REVUE DE PRESSE !
Rennes 2, l’université sous pression :
quand le militantisme devient
une norme institutionnelle
À Rennes 2, la polémique n’est pas née d’un reportage télévisé.
Elle couvait depuis longtemps, à bas bruit, dans les couloirs, les amphis, les assemblées générales et jusque dans les boîtes mail internes.
Le documentaire diffusé fin janvier sur CNews n’a fait que cristalliser, en trente minutes, ce que de nombreux étudiants – y compris silencieux – décrivent depuis des années : une faculté où le rapport de force militant, très marqué à gauche, dépasse le débat d’idées pour s’installer comme une culture de campus, avec ses codes, ses gardiens, ses sanctions informelles et ses intimidations.
La réaction immédiate de l’institution universitaire a, paradoxalement, renforcé ce constat.
Car au lieu d’ouvrir un débat sur le fond – le pluralisme, la liberté d’expression, la capacité à étudier sans pression – l’université et ses relais ont choisi la stratégie du bloc compact : indignation, fermeture, disqualification morale.
Une mécanique qui, à elle seule, raconte quelque chose.
Une levée de boucliers révélatrice
Dès le lendemain de la diffusion, France Universités – l’organisation qui fédère les présidences d’universités – a publié un texte d’une violence lexicale rare contre CNews : accusations de mensonges, désinformation, “images dérobées”, attaques intolérables contre la communauté académique.
Puis l’université Rennes 2 a relayé ce communiqué sur ses propres canaux.
Ce mouvement est instructif : il montre une institution qui se perçoit d’abord comme un bloc à défendre, non comme un espace contradictoire à réguler.
On ne réfute pas, on condamne.
On ne nuance pas, on désigne un ennemi.
Et quand le communiqué glisse vers la dénonciation de “l’extrême droite” supposée vouloir “plonger le pays dans la nuit”, la question du pluralisme sur les campus est évacuée : critiquer l’université, c’est déjà être suspect.
Cette riposte confirme, au fond, la thèse de CNews : dans certaines universités, et Rennes 2 en particulier, la grille de lecture idéologique ne sert pas seulement à analyser le monde.
Elle sert aussi à trier les paroles acceptables et celles qui doivent être disqualifiées.
Rennes 2 : blocages à répétition, administration en mode gestion de crise
La réalité matérielle du campus, elle, est moins idéologique : elle se mesure en bâtiments fermés, cours suspendus, examens réorganisés, portes barricadées, services administratifs arrêtés “par sécurité”.
Rennes 2 n’est pas la seule université touchée par des blocages, mais sa récurrence donne un goût de déjà-vu à chaque mobilisation.
Les communiqués internes, publiés ces dernières années lors de fermetures ou d’occupations, décrivent une université contrainte de suspendre la vie normale du campus.
Et ce qui frappe, c’est la routine : la crise devient un mode de fonctionnement.
Dans cet environnement, un étudiant qui veut “juste étudier” comprend vite une règle non écrite : la vie universitaire peut être mise à l’arrêt par une minorité mobilisée.
Et celui qui s’en plaint peut se retrouver catalogué.
Le coût n’est pas seulement académique ; il est psychologique : sentiment d’impuissance, fatigue, autocensure.
Le cœur du problème, à Rennes 2, n’est pas que l’extrême gauche existe.
Elle existe partout, comme existent des sensibilités de droite, des apolitiques, des indifférents, des croyants, des sceptiques.
Le problème, c’est le glissement du militantisme vers une prise de pouvoir sociale.
Dans un campus où certains syndicats sont dominants, les frontières se brouillent entre l’action syndicale et la police des comportements : qui peut afficher quoi, dire quoi, inviter qui, organiser quoi, contester quoi.
Le militantisme ne se contente plus de convaincre : il surveille et violente, physiquement et moralement, et cela depuis des années.
On retrouve alors un schéma classique des milieux verrouillés : ce ne sont pas les opinions qui disparaissent, ce sont les gens qui se taisent.
Les étudiants qui pensent autrement n’affrontent pas forcément des coups.
Ils affrontent un climat : regards, rumeurs, affichage public, mises à l’index, intimidations verbales, pression de groupe.
