TRIBUNE LIBRE !
Natalité : le démenti des Français au discours « No Kids »

Même si la vie, au fil des années, leur a parfois joué de vilains tours, les parents peuvent témoigner de l’enchantement devant le berceau, de l’émotion qui bouleverse au jour des premiers mots, des premiers pas.
Témoigner des rires attendris devant « les mots d’enfant » ; et témoigner de l'émotion, toujours, devant les corps qui se transforment quand on devine l’adulte de demain dans l’enfance qui s’estompe…
C’est cela, la vie, cela, la finalité des humains – comme celle de tous les organismes sur cette Terre depuis l’aube des temps : se perpétuer.
C’est pourtant ce que notre société, teintée d’égoïsme hédoniste et matérialiste, prétend aujourd’hui contester au nom de la préservation de la planète.
Les Français disent « Yes Kids ! »
Contrairement à ce que la gauche, prétendument écolo, affirme, et contrairement à ce qu’elle tente de faire entrer dans le crâne des plus jeunes, les Français se rangent majoritairement du côté de notre amie Gabrielle Cluzel.
Leur credo n’est pas « No Kids » mais bel et bien « Yes Kids » !
Ce sont en effet les conclusions de l’enquête menée par l’Observatoire Hexagone pour le compte du Figaro Magazine.
L’étude a été conduite auprès de 1.500 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus.
Soit de jeunes adultes, des parents et grands-parents ou non, toutes catégories sociales confondues.
Il en ressort que « 93 % des parents jugent que les enfants améliorent leur vie ».
Quant aux non-parents, ils sont tout de même 62 % à considérer les enfants comme « une amélioration potentielle de la leur ».
Alors que, pour justifier le refus de la parentalité, on nous présente fréquemment l’argument selon lequel avoir des enfants empêcherait de vivre sa vie, il ressort de cette enquête que les parents « sont quasiment unanimes (93 %) à y voir au moins un aspect positif, en particulier dans des domaines qui ne relèvent pas d’un aspect matériel ».
Ainsi, « 80 % d’entre eux considèrent que les enfants ont amélioré leur vie sociale, 74 % la qualité de leurs loisirs et 73 % leur santé mentale », soit « des enjeux fondamentaux dans la vie personnelle aujourd’hui ».
Voilà donc qui contredit les propos déclinistes des pseudo-écologistes.
Le frein n’est pas écologique, c’est le pouvoir d’achat…
Plus étonnant, car s’inscrivant en faux, là encore, face à ce qu’on nous présente comme un courant de pensée majoritaire, seuls 17 % des parents estiment que la présence des enfants a constitué un frein à leur vie professionnelle.
Il faut toutefois distinguer, ici, entre les hommes et les femmes, 19 % de celles-ci estimant avoir été entravées dans leur parcours, contre 14 % des hommes.
À ce sujet — 37 mesures (insuffisantes) pour relancer la natalité
L’évidence s’impose donc : le frein à la parentalité n’est pas écologique, c’est avant tout le pouvoir d’achat.
En majorité, les parents dénoncent ainsi des effets négatifs sur leur vie matérielle : « 47 % considèrent qu’avoir eu des enfants a eu un effet négatif sur leur pouvoir d’achat, en particulier les parents les plus aisés (60 %, contre 48 % de ceux des classes populaires et 38 % des parents aujourd’hui à la retraite). »
Toutefois, on découvre que l’écueil sur lequel buttent les nouvelles générations, c’est l’impossibilité de se projeter dans l’avenir.
Si la parentalité, nous dit-on, n’est « pas considérée comme un drame dans la vie des non-parents », elle les inquiète surtout en tant que « saut dans l’inconnu », si bien que « 40 % des non-parents se déclarent incapables d’anticiper un effet concret d’un tel changement sur leur vie professionnelle ».
…et l’absence de maîtrise
Si, majoritairement, parents et non-parents considèrent l’arrivée d’enfants comme une bouffée salutaire dans la vie, source de bonheur, d’amélioration de la santé mentale (sic) et d’espoir dans l’avenir, on retrouve dans les conclusions de cette enquête les bouleversements qui traversent nos sociétés et expliquent pour une grande part la dénatalité.
Dans nos sociétés marquées par l’ultra-confort, l’absence de maîtrise n’est plus tolérable.
Alors qu’autrefois, on « faisait avec », c’est-à-dire qu’on s’adaptait aux situations, et singulièrement à l’arrivée inopinée d’un enfant, il n’en est plus question.
La maîtrise de la fécondité et la conception même de l’existence dans notre monde occidental ont rendu tout cela obsolète.
La possibilité de la maîtrise fait qu’il est impensable de ne pas en disposer en tous domaines. L’incertitude n’est plus possible et la voir pointer son nez est source d’angoisses existentielles.
Paradoxalement, on comprend, à la lecture de cette enquête, combien les enfants constituent, justement, le point d’ancrage qui fait souvent défaut.
Ce n’est donc pas un hasard si ce sont les sociétés les plus précaires qui continuent à faire des enfants.
On songe à Mère Teresa qui vivait « au milieu d’une mer de pauvreté » et affirmait néanmoins qu’il y avait plus de bonheur dans les bidonvilles de Calcutta que dans nos sociétés d’opulence…


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