REVUE DE PRESSE !
Aujourd’hui, la « remigration » cristallise les tensions.
Depuis les années 2010, elle a été réappropriée par les milieux identitaires comme réponse au « Grand Remplacement » théorisé par Renaud Camus.
Longtemps marginale, l’idée a gagné en visibilité.
En France, Éric Zemmour l’a mise au centre de la présidentielle de 2022, promettant un « ministère de la remigration ».
En Europe, la « réunion de Potsdam » de novembre 2023, autour de Martin Sellner, d’entrepreneurs et de cadres de l’Alternative für Deutschland, a servi de détonateur.
Sellner a ensuite publié Remigration, Ein Vorschlag, approfondissant son projet.
La remigration est désormais au cœur des débats, y compris à droite.
La « Remigration » n’est pas seulement un slogan, c’est un projet.
Voici l’histoire d’un homme qui a décidé d’appliquer à lui-même les principes qu’il défendait.
Sous pseudonyme pour des raisons de sécurité, Henri de Turenne a accepté de raconter son parcours.
Connu sur le Twitter francophone avec près de 26.000 abonnés, il a fait le choix de passer des idées à l’acte.
Son témoignage ne cherche ni à convaincre ni à provoquer. Il expose un itinéraire.
À chacun d’en tirer ses conclusions. Voici son récit, sans filtre.
Breizh-info.com : Pourriez-vous vous présenter ?
Je préfère éviter de donner mon vrai nom et prénom pour des raisons de sécurité.
Sur Twitter, où mon compte a atteint 26 200 abonnés, je suis connu sous le pseudo de Henri de Turenne, un hommage à ce grand général français que j’admire beaucoup.
Je peux vous dire que j’ai 35 ans, que j’ai vécu en France une bonne partie de ma vie et que j’ai décidé de rentrer dans mon pays d’origine en 2022.
Breizh-info.com : Qu’est-ce qui vous a poussé à venir en Europe, et qu’avez-vous réellement trouvé en termes d’opportunités et de mode de vie par rapport à ce que vous imaginiez ?
Je suis né au Sénégal.
Je suis venu en France à l’âge de 5 ans, en décembre 1996, avec ma mère et mes deux grands frères.
Mon père, lui, était déjà en France où, au départ, il était en situation irrégulière et vivait en donnant des cours particuliers de mathématiques.
Au détour d’une conversation avec des membres d’une association d’aide aux clandestins, il a dit à l’un d’eux que son père (mon grand-père) avait combattu pour la France lors de la Seconde Guerre mondiale, participant notamment au débarquement de Provence le 15 août 1944.
Son grand-père (mon arrière-grand-père), lui, avait fait la Grande Guerre et a été blessé par le gaz à Ypres en 1915.
Mon père a alors appelé ses parents pour leur faire parvenir toutes les preuves et diplômes militaires afin d’obtenir sa régularisation.
Il a non seulement été régularisé, mais a été « réintégré » dans la nationalité française ainsi que sa famille grâce à l’article 153 du Code de la nationalité française.
C’est ainsi que j’ai pu venir en France avec ma mère et mes deux frères.
Nous habitions un HLM dans l’Essonne, dans la ville de Draveil, où j’ai été scolarisé et où je me suis rapidement intégré, même si au départ je ne parlais pas un mot de français, mais seulement le peulh, ma langue maternelle.
Breizh-info.com : Vous avez choisi de vous engager politiquement en France.
Comment cela a-t-il commencé et comment votre visibilité vous a-t-elle exposé à des confrontations avec vos adversaires idéologiques ?
Concernant mon engagement politique, il est venu grâce à plusieurs choses concomitantes.
Tout d’abord, depuis mon enfance, j’ai adoré l’histoire.
Je me souviens, en primaire, avoir des étoiles dans les yeux lorsque la maîtresse nous parlait de la Mésopotamie, de l’Égypte antique, de la Grèce et de Rome.
Je me souviens aussi être émerveillé par les livres à la bibliothèque avec les illustrations de villes antiques comme Athènes, Rome ou Alexandrie.
Cet amour pour l’histoire ne m’a plus jamais quitté.
J’ai donc opté pour un bac L que j’ai obtenu en 2010, puis je me suis dirigé vers une licence d’histoire.
Malgré mon amour de l’histoire, j’avais été nourri à la propagande républicaine, à savoir que l’histoire de France avait été sombre durant le Moyen Âge et l’Ancien Régime, puis lumineuse, voire qu’elle commençait à partir de 1789.
Grâce à un excellent professeur que j’ai eu en licence, ma vision a changé car j’ai découvert la réalité.
L’histoire de France était glorieuse de bout en bout et la monarchie n’était pas ce qu’on nous en avait dit durant la primaire, le collège et le lycée. À la BU,
j’ai commencé à dévorer énormément de livres, notamment les biographies des rois de France.
Puis la lecture de L’Ancien Régime et la Révolution d’Alexis de Tocqueville a fini de me convaincre.
Entre-temps, aux alentours des années 2013-2014, j’ai commencé à regarder des vidéos de « réinformation » sur internet, notamment Soral mais aussi Le Raptor dissident, ce qui m’a donné un autre son de cloche, pour moi qui, ayant grandi en banlieue parisienne, avais la vision gauche = gentil et droite = méchant.
Ce qui a été décisif dans ma politisation et mon engagement à droite a été la rencontre avec un ami à l’université qui était un militant actif de l’Action française.
À travers nos échanges et nos conversations, ma vision de ce qu’était la France et de ce qu’elle devait rester s’est construite.
J’ai donc commencé à l’accompagner à certains événements de l’Action française et c’est par ce biais que mes premières confrontations avec les gauchistes et antifas ont commencé.
Breizh-info.com : Vous avez été agressé à plusieurs reprises par des militants antifascistes.
Comment avez-vous vécu ces attaques et que vous inspire, selon vous, la violence de l’extrême gauche en France aujourd’hui ?
Comme je m’en suis ouvert dans un tweet du 18 février, j’ai eu plusieurs fois du maille à partir avec les antifas et l’extrême gauche.
Suite à ma première apparition publique, où j’ai fait le « buzz » dans une vidéo durant les Gilets jaunes, où j’expliquais l’escroquerie de la gauche envers les minorités raciales afin d’en faire un électorat captif et que la France était historiquement blanche et devait le rester, j’ai été reconnu à plusieurs reprises dans la rue.
Étonnamment, ce ne sont pas des racisés qui m’ont agressé, même si certains ont mal pris mon discours et mes idées mais des gauchistes bien blancs et bourgeois.
En revenant d’une soirée avec des amis que j’avais rencontrés à la fac, j’ai été pris à partie par des antifas dans le Quartier latin, non loin du métro Cluny-La Sorbonne.
M’ayant reconnu, ils ont essayé de me dérober ma casquette MAGA que je portais ce soir-là.
Une bagarre s’en est suivie.
J’ai pris pas mal de coups, j’en ai donné aussi, mais j’ai surtout réussi à garder ma casquette.
Une autre fois, j’accompagnais mon ami de l’Action française à la commémoration de la manifestation du 11 novembre 1940, organisée par des étudiants et lycéens, notamment d’Action française, et qui a été sévèrement réprimée par les autorités d’occupation allemandes.
Cette commémoration se déroule chaque année sur les Champs-Élysées, à l’emplacement de l’ambassade du Qatar, où une plaque témoigne de ce souvenir.
C’est alors que nous avons repéré une dizaine d’antifas qui rôdaient autour de l’événement et cherchaient à nous intimider en nous faisant des signes d’égorgement avec les doigts.
Un type de l’AF, avec un nom de roi des Francs, est allé les voir pour leur demander leurs buts.
C’est alors qu’une bagarre a éclaté.
Nous sommes tous venus en renfort et leur avons infligé une sévère et juste correction.
