mercredi 4 février 2026

IMMIGRATION : UNE ANNÉE RECORD , 384 000 TITRES DE SÉJOUR , UNE HAUSSE DE 11% EN UN AN !

 

2025, année record pour l'immigration

Courriel de Observatoire de l'immigration et de la démographie : 2025, année record pour l'immigration

détails

Cliquez ici pour ouvrir cet email dans votre navigateur

Lettre d’information n°88

du mercredi 4 février 2026

 
  • Il n'y a jamais eu autant d'immigration en France | L'OID analyse les chiffres annuels du ministère de l'Intérieur
  • Immigration et logement | À CSP égale, les immigrés sont moins souvent propriétaires de leur logement
  • Loi « Immigration » de 2024 | Entrée en vigueur de nouveaux tests civiques pour l'installation pérenne

Il n'y a jamais eu autant d'immigration en France 
L'OID analyse les chiffres annuels du ministère de l'Intérieur
À la suite de la parution, ce mardi 27 janvier, des chiffres annuels de l'immigration par le ministère de l'Intérieur, un constat s'impose : il n'y a jamais eu autant d'immigration en France que l'année dernière.

384 000 titres de séjour ont été octroyés dans l'année, une hausse de 11% en un an.
Ce chiffre, inégalé dans les statistiques publiques, est, à titre de comparaison, trois fois plus élevé qu'il ne l'était à la fin des années 1990 ou 52% plus élevé qu'au début du premier mandat d'Emmanuel Macron, en 2017.

En outre, le nature des titres de séjour accordés connaît d'importants changements. 
Le nombre de titres à motif économique, l'immigration dite « de travail », a baissé de 13% en un an, tandis que les titres pour motif « humanitaire », qui correspondent largement au droit d'asile, ont augmenté de 65%.
La hausse spectaculaire des nouveaux titres de séjour liés à l'asile est responsable de la majeure partie de l'augmentation générale. 
 
Leur augmentation de près de 70% en un an et de 450% par rapport à 2015, il y a dix ans à peine, porte à plus de 700 000 le nombre des étrangers bénéficiant officiellement d’une forme ou l’autre de l’asile sur le territoire français.

L'immigration familiale et l'immigration étudiante – la plus nombreuse parmi les titres délivrés – connaissent des hausses plus modérées mais demeurent historiquement hautes.

Outre les motifs des nouveaux titres, les pays d'origine de leurs bénéficiaires tendent à se modifier.
 La liste des dix principaux pays d'origine voit les Etats-Unis et la Chine descendre d'une place et l'Afghanistan passer en quatrième position, derrière la Maroc, l'Algérie et la Tunisie.

L'augmentation de 45% des titres délivrés aux Afghans est, quant à elle portée quasi exclusivement par l'asile et n'est pas sans poser de difficultés d'intégration économique et sociale  décrites dans notre note à ce sujet.
En parallèle, quelques points marginaux de maîtrise des flux sont à noter, mais ne doivent pas occulter le fait majeur que constituent les chiffres records atteints cette année.

Les interpellations d'étrangers en situation irrégulière ont connu une augmentation de 31% en 2025, mais les éloignements et départs d'étrangers irréguliers n'ont, quant à eux, augmenté que de 16%, ce qui atteste des obstacles persistants dans la mécanique des éloignements.

Ces 32 000 sorties enregistrées marquent un retour au niveau constaté en 2019. 
Sauf que le nombre des bénéficiaires de l’aide médicale d’Etat (AME), qui sert d’indicateur global pour mesurer l’évolution de la population clandestine, a lui augmenté de 40% depuis cette date.

Dans les champs qu’elles ont concernés, on peut relever un effet identifiable des deux « circulaires Retailleau », de 2025
Sur les régularisations, avec une baisse de 10% des admissions exceptionnelles au séjour ; comme sur les naturalisations, avec la baisse de 14% du nombre de personnes devenues françaises par décret.
Nicolas Pouvreau-Monti, directeur de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie, était invité de C ce Soir (France 5) pour commenter ces chiffres inédits et débattre de leurs implications pour la société française.
Cliquez sur l'image pour accéder à l'émission :
Retrouvez l'analyse de Nicolas Pouvreau-Monti dans les colonnes du Figaro :
Analyse OID | « Il n'y a jamais eu autant d'immigration en France que l'année dernière » (Le Figaro)

Immigration et logement | À CSP égale, les immigrés sont moins souvent propriétaires de leur logement
Selon une récente étude du ministère de l'Intérieur, 40% des immigrés en France sont propriétaires de leur logement, contre 68% des non-immigrés.

Si des facteurs socio-économiques ou liés à l'âge peuvent expliquer une part de l'écart, des disparités demeurent néanmoins une fois ces effets écartés.
D'une part, le facteur qu'est l'âge ne joue pas de la même manière chez les natifs et chez les immigrés : en effet, pour chaque tranche d'âge, les immigrés sont nettement moins propriétaires que les non-immigrés – d'environ 30 points de pourcentage.

De fait, les immigrés âgés de 60 ans possèdent autant leur logement que les non-immigrés de 30 ans.
L'origine géographique est également un déterminant important de la propriété. 
 La part des immigrés originaires d’Afrique subsaharienne possédant leur logement est deux fois moindre que la moyenne des immigrés.

Enfin, même à catégorie socio-professionnelle égale : le taux de propriétaires parmi les immigrés est inférieur de 20 points à celui des non-immigrés. 
 
 Par exemple, les CSP+ immigrés sont 48% à être propriétaires de leur logement, contre 70% des CSP+ non-immigrés en 2021.

