vendredi 2 janvier 2026

ARCHÉOLOGIE : L' ATLANTIDE BRETONNE , ENFIN DÉCOUVERTE AU LARGE DE L' ÎLE DE SEIN ?

 REVUE DE PRESSE

Archéologie : Ys, l’Atlantide bretonne, enfin découverte ?

Au large de l’île de Sein, des vestiges sous-marins vieux de 7.000 ans relancent le débat autour d'un mythe breton.
Capture d’écran SAMM
Capture d’écran SAMM

Au large de la Bretagne, à l’extrême ouest du Finistère, l’île de Sein est depuis toujours redoutée des marins pour ses récifs dangereux, formant la célèbre chaussée de Sein, dont le phare d’Ar-Men signale la présence. 

Longtemps considérés comme de simples écueils naturels, ces reliefs sous-marins cachent une tout autre histoire.

 En effet, en 2022, la Société d’archéologie et de mémoire maritime (SAMM) a mis en évidence que certains de ces blocs de pierre n’étaient pas le fruit du hasard : la main de l’Homme les a placés là.

 

 En révélant ainsi l’ensemble de ses travaux au début du mois de décembre 2025, l’association attire l’attention sur des structures monumentales enfouies sous les eaux tumultueuses de la mer d’Iroise. 

D’une ancienneté exceptionnelle, ces vestiges pourraient même établir un lien troublant entre l’histoire préhistorique du littoral breton et l’un de ses mythes les plus célèbres : celui de la légendaire cité d’Ys, l’Atlantide des Bretons.

 

 VIDÉO :   https://www.youtube.com/watch?v=neyR0q1QoN4&t=1s


« Carnac sous la mer »

C’est donc dans les fonds marins situés à environ 9 mètres de profondeur, à l’ouest de l’île de Sein, que les archéologues sous-marins de la Société d’archéologie et de mémoire maritime ont découvert un vaste ensemble de constructions en granite, dissimulé sous les algues et les sédiments.

 Ce réseau de murs alignés comprend plusieurs structures imposantes, dont la plus spectaculaire atteint près de 120 mètres de long pour environ 20 mètres de large, et se distingue par la présence de monolithes et de dalles dressées.

 

 Les premières anomalies ont été repérées en 2017 grâce à des cartes bathymétriques issues de la technologie LIDAR, un système de cartographie des fonds marins utilisé notamment par le géologue Yves Fouquet.

 Les structures ont ensuite été explorées en plongée entre 2022 et 2024. 

Lors de cette première immersion, les archéologues, selon le président de la SAMM Philippe Bodénès interrogé par France 3 Bretagne, auraient résumé leur stupéfaction par ces mots : « C’est Carnac sous la mer. »

Des pierres vieilles de 7.000 ans

Les premières estimations datent la construction de ces murs de la fin du Mésolithique, entre 5.800 et 5.300 avant Jésus-Christ.

 À cette époque, le niveau de la mer était alors bien inférieur à celui que nous connaissons aujourd’hui, le littoral se situant plusieurs kilomètres plus à l’ouest, à la toute fin de la dernière ère glaciaire. 

Les structures aujourd’hui submergées auraient donc été édifiées à l’air libre par des populations humaines installées sur la façade atlantique.

La fonction exacte de ces aménagements reste encore sujette à débat. 

Certains spécialistes évoquent l’hypothèse d’anciens barrages ou de pêcheries monumentales, destinés à piéger les poissons lors du reflux de la marée. 

 

D’autres y voient des ouvrages de protection contre les tempêtes ou la montée progressive des eaux. 

Quelle que soit leur finalité, la taille des murs et la maîtrise technique nécessaire à leur édification témoignent d’une société organisée, capable de mobiliser une importante main-d’œuvre et de déplacer des blocs de pierre pesant plusieurs tonnes.

La cité d’Ys

Pour d’autres, cette découverte dépasse le seul cadre de l’archéologie préhistorique. 

En effet, le maire de Sein, Didier Fouquet, y voit le possible vestige d’un récit plus vaste encore, celui de la mythique cité d’Ys.

 Selon les traditions transmises de génération en génération en Bretagne, Ys aurait été une cité fastueuse, bâtie en bord de mer et engloutie à la suite d’un cataclysme.

 Dans les versions christianisées de la légende, la ville aurait été punie après que Dahut, fille du roi de Cornouaille Gradlon, eut défié l’ordre divin en chassant les chrétiens et en restaurant les anciens cultes celtes. 

Dieu aurait alors laissé le Diable entrer dans la cité, séduire Dahut et l’amener à ouvrir les portes des digues protégeant Ys. 

Les flots de l’Atlantique auraient aussitôt submergé la ville.

La tradition situe généralement l’emplacement de la cité d’Ys dans la baie de Douarnenez, à une dizaine de kilomètres de l’île de Sein.

 La mise au jour de ces structures immergées apporte ainsi une possible base archéologique à des légendes longtemps perçues comme purement symboliques. 

 

 Selon Le Parisien, cette hypothèse constitue désormais une piste de recherche explorée par Axel Créach, chercheur à l’Université de Bretagne occidentale, en lien avec le Centre de recherche bretonne et celtique et le Laboratoire de planétologie et géosciences.

 

 L’idée que des populations humaines aient occupé, aménagé puis abandonné un littoral aujourd’hui englouti pourrait avoir marqué durablement la mémoire collective des habitants de la région, avant de se transformer, au fil des siècles, en récits mythiques transmis et peut-être enfin confirmés aujourd’hui.

 

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Eric de Mascureau
Chroniqueur à BV, licence d'histoire-patrimoine, master d'histoire de l'art
 

Source :  https://www.bvoltaire.fr/archeologie


 

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