Durant les Gilets jaunes, j’ai également assisté à divers incidents et altercations avec des gauchistes et des antifas cherchant à infiltrer le mouvement et à le dénaturer, chose qu’ils ont réussi in fine, malheureusement.
Ensuite, il y a eu le COVID et je me suis plus investi dans mon boulot car j’avais décroché un poste de prof d’histoire dans un collège-lycée privé, donc je n’ai plus eu de confrontation directe avec eux.
En revanche, j’allais souvent sur une application nommée Discord et j’ai pu y voir l’intolérance de la gauche qui n’acceptait aucun débat, aucune présence, aucune idée de droite sur leurs serveurs, alors que les serveurs de droite avaient toujours des gens de gauche en leur sein ou les invitaient à débattre.
J’ai donc pu voir de quel côté étaient le fanatisme, l’intolérance, la violence et la méchanceté, chose que l’affaire Quentin nous rappelle trop douloureusement.
Breizh-info.com : Ces confrontations ont-elles changé votre perception de la société française et votre sentiment d’appartenance ?
Ces confrontations n’ont pas changé ma perception de la société française et mon sentiment d’appartenance, mais ont fait naître en moi la conviction que faire société avec les gauchistes était impossible, car leur but est de détruire la société et la nation française, alors que le nôtre était de préserver au maximum ce qu’il en restait et qui était déjà bien atteint depuis que les vannes de l’immigration massive s’étaient ouvertes à partir des années 60 et 70.
J’étais également frustré par la volonté de dialogue, d’échange, de débat avec le camp mortifère de la gauche qui, elle, dès qu’elle peut, tue socialement, si ce n’est physiquement, ses opposants de droite en les doxxant, en trouvant leurs boulots, en contactant leurs banques, en faisant sauter les partenariats commerciaux des influenceurs de droite, etc.
J’étais donc pour couper tous les ponts avec ces gens-là, sauf évidemment lorsqu’ils sont familiaux, ce qui est plus compliqué.
Ma vision, c’est que les gauchistes n’étaient pas des adversaires loyaux avec qui on pouvait débattre et convaincre par la persuasion, avec des arguments rationnels et étayés, mais étaient des ennemis mortels.
Visiblement, en 2020, cette vision était un peu trop radicale car beaucoup de mes amis de l’époque n’étaient pas d’accord et me trouvaient beaucoup trop radical.
Breizh-info.com : À quel moment l’idée du retour a-t-elle commencé à émerger ?
Y a-t-il eu un événement précis ou une prise de conscience progressive ? Comment votre entourage en Europe et en Afrique a-t-il réagi à cette décision ?
L’idée du retour a émergé petit à petit vers 2020 où, durant le confinement, j’ai eu pas mal de temps pour me retrouver avec moi-même et réfléchir.
Comment pouvais-je être un tenant de la remigration et me maintenir en France ?
N’étais-je pas un agent du grand remplacement malgré moi et malgré ma francophilie ?
Petit à petit, l’idée a germé que je devais mettre en application mes idéaux et mes idées car sinon cela relevait d’une certaine forme d’hypocrisie.
Mon entourage familial et amical a réagi diversement.
Mon père, lui, était déjà reparti au Sénégal lorsqu’il a atteint sa retraite et ma mère attendait d’en faire de même. Ils étaient donc plutôt contents qu’on puisse se retrouver là-bas.
Mes amis, eux, étaient plutôt tristes de mon choix, beaucoup me disant que j’étais assimilé et avais un amour immodéré pour la France, mais que je partais alors que la France gardait et accueillait chaque année des gens qui haïssent la France, que ce n’était pas aux meilleurs de partir mais aux cas sociaux qui pourrissaient la vie de tout un pays.
Malgré cela, mon choix était fait.
L’élection de 2022 et la victoire de Macron m’ayant conforté dans ce choix, le pays que j’aimais était en train de s’autodétruire par le choix des Français eux-mêmes.
Breizh-info.com : Comment s’est organisée votre installation dans votre pays d’origine ?
Quels obstacles avez-vous rencontrés et comment les avez-vous surmontés ?