Cet écart surprenant est en partie expliqué par le préfet Michel Aubouin dans son étude pour l'OID et la Fondapol, publiée en avril 2024 : « Quand les [natifs] cherchent à se constituer un patrimoine immobilier pour échapper à la pression du logement collectif, les [familles originaires du Maghreb] investissent dans une résidence secondaire "au pays", qui, d’une certaine façon, illustre leur réussite. » 

Il s'agit donc ici d'un enjeu lié aux appartenances multiples et à l'intégration à la France, comme M. Aubouin l'explique aussi : « la propriété individuelle peut être considérée comme un marqueur d’intégration, si l’on veut bien considérer que l’achat d’un bien, c’est-à-dire l’achat d’une parcelle de la France, est une preuve concrète de l’attachement que l’on porte à ce pays. ».

 
 
Les immigrés ont par ailleurs une probabilité trois fois plus élevée que les natifs à être locataires de logements sociaux : 33% d’entre eux y vivent, contre seulement 11,5% des non-immigrés.

Dans le détail par origine, on peut noter la surreprésentation des immigrés issus d'Afrique sahélienne (Mali, Sénégal...) dans ces logements du parc social : 57% d'entre eux y vivaient en 2019-2020, contre seulement 8% des immigrés originaires de Chine.

Retrouvez l'étude de Michel Aubouin consacrée à l'impact de l'immigration sur le logement social :
Étude OID | « Les étrangers extra-européens et le logement social en France »


Loi « Immigration » de 2024 | Entrée en vigueur de nouveaux tests civiques pour l'installation pérenne

Depuis le 1er janvier 2026, en application de la loi promulguée le 26 janvier 2024 pour « contrôler l'immigration, améliorer l'intégration », les étrangers souhaitant s’installer durablement en France, c'est-à-dire ceux qui sollicitent l'obtention d'une carte de séjour pluriannuelle, une carte de résident ou la naturalisation, doivent réussir un examen civique.

Ce dernier vise, dans le cadre du Contrat d'Intégration Républicaine (CIR) à « comprendre les principes et les valeurs de la République, connaître le fonctionnement des institutions, ainsi que les droits et devoirs liés à la vie en France ».

Cette loi de 2024 introduisait le Contrat d’intégration républicaine (CIR), qui remplace le précédent contrat d’accueil et d’intégration (CAI), avec une obligation de résultats et non plus seulement de moyens ainsi qu'un durcissement du niveau de langue requis.

L'article 20 de la loi, expliqué par le ministère de l'intérieur, prévoit, qu'en plus de la réussite à un examen civique :

  • « les étrangers qui demanderont une carte de séjour pluriannuelle (CSP) devront avoir atteint le niveau de langue A2 » [pouvoir communiquer lors de tâches simples et habituelles]
  • « les étrangers qui demanderont une carte de résident (CR) devront avoir atteint le niveau de langue B1 » [pouvoir produire un discours simple et cohérent sur des sujets familier]
  • « les étrangers qui demanderont la nationalité française devront quant à eux avoir atteint le niveau de langue B2 » [communiquer avec spontanéité et aisance avec un locuteur natif]
 
Le cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL) est un classement qui permet d'évaluer son niveau de maîtrise d'une langue étrangère.

L’examen civique, qui s’ajoute aux entretiens en préfecture pour la naturalisation, est obligatoire et payant (50€), dure 45 minutes, et se passe en ligne dans des centres agréés.
 
 Les étrangers doivent répondre à 40 questions à choix multiples (QCM) de culture générale et de « mises en situation » mêlant histoire, géographie, système institutionnel et politique.

L'obtention de l’examen est conditionnée à un taux de bonnes réponses de 80 %
Un échec aux tests peut entraîner un refus de renouvellement du titre de séjour, sauf si le candidat s’engage dans un parcours de rattrapage.

Il faut par ailleurs noter que l’Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) propose 600 heures de cours gratuits pour les grands débutants.

Plusieurs pays européens (Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni) imposent déjà des tests de langue et civiques pour l’obtention de titres de séjour ou de la nationalité. 
Par exemple, le Danemark a des exigences linguistiques élevées : niveau B1 pour un titre de séjour permanent, C1 pour la naturalisation (contre B2 désormais pour la France). 
La France demeure donc, malgré cette loi, moins exigeante que certains de ses voisins européens en matière de conditions d'assimilation. 

Au regard des exigences d'intégration, la Suisse offre un modèle qui peut servir d'exemple, comme Paul Zurkinden l'a détaillé dans sa note pour l'OID en septembre 2023. 
 
« Ce pays met en œuvre une politique migratoire volontariste, ciblée sur les besoins de l’économie, grâce à plusieurs mécanismes de contrôle : indépendance financière, maîtrise de la langue, respect des lois, respect des quotas aux niveaux fédéral et cantonal (limite de 4 500 autorisations de séjour en 2023 » explique-t-il en préambule.
 
Retrouvez la note de Paul Zurkinden pour l'OID sur le modèle suisse :
Étude OID | « Le modèle suisse : un exemple d’immigration choisie »

L’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID) est une structure d’étude et d’information relative aux évolutions démographiques et migratoires, destinée aux décideurs ainsi qu’à l’ensemble des citoyens intéressés par ces sujets.

Nous apportons une vision rationnelle et dépassionnée au débat public, en puisant aux meilleures sources disponibles : statistiques publiques, travaux de chercheurs spécialisés, analyses juridiques.


Élus et responsables politiques, journalistes, décideurs économiques : vous avez une question sur les sujets liés à l'immigration et à la démographie ? N'hésitez pas à nous solliciter :

Contactez-nous ! ➤

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire