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Élus, sortants, scores RN-UDR…

 Les sénatoriales à la loupe

La percée patriote aux municipales de mars dernier a eu sa traduction logique lors de ce scrutin.
© Datarealis
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La constitution d'un groupe RN au Sénat est une marche de plus vers la conquête de l'Élysée par Marine Le Pen. 

La percée patriote aux municipales de mars dernier a eu sa traduction logique lors de ce scrutin aux règles peu évidentes mais où se mesure précisément l'implantation d'un parti parmi les élus locaux.

 Et le résultat est limpide : sur les départements concernés par ce renouvellement, le RN et ses alliés pèsent désormais plus de 10 % des grands électeurs.

 Contre 3 %, en 2020. 

Un succès au goût d'enracinement.

 

Les élus UDR

Du côté de l'UDR, le résultat est mitigé.

 Dans les Alpes-Maritimes, où cinq sièges étaient en jeu, seuls deux proches d'Éric Ciotti sont élus (Laurent Castillo, élu député européen LR en 2024, et Gaëlle Frontoni, ancienne élue municipale de Christian Estrosi).

 Bien que divisés, les LR tendance historique conservent trois sièges, dont deux pour la liste soutenue par les maires de Cannes, Antibes et Grasse. 

De façon surprenante, l'ex-épouse de Christian Estrosi, Dominique Estrosi-Sassone, parvient à conserver son mandat en ayant asséché les voix macronistes et de gauche du département.

 

Au scrutin majoritaire, les espoirs placés dans les anciens députés Brigitte Barèges, dans le Tarn-et-Garonne, et Bernard Carayon, dans le Tarn, n'ont pas été récompensés en dépit de résultats approchant les 25 % des suffrages exprimés.

Au final, les candidats UDR rassemblent 1.724 grands électeurs (dont 829 dans les Alpes-Maritimes) qui grossissent utilement la besace du RN. Surtout, l'UDR sert de passerelle à une sortante LR, Sylvie Goy-Chavent, qui a annoncé son ralliement au nouveau groupe RN-UDR dès sa réélection acquise. Une pionnière ?

 

Les élus RN

Avec 9.828 voix, contre 3.280 en 2020, le RN gagne neuf sénateurs qui viennent s'ajouter aux trois élus en 2023. 

Même sans le renfort de l'UDR, ce résultat lui aurait permis de constituer un groupe à la chambre haute. 

Ce succès demeure donc, avant tout, celui du RN.

 

Notre carte interactive présente le détail des élus par département.

C'est dans le Var que le RN obtient son meilleur résultat (30,2 % des suffrages exprimés) : la liste conduite par Frank Giletti, pilier local du mouvement, y fait jeu égal avec les LR et obtient deux élus, confirmant les excellents résultats des municipales, nonobstant la défaite toulonnaise.

Dans les Bouches-du-Rhône, les alliances nouées par Franck Allisio avec la droite des LR paient puisque le RN y conquiert deux sièges, devançant d'une centaine de voix la liste où figurait Renaud Muselier, infligeant ainsi un camouflet sévère au président de la région. 

Pionnier du camp patriote dans le département, Stéphane Ravier perd son siège, victime du vote utile mais rassemblant encore 265 grands électeurs sur son nom.

Dans le Vaucluse voisin, l'élan des municipales permet à Thierry d'Aigremont (27,14 %) d'emporter un siège jusque-là détenu par le PS. 

Même dynamique dans le Gard dont profite Sylvie Josserand (25,49 %).

 Dans l'Hérault, Manon Bouquin ne recueille que 12,18 % des suffrages exprimés, mais cela suffit pour gagner l'un des quatre fauteuils de sénateur en jeu.

 

L'arc méditerranéen offre donc 7 sièges au RN, à ajouter aux 2 élus UDR des Alpes-Maritimes.
 

Les deux autres élus RN de ces sénatoriales 2026 sont l'illustration de la pénétration en profondeur du RN dans des départements déséquilibrés par la métropolisation : si la victoire d'Edwige Diaz en Gironde n'est pas totalement une surprise, son score l'est (19,63 %). 

Quant à l'élection de Léon Levasseur en Seine-Maritime (13,11 %), c'est l'illustration de la dynamique qui traverse le monde des communes rurales et entraîne de nombreux grands électeurs sans étiquette à voter aux sénatoriales comme ils votent aux élections nationales.

 

Une dynamique qui traverse tout le pays

Cette dynamique se mesure très bien dans toute une série de départements où le RN n'obtient pas d'élu mais d'excellents résultats alors qu'il ne détient aucune commune : dans l'Aube, d'abord, où Adrien Thiébaut obtient 26,88 % des suffrages exprimés ; en Haute-Saône, ensuite (16,22 % pour Nathalie Fritsch), mais aussi dans la Somme (15,59 % pour Damien Toumi) ou la Côte-d'Or (11,99 % pour Tatiana Guyenot).

 

Citons, enfin, l'excellent résultat du député Julien Rancoule, dans l'Aude, où le RN a conquis Carcassonne en mars (30,03 %), et la performance de Nicolas Battini, candidat de l'Unione di i Patriotti (alliance RN-UDR-Mossa Palatina) en Haute-Corse, qui obtient 16,60 % des suffrages exprimés.

En dépit du Finistère et d'une poignée d'autres départements où les candidats ne dépassent pas le seuil de remboursement des frais de campagne, ces résultats confirment la dynamique électorale patriote.