Au mois de mai 2022, j’ai pris un vol pour Dakar, capitale du Sénégal, où j’ai de la famille, notamment mon père.
Ma mère, elle, est rentrée l’année suivante.
Ayant une licence et un master, j’ai réussi à trouver un boulot au bout de quatre mois qui, malheureusement, n’a aucun lien avec ma passion qu’est l’histoire, mais qui est tout de même prenant et épanouissant.
Comme j’avais quelques économies, j’ai également investi dans un business.
Quatre ans plus tard, j’ai un business qui tourne et me fait vivre sans même avoir besoin de toucher mon salaire que je perçois de l’entreprise qui m’emploie.
Je peux donc me décrire comme quelqu’un d’assez aisé dans les standards d’un pays d’Afrique de l’Ouest.
Breizh-info.com : En quoi considérez-vous aujourd’hui votre retour comme une réussite ?
Je suis dorénavant marié et je suis père d’un petit garçon et assez content, a posteriori, de ma décision.
Je suis sur la terre de mes ancêtres, j’ai pu fonder une famille que j’espère encore bientôt agrandir, j’ai ouvert un business et permis la création de quatre emplois et de faire vivre plusieurs familles, je paye des impôts à l’État sénégalais qui, je l’espère, en fera un bon usage.
Oui, je pense que mon retour est une réussite tant personnelle que professionnelle.
Breizh-info.com : Vous reconnaissez-vous dans le terme de « remigration » ?
Selon vous, quelles conditions doivent être réunies pour qu’un retour soit réussi et épanouissant ?
Je me reconnais tout à fait dans le terme de remigration, surtout que, étant moi-même né à l’étranger, j’étais un immigré en France même si j’ai obtenu la citoyenneté française.
Je ne saurais dire quelles sont les conditions pour un retour réussi. J’imagine déjà être motivé à faire vivre sa réelle patrie, « terre des pères », donc là où nos ancêtres sont enterrés, ce qui n’est pas le cas pour l’immense majorité des immigrés, même nés en France, de deuxième ou troisième génération.
Chaque parcours est différent mais, avec l’accès à l’école et les formations de qualité dispensées, beaucoup d’immigrés pourraient et devraient faire bénéficier de leurs talents leurs pays d’origine, notamment l’Afrique.
Je me doute que ce n’est pas demain que nos pays deviendront la Corée du Sud ou la Suisse, mais il est certain que ce n’est pas en fuyant pour une vie plus agréable en Europe qu’on fera avancer le continent.
Breizh-info.com : Si vous deviez donner un conseil à quelqu’un qui hésite entre rester en Europe ou rentrer, que lui diriez-vous ?
Si je devais donner un conseil à quelqu’un qui hésite entre rester en Europe ou rentrer en Afrique, ce serait bien sûr de rentrer.
Rentrer pour sa dignité car, en travaillant en France, il donne sa force de travail, ses impôts, cotisations et taxes à un pays qui n’est pas le sien et qui ne le sera jamais.
L’assimilation, qui signifie littéralement « rendre semblable à », ne fonctionne qu’entre Européens et encore, même entre Européens il y a eu des difficultés.
Je rappelle qu’une grande partie des Italiens ou Polonais arrivés aux XIXe et XXe siècles sont repartis.
Je m’adresse surtout à ceux qui tiennent des discours indigénistes et victimaires et qui accusent la France de racisme systémique et toutes ces sornettes.
Rentrez en Afrique, là-bas vous ne souffrirez pas de discrimination pour votre couleur de peau, votre nom ou votre religion par exemple.
Arrêtez de souffrir dans ce pays et ce continent et rentrez faire profiter de vos talents l’Afrique qui n’attend que vous.
Si vous aussi, vous avez choisi de pratiquer la remigration, contactez-nous pour partager votre histoire.
Vos expériences contribuent à éclairer ce choix et à montrer ses multiples réalités (breizh-info@protonmail.com)
Propos recueillis par Matisse Royer et YV
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire