vendredi 23 janvier 2026

SI LA SNCF INTERDIT LES ENFANTS EN CLASSE " OPTIMUM ", C' EST QUE LES PARENTS NE LES ÉLÈVE PLUS !!!

 

[POINT DE VUE] 

 

L’offre « Optimum » de la SNCF interdit les enfants… à tort et à raison !

 
 
Si la SNCF interdit les enfants, c’est parce que notre civilisation ne les tolère 
plus et, surtout, ne les élève plus.
Capture écran SNCF
Capture écran SNCF

Le 8 janvier, la SNCF, probablement l’entreprise publique la moins rentable de l’Histoire de France – à la corde avec France Télévisions, peut-être -, a dévoilé ses nouvelles offres tarifaires. 

Parmi celles-ci, on en trouve une qui s’appelle « Optimum ». 

Elle existait déjà, dit la société ferroviaire dans un communiqué, au sein de l’offre dite « Business Première ».

 On note, au passage, un louable usage du latin, dans ce catalogue : la SNCF, qui appelle Ouigo ses trains inconfortables (mais pas low cost) et « Inoui » ses TGV, aurait pu proposer plus naturellement un de ces noms idiots et modernes qui lui sont habituels, comme « Luxéo », « Trankil » ou quelque chose de la sorte.

« Les enfants ne sont pas acceptés »

Bref, cette offre « Optimum », conçue pour offrir confort et silence à ses usagers, comporte une phrase qui a immédiatement fait polémique : « Pour garantir un maximum de confort à bord de l'espace dédié, les enfants ne sont pas acceptés. » 

 

 Reprise d’une manière plus vendeuse depuis, elle affirme désormais : « Cet espace calme est accessible à partir de 12 ans (les plus petits sont bien sûr les bienvenus dans le reste du train). »

 

En première approche, cette offre commerciale peut sembler scandaleuse. 

De manière épidermique, les pères et mères de famille seront facilement choqués par cette mesure. 

Ils auront beau jeu d’associer cette exclusion des enfants à la tendance, plus large, des « No Kids », ces endroits (hôtels, restaurants, etc.) dans lesquels on n’accepte que les adultes

Les plus réactionnaires se diront que refuser l’enfance, c’est déjà consentir à sa propre disparition, que les enfants sont le sel de la vie et que ce ne sont pas des animaux, pour qu’on les empêche ainsi de voyager dans certains espaces.

 Bon, d’accord.

Une fois passée cette saine réaction (« la SNCF a tort »), regardons-y de plus près. 

Quiconque a déjà pris le train en compagnie d’enfants, dont le volume peut varier des 1,6 rejeton règlementaire à la colonie de vacances de CM2, sait que la plupart d’entre eux sont insupportables. 

Et quiconque a déjà pris le train avec ses propres enfants, qui ont pourtant leurs défauts comme tous les autres, sait que ce n’est pas excessivement compliqué de faire en sorte qu’ils ne hurlent pas, ne donnent pas de coups de pied dans les sièges, ne galopent pas dans les allées, ne mettent pas à fond le volume des livres sonores sur lesquels ils ne cessent d’appuyer, ne laissent pas 10 centimètres de miettes sur les sièges après avoir baffré en face de vous en crachant des chips sur votre ordinateur.

8 % des wagons

En d’autres termes, si la SNCF interdit les enfants dans 8 % de ses wagons, ce qui n’est pas grand-chose, c’est peut-être parce que notre civilisation ne tolère plus l’enfance, mais c’est d’abord et avant tout parce que les parents n’élèvent plus leurs enfants.

 

 Les gens qui travaillent dans le train ou qui ont besoin de dormir, et paient un petit supplément sur un billet déjà hors de prix pour qu’on leur foute la paix, ne sont pas nécessairement des salauds.

 Cet état de fait est certes triste et c’est la faute de notre civilisation, c’est vrai.

 Mais il y a, dans cette civilisation, autant de haine de la vie, sous toutes ses formes (d’où l’adoration de l’avortement constitutionnel et les discussions actuelles sur l’euthanasie), que d’abandon de la politesse la plus élémentaire. 

 « Sarah el Haïry, haut-commissaire à l’Enfance, s’agace », nous dit Le Figaro : « On accrédite, dit-elle, l’idée que les enfants sont responsables de l’inconfort des adultes. »

 

  Malheureusement, avec les enfants de 2026, c’est souvent vrai.

 Et ce n’est pas en répondant à une mesure caricaturale avec un discours hors-sol, sur des enfants qui n’existent que dans La Guerre des boutons, que l’on règlera le problème.

 

 

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV :  https://www.bvoltaire.fr/point-de-vue-

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