 En obtenant enfin ce groupe au Sénat, Marine Le Pen – et c'est ce qui alarme ses adversaires – va désormais pouvoir compter sur une nouvelle montée en gamme de ses équipes et bénéficier de relais toujours plus précis et efficaces auprès des acteurs territoriaux. 

Elle n'a jamais été aussi bien armée à la veille d'une élection présidentielle.

 

ET AUSSI

 

« La percée est générale » : les nouveaux visages du groupe RN au Sénat

Loin de se montrer accueillant, Patrick Kanner (PS) a dénoncé l'arrivée du "musée des horreurs" au Palais du Luxembourg.
Photo de Travel with  Lenses: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/palais-du-luxembourg-30619357/
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Avec une quinzaine d'élus aux côtés de l'UDR, le parti à la flamme fait entrer au palais du Luxembourg un mélange de députés, d'anciens Républicains et de figures locales enracinées. 

« La percée est générale », s'est félicitée la candidate Rassemblement national à la présidentielle Marine Le Pen, sur X. 

Avec neuf nouveaux sénateurs RN, auxquels s'ajoutent trois élus UDR et les trois sénateurs déjà élus en 2023, le parti franchit un plafond de verre historique : celui des dix sièges nécessaires pour former un groupe au Sénat.

Perdant toute mesure, le président du groupe socialiste, Patrick Kanner, a dénoncé l'arrivée du « musée des horreurs » au palais du Luxembourg.

 Marine Le Pen a immédiatement réagi sur X : « En tenant de tels propos injurieux à l’égard des sénateurs du Rassemblement national, le président du groupe socialiste se déshonore.

Il insulte à travers eux les centaines d’élus locaux qui ont choisi, hier, d’accorder leurs suffrages à nos candidats. 

Lorsque l’on se dit attaché aux valeurs de la République, on se doit de respecter tous les élus de la République, y compris ceux qui ne pensent pas comme vous. »

 

Députés, anciens LR et élus ruraux

Jusqu'ici, Christopher Szczurek (Pas-de-Calais), Joshua Hochart (Nord) et Aymeric Durox (Seine-et-Marne) représentaient, seuls, le RN à la Haute Assemblée. 

Le premier est maire de Lens, le deuxième conseiller municipal de Denain, tandis que le troisième siège également au conseil régional d'Île-de-France.

Le futur groupe s'appuie d'abord sur plusieurs députés appelés à quitter le palais Bourbon. 

 

En Gironde, Edwige Diaz, vice-présidente du RN, fait son entrée au Sénat après avoir été élue députée en 2022.

 Dans le Var, Frank Giletti, militant frontiste depuis les années 1990, ancien conseiller municipal de Toulon et vice-président de la commission de la Défense à l'Assemblée, rejoint également la Haute Assemblée. 

Dans l'Hérault, Manon Bouquin, députée depuis 2024 et conseillère municipale de Mèze, remplace au pied levé Sébastien Pacull, contraint de renoncer à sa campagne pour des raisons de santé.

 Dans le Gard, Sylvie Josserand, députée élue sur la sixième circonscription en 2024, devient la première sénatrice RN du département.

Le parti mise aussi sur des profils très enracinés. 

En Seine-Maritime, Léon Levasseur, 76 ans, ancien maire de Cailly, vice-président de la chambre d'agriculture et ancien militant RPR puis UMP et LR, avant de rejoindre le RN en 2019, offre au parti son premier sénateur dans le département.

 Dans le Var, Carine Leroy, adjointe au maire de Fréjus, complète la percée varoise. 

En Vaucluse, Thierry d'Aigremont, adjoint au maire de Carpentras, conseiller régional et patron du RN vauclusien, devient, là encore, le premier sénateur RN de l'histoire du département.

 

Le Rassemblement national recrute

Dans les Bouches-du-Rhône, Marie-Pierre Callet, ancienne vice-présidente LR du conseil départemental de Martine Vassal, rejoint le parti après un ralliement très contesté : elle est accusée de tirer profit des bons scores de Franck Allisio et son passé d’aficionada détonne avec les positions anti-corrida de Marine Le Pen. 

À ses côtés, Fabien Bravi, ancien collaborateur de Renaud Muselier, Bruno Gilles puis Martine Vassal, complète cette percée après être passé par tous les cabinets de la droite marseillaise.

Avec leurs trois anciens et leurs neuf nouveaux sénateurs, le RN atteint déjà son objectif des dix sièges nécessaires pour former un groupe, mais le parti à la flamme pourra également compter sur les renforts de l'UDR. 

Dans les Alpes-Maritimes, Laurent Castillo, élu au Parlement européen sur la liste LR avant de rejoindre le groupe des Patriotes pour l'Europe, abandonnera son mandat européen pour le Sénat. 

Il est accompagné de Gaëlle Frontoni, ancienne proviseur de lycée, quatrième vice-présidente du département des Alpes-Maritimes et fidèle d'Éric Ciotti. 

Dimanche soir, le président de l'UDR a annoncé, sur X, le ralliement à leur groupe de la sénatrice réélue de l'Ain, Sylvie Goy-Chavent, rare LR soutenant l'idée d'une union des droites : « Je salue avec force le courage de mon amie Sylvie Goy-Chavent, sénatrice sortante LR de l’Ain, qui fait le choix du courage en rejoignant notre groupe. 

L’union des droites préparera aussi depuis le Sénat la grande alternance pour la France. »

 

Source et Publications : https://www.bvoltaire.fr