Le but n’est pas de débattre ; le but est de faire comprendre que “ici, ce n’est pas chez toi”.
Quand la direction “comprend” : l’ambiguïté institutionnelle
Autre point sensible : la perception, chez de nombreux observateurs, d’une direction souvent plus prompte à “comprendre” les mobilisations qu’à faire respecter un principe simple – la continuité du service public universitaire et la liberté d’étudier.
Rennes 2 est une université marquée historiquement par une culture contestataire, gauchiste.
Beaucoup de cadres, enseignants, élus internes, ont été eux-mêmes étudiants dans ce climat, parfois militants.
C’est un fait sociologique : une institution reproduit ses élites, ses normes, ses réflexes.
Quand cette culture devient majoritaire, elle crée une illusion : ce qui est en réalité une orientation politique devient “l’évidence morale”.
Résultat : au lieu d’être l’arbitre, l’institution apparaît parfois comme une partie prenante.
Pas nécessairement par des consignes, mais par des signaux : choix des mots, tolérance aux blocages, prudence face aux intimidations, dénonciation immédiate des médias “non alignés”, et silence gêné quand des étudiants disent subir des pressions.
AG en fin de matinée.
Des étudiants veulent s’opposer à un blocage. Ils parlent de cours, de bourses, d’examens, de fatigue.
La réponse n’est pas argumentée : elle est sociale.
Sifflets, rires, injures, accusations de “réactionnaires”. Ils sortent. Ils ne reviendront pas.
Une étudiante raconte en privé qu’elle n’ose plus poser certaines questions en TD.
Pas parce que le professeur la punirait, mais parce qu’elle redoute le groupe : captures, extraits sortis du contexte, “affichage” sur un réseau interne, réputation détruite.
Sur certains piquets, la parole n’est pas horizontale.
Quelques figures imposent le ton, décident qui passe, qui ne passe pas, qui doit être “convaincu”, qui doit être “tenu”.
Une intimidation “à la cool”, souriante, mais qui devient glaciale si on insiste.
Ce n’est pas une guerre civile.
C’est plus efficace : un régime de petites peurs, répété, quotidien, qui produit une autocensure massive.
Pourquoi la polémique CNews tombe juste, malgré les contestations sur la forme
La direction et les syndicats dénoncent la méthode : caméra cachée, angle à charge, montage.
C’est un débat légitime.
Mais à Rennes 2, la question n’est pas seulement la forme d’un reportage : c’est l’incapacité du campus à supporter une critique publique sans basculer dans la diabolisation.
S’il existait un pluralisme solide, l’université aurait pu répondre autrement : ouvrir des débats contradictoires, publier des chiffres sur les blocages, détailler les procédures disciplinaires en cas de menaces, garantir la neutralité des enseignements, protéger explicitement les étudiants non alignés.
Elle ne l’a pas fait. Elle a serré les rangs.
Et c’est précisément ce réflexe de forteresse qui nourrit l’idée d’un “gauchisme institutionnel” : non pas une opinion, mais une ambiance générale qui va des syndicats dominants à une partie du corps enseignant, jusqu’aux réflexes de communication de la présidence.
Le message implicite est simple : ici, l’université a une couleur, et ceux qui ne l’ont pas n’ont qu’à s’adapter.
Ce qui se joue à Rennes 2 n’est pas une querelle de chaînes de télévision.
C’est une question de mission : une université est-elle un lieu où l’on peut étudier sans pression, discuter sans être menacé, contester sans être stigmatisé, ne pas être de gauche ou d’extrême gauche ?
Le paradoxe est cruel : au nom de “l’émancipation”, on fabrique un climat de conformisme.
Au nom de “l’inclusivité”, on exclut symboliquement ceux qui ne pensent pas comme le groupe dominant.
Et au nom de “la démocratie”, on accepte que des minorités militantes imposent des décisions par l’intimidation.
C’est ce que le reportage de CNews a mis sur la table, et c’est ce que la riposte institutionnelle, en se refermant, a involontairement confirmé : à Rennes 2, la question du pluralisme n’est pas seulement non résolue. Elle est souvent jugée illégitime.
YV
Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire