 2026

TÉLÉVISION PUBLIQUE : LA FRANCE N' A PLUS BESOIN DE FRANCE TÉLÉVISION !

 

 

 


TRIBUNES LIBRES !

[ÉDITO] 

Commission d’enquête : la France n’a plus besoin de France Télévisions

Les responsables de l'empire de la télévision publique tentent de défendre l'institution : une mission périlleuse.
@France Télévisions/Wikimedia commons
@France Télévisions/Wikimedia commons

Le directeur de l’information de France Télévisions Alexandre Kara répondait ce mercredi aux questions de la Commission d’enquête sur l’audiovisuel public.

 

Dès le début de son propos liminaire, il met le doigt sur la plaie et pose la question qui pique. « Des Français se demandent à quoi sert l’information de service public ? ».

 De fait, ces Français sont même de plus en plus nombreux, de plus en plus intéressés par la Commission menée de main de maître par le député UDR Charles Alloncle et de plus en plus furieux à chaque dérapage partial ou à chaque gaspillage d’une maison qui coûte, chacun le sait désormais, 2,5 milliards d’euros par an à la collectivité.

 

Bonne question donc. 

Si France Télévisions cessait d’émettre, « toute une partie de l’information du pays disparaitrait », lance-t-il,  évoquant la centaine d’heures d’information produite chaque semaine. 

Un drame, vraiment ? 

Verrait-on des manifestations de rue ? 

France Télévisions emploie quelque 9.000 salariés, soit trois fois le groupe TF1 (3.100 collaborateurs) ! 

La France compte par ailleurs 35.000 journalistes sur son sol : les Français ne risquent pas la sous-information, surtout dans le sens choisi par France Télévisions. 

Un bon exemple ? Nous avons quatre chaînes d’information, un record. 

Or, précisément, la chaîne publique, FranceInfoTV, est celle qui recueille… la plus petite audience, soit 1 % à 1,2 % en moyenne.

 Combien de Français pleureront à chaudes larmes, s'il venait à fermer, ce canal voulu par François Hollande, ultra coûteux par rapport à son audience ? 

Cela dit en dehors des erreurs, des polémiques et de la partialité massive qu'il serait trop long de répertorier : les exemples sont dénoncés toute l'année par BV.

Sur CNews, désaccord total avec Delphine Ernotte

La France s’informait (journaux, radios..) avant l’apparition de l’ORTF. 

Aujourd'hui, France Télévisions coexiste avec de nombreuses chaînes concurrentes financées par la publicité, donc gratuites pour le contribuable. 

Sans parler des radios, des journaux ou des sites web comme BV.

 L'empire du copinage France Télévisions s’affiche comme le groupe audiovisuel le plus cher (de loin), le plus mal géré (la Cour des comptes en témoigne), le plus sujet aux polémiques, le plus éloigné de la neutralité souhaitable pour toute chaîne et plus encore pour une chaîne publique. 

Sa seule différence, l'information régionale, pourrait être confiée avec profit à des quotidiens régionaux, idéal pour trouver des synergies et renforcer leurs comptes d’exploitation fragiles.

 

Le patron de l’information de France Télé ajoute que « beaucoup de sujets ne sont traités que sur le service public » : il cite notamment la culture et l’économie. Vraiment ? 

 

Tout juste la direction de France Télé admet-elle qu’elle n’a pas la main sur ses magazines d’information, confiés à des producteurs aussi « neutres » que Matthieu Pigasse, ce qui « pose un problème ».

 

Un sondage de l’institut CSA pour CNews, Europe 1 et le JDD publié fin novembre constatait que, pour six Français sur dix, le service public de télévision et de radio qu’ils financent contraints et forcés… « n’est pas impartial »

Seuls 40 % sont d’un avis contraire.

 Ce qui pose un problème d'équité démocratique. 

 

Plus futé que sa présidente, Alexandre Kara n’a pas repris hier les attaques anti-CNews : « Il peut y avoir dans le paysage des chaînes qui font de l’opinion ou de l’infopinion », dit-il, en désaccord total sur ce point avec Delphine Ernotte.

Ernotte accélère

Mais les téléspectateurs des journaux de France Télévisions auront bien peu entendu parler du terrible viol d’une vieille dame de 90 ans par un OQTF à Nice qui met pourtant sur la table des sujets brûlants, ceux de la sécurité et de l’immigration. 

On ne trouve sur le site du groupe public qu’une courte dépêche de France 3 Régions

 

Alexandre Kara est sur le départ. 

Juste avant la campagne présidentielle, il devrait être remplacé par Philippe Corbé, ancien directeur de la rédaction de BFM TV et actuel directeur de l’information de France Inter, station réputée pour sa grande neutralité comme on sait. 

Dans le périmètre de Corbé, les magazines d’actualité C à vous ou C dans l’air, produits par Matthieu Pigasse, ont peu de chance de changer de ton. 

 

Désavouée, Ernotte accélère à la tête d'un monstre médiatique manipulateur et ruineux, décrié par une majorité de Français. 

Les États-Unis se passent de médias publics. 

La France n'a plus besoin de France Télévisions.     Elle s'en porterait même mieux.


Par Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste
ET AUSSI


Julien Lepers dénonce les « discriminations » de Delphine Ernotte

Au fil des scandales et des polémiques, la présidence de France Télévisions apparaît de plus en plus fragilisée.
@wikimedia commons
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La fermeture de C8 par l’Arcom a mis quelque 400 salariés sur le carreau.

 Parmi eux, un certain Jordan De Luxe. 

Depuis, le trublion endimanché a heureusement rebondi et élu résidence sur une chaîne YouTube où se pressent people et personnalités du monde des médias.

 Pour sa 43ème édition, l’émission Jet De Luxe recevait ce 26 janvier Julien Lepers, inoubliable présentateur de Questions pour un champion

L’occasion pour ce retraité des plateaux télé d’aborder différents sujets, de son salaire d’animateur à ses amitiés dans la profession, en passant par son étonnante éviction de France Télévisions. 

 

 « Moi, je suis en plein groove, on est à 2,2 millions (de téléspectateurs, NDLR), se remémore-t-il, non sans une certaine amertume.  

Ça s’arrête parce que, dit Delphine Ernotte, "il y a trop d'hommes blancs de plus de cinquante ans à France Télé, il faut que ça change". Elle l’a dit. 

Trois discriminations punies par la loi ! 

Elle a été inquiétée par la loi ? Jamais ! 

Magnifique, la justice... ».

 

 

Que dit la loi sur le sujet ? Elle est on ne peut plus claire : l’article L1132-1 du Code du travail indique qu’aucun salarié « ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte (…) en raison de son origine, de son sexe, de ses mœurs, de son orientation sexuelle, de son identité de genre, de son âge »

 

Julien Lepers a fait valoir cet article et demandé réparation pour un licenciement qu’il estime injuste. 

Mais, au printemps 2023, la Cour d'appel de Paris a rejeté en bloc les dommages réclamés au titre d’une « discrimination » liée à l’âge, d’un « préjudice d’image » ou d’une « rupture dans des conditions brutales et vexatoires ». 

La justice n’a manifestement vu aucun lien de cause à effet entre les fameux propos de la patronne de France TV - « On a une télévision d'hommes blancs de plus de 50 ans, et ça, il va falloir que cela change » - et l’éviction de Julien Lepers, qui se trouve être en effet un homme blanc de plus de 50 ans… 

 

Celui qui présentait Questions pour un champion depuis 27 ans a ainsi dû se contenter des quelque 800.000 euros d’indemnités qui lui avaient été accordées en première instance en 2020 par le Conseil des prud’hommes et étaient prévues par son contrat de travail.

De lourdes mises en cause

Les accusations de Julien Lepers ne semblent pourtant pas fantaisistes. 

Ces dernières années, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer des mesures de discrimination « positive » mises en place dans le monde professionnel, basées sur des comptabilités ethniques pourtant interdites par la loi. «

 D’après le CSA, les personnes "perçues comme non blanches" représenteraient environ 25 % de la société française, contre 15 % à la télévision. 

On a un énorme rattrapage à faire. 

 Ce sera le fil rouge de mon nouveau mandat, osait Delphine Ernotte, en 2020. 

 Ma méthode, c’est compter, partager, changer. » 

 

 Le hic, c’est que la dirigeante de France TV n’a pas vraiment le droit d’établir ce genre de statistiques. 

Le 5 juillet 2023, elle fut auditionnée par la commission des finances de l’Assemblée et évoqua le sujet avec un certain agacement : « Contrairement à la mixité où l’on peut compter le nombre de femmes, on n’a pas le droit de compter les différents autres signes de diversité. 

Cela ne nous aide pas à mettre en place des objectifs de progression sur ces différents items. Néanmoins, on progresse… » 

 Traduit en français, ce sabir techno signifie que des quotas raciaux ne peuvent pas encore être établis ouvertement dans le service public mais que, néanmoins, c’est tout comme.

 

Le départ de plusieurs figures historiques du paysage audiovisuel français s’inscrirait-il dans cette quête d’une télévision plus « diverse » et « inclusive » ? 

 

Débarqué des antennes publiques en 2018, Patrick Sébastien n’est pas loin de le penser. 

 « J'ai été viré pour ça, quand même : "homme blanc de plus de cinquante ans", expliquait l’intéressé, début 2025, à Télépro.  

Tu m’aurais dit ça à l'époque, je me serais dit "merde", quand même…

 Normalement, ça devrait être interdit par la loi, on n'a pas le droit de virer quelqu'un en raison de son âge, de son sexe ou de sa couleur de peau ! »

 

Organe d’obédience centriste, le collectif Médias Citoyens a lui aussi questionné la gestion du personnel opéré sous la présidence Ernotte. 

 « Depuis deux ans, nous avons recueilli de nombreux témoignages évoquant la mise à l’écart, voire le licenciement, d’hommes blancs hétérosexuels de plus de 50 ans, sur la base de dossiers fragiles, voire fictifs, affirmait le collectif en mai 2025.  

Anonymes ou identifiés, ces récits décrivent un climat de peur généralisée, nourri par une stratégie de disqualification orchestrée au sommet. »

 
De accusations sur lesquelles reviendra très certainement Patrick Sébastien lors de son audition devant la commission d’enquête sur la neutralité de l’audiovisuel public, prévue dans les prochaines semaines.

 

Par Picture of Jean Kast

Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société
 
Source et Publications:    https://www.bvoltaire.fr/




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