lundi 27 juillet 2026

ALARME INCENDIES : CES PROMESSES NON TENUES ! UNE SÉCURITÉ CIVILE SOUS TENSION .......




 REVUE DE PRESSE !

Incendies : la France brûle et les pompiers attendent toujours les moyens promis

Alors que les feux font rage, les engagements pris après les mégafeux de 2022 sont restés lettre morte.
Crédit photo : Pexels
Crédit photo : Pexels

« Cela fait plus de vingt ans que nous tirons la sonnette d'alarme et rien n'est fait aujourd'hui. »

 Pour Kenji Pere, vice-président national du Syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels (SNSPP) interrogé par BV, l'été 2026 marque un nouveau tournant. 

Depuis le début de la saison, près de 7.000 départs de feu ont été recensés et plus de 50.000 hectares sont déjà partis en fumée.

 Trois sapeurs-pompiers ont perdu la vie en un mois et près d'une trentaine d'autres ont été blessés.

 Les flammes gagnent du terrain plus vite que les moyens destinés à les combattre.


Une sécurité civile sous tension

L'incendie qui ravage actuellement la Gironde en est l'illustration.

Plus de 700 sapeurs-pompiers sont mobilisés, appuyés par des centaines de véhicules et la quasi-totalité de la flotte aérienne disponible.

 Pourtant, cela n'a pas suffi.

 La France a dû activer le mécanisme européen de protection civile pour obtenir le renfort d’appareils envoyés par la Croatie, le Portugal, la Tchéquie et la Slovaquie.

 Une image difficilement imaginable, il y a encore quelques années.

Pour Edwige Diaz, députée RN de Gironde interrogée par BV, cette situation révèle un profond manque d'anticipation. 

« L'extinction des incendies repose parfois sur les contributions volontaires des agriculteurs qui viennent avec leurs citernes. 

Cela en dit long sur l'état de délabrement de notre sécurité civile. »

Cette tension est aussi humaine. « Les moyens humains fatiguent parce qu'il y a beaucoup d'interventions », souligne, auprès de BV, Frédéric Breton, président du Syndicat national des sapeurs-pompiers volontaires.

 Entre les feux de forêt, les secours à personne et des interventions toujours plus nombreuses, les pompiers enchaînent les missions sans véritable répit. 

Même constat, chez Kenji Pere : « Aujourd'hui, on ne peut plus être sur tous les fronts. »


Des promesses toujours en attente

Après les mégafeux de Landiras en 2022, Emmanuel Macron promettait un « changement d'échelle » de la sécurité civile.

 Flotte aérienne modernisée, nouveaux équipements, adaptation à un risque devenu permanent : les annonces étaient ambitieuses.

 Quatre ans plus tard, les représentants des pompiers peinent à en mesurer les effets.

 « Nous sommes au 26 juillet. C'est déjà la plus grande épreuve de feu que nous ayons jamais connue en France », alerte Kenji Pere. 

Selon lui, 2026 dépasse déjà les records de 2022 et de 2025 alors que l'été est loin d'être terminé.

Le symbole le plus frappant reste celui des moyens aériens.

 La France dispose toujours de 12 Canadair, dont plusieurs sont régulièrement immobilisés pour maintenance. 

Au plus fort des incendies de juillet, seuls six appareils étaient réellement disponibles.

 Après les incendies de 2022, deux nouveaux Canadair avaient été annoncés pour renforcer la flotte.

 Mais en 2024, le gouvernement Attal a réduit les crédits de la mission « Sécurités »

Les deux Canadair ne décolleront jamais : leur commande a été annulée. 

« Ce qu'on subit là est la conséquence de mauvais choix politiques, d'immobilisme.

 Les macronistes ont fait le choix de regarder ailleurs, d'avoir d'autres priorités », déplore Edwige Diaz.


« Nous demandons toujours la même chose »

Au-delà des avions, les représentants des pompiers décrivent un système arrivé à saturation.

 Les renforts nationaux sont désormais constitués de personnels rappelés sur leurs jours de repos, tandis que les départements s'entraident au risque d'affaiblir leur propre couverture opérationnelle. 

« En 2022, nous demandions déjà les mêmes moyens. En 2026, nous demandons toujours la même chose », résume Kenji Pere. Pour le vice-président du SNSPP, « la sécurité civile est aujourd'hui passée au sixième plan des priorités ».

Les pompiers ne demandent ni médailles ni discours. 

Ils réclament des effectifs, des avions et des équipements.

 Après les promesses formulées au lendemain des mégafeux de Gironde, ils espéraient un véritable changement d'échelle. 

Quatre ans plus tard, le seul chiffre qui semble réellement avoir changé est celui des hectares partis en fumée.


Picture of Yann Montero

Journaliste Boulevard Voltaire     


ET AUSSI

Incendies : et si la suppression des cendriers avait eu un effet pervers ?

La lutte contre le tabagisme a fait disparaître les cendriers des voitures, pas les mégots incendiaires.
Capture d'écran BFM.
Capture d'écran BFM.

Plusieurs régions de France sont actuellement en proie aux flammes. 

Les pompiers sont à pied d'œuvre dans le Var et en Gironde, comme ils l’ont été, il y a peu de temps, en région parisienne, durant l’incendie de la forêt de Fontainebleau où près de 2.000 hectares ont été réduits en cendres.

 À chaque fois, la question de la cause du départ de feu se pose.

Neuf incendies sur dix sont d’origine humaine et la moitié d’entre eux sont dus à une négligence, dont font notamment partie les mégots de cigarette jetés par les fenêtres des voitures.

 Le geste est inexcusable, il a peut être été favorisé par l'absence de cendrier dans les véhicules.


Fausse bonne idée

Depuis les années 2000, les accessoires des fumeurs (allume-cigares et cendriers) ont disparu des habitacles des voitures à des fins de lutte contre le tabagisme.

 Les constructeurs les ont remplacés par des espaces de rangement et des équipements tels que des prises USB pour la recharge des téléphones portables.

Pour autant, un certain nombre de fumeurs, même s’ils se font de plus en plus rares, fument toujours à l’intérieur des voitures. 

Parmi eux, comme le révèle une étude de Vinci Autoroutes, « un fumeur sur cinq reconnaît encore jeter des mégots par la fenêtre de sa voiture ».

 Résultat : chaque jour, près de 100 mégots de cigarettes sont jetés par kilomètre et par sens de circulation sur l’autoroute, avec tous les risques que cela comprend.


Ce constat a conduit le gestionnaire à prendre des mesures.

 Pour la sixième année consécutive, Vinci réalise une opération nommée #StopMégots comprenant « une grande campagne de sensibilisation itinérante » et la distribution de 25.000 cendriers de poche. 

Vinci remet à l’intérieur des véhicules les cendriers enlevés par les constructeurs.

 La démarche est aussi louable qu’insignifiante, puisque la France compte encore près de 10 millions de fumeurs. 

Que faire, puisque, bien que débattu, le retour des cendriers dans les véhicules n’est pas à l’ordre du jour ?

Interrogé par BV, un pompier des Bouches-du-Rhône, spécialiste des feux de forêt, en appelle à la responsabilisation individuelle : « Quand on est fumeur, on doit s’occuper de ses déchets, d’autant plus qu’ils peuvent avoir des conséquences dramatiques. 

Chacun doit prendre ses responsabilités. » Il ajoute : « Le fumeur sait que son mégot est quelque chose de sensible.

 C'est à lui de faire en sorte qu'il ne le soit pas. »


Appel à la responsabilisation

La suppression des cendriers dans les véhicules au nom de la lutte contre le tabagisme a pu encourager les comportements dangereux, mais, évidemment, comme le souligne le soldat du feu, jeter son mégot par la fenêtre n’est pas chose inévitable.

Pour les fumeurs qui ne peuvent s'empêcher de fumer en voiture, plusieurs solutions existent, comme l'acquisition d’un kit fumeur auprès de leur constructeur ou l’installation de cendriers de poche en lieu et place des porte-gobelets.


Le pompier rappelle que « chacun doit être acteur de sa propre sécurité, car quand on est acteur de sa propre sécurité, on assure la sécurité des autres. 

Il faut avoir un comportement adapté, assez pratique, pour éviter d'être auteur d’un incendie » et de mettre la vie d’autrui en danger.

Pour rappel, cette année, trois pompiers sont décédés alors qu’ils luttaient contre des incendies.

 Avec les effets du réchauffement climatique, propices aux départs de feux et à leur propagation rapide, la vigilance est plus que jamais de mise.


Picture of Sarah-Louise Guille

Journaliste     

Source et Publications :  https://www.bvoltaire.fr/incendies-





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire