[L’ÉTÉ BV]
LFI : À mort le Canon français, vive les rave-parties !
Cet article a été publié le 10/04/2026.
Le Canon français est décidément la bête noire de la gauche et de l'extrême gauche !
Le 29 juillet, à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), les conseillers municipaux de gauche, opposants au maire de droite Gilles Platret, sont montés au créneau pour interdire sa venue à Chalon, pour la troisième année de suite.
Comme le rapporte le Journal de Saône-et-Loire, l'édile a ainsi réagi : « Gauche française, te voilà telle que tu es : prendre un événement, le déformer, lui tordre le cou, en faire un scandale national.
Puis arriver dans un conseil municipal avec une espèce de messe sur la vérité trouvée à Caen. »
Le 1er août, ils étaient près de deux cents, selon Sud-Ouest, à manifester dans les rues de Périgueux pour demander l'annulation de la venue du Canon français, en octobre prochain, dans la ville-préfecture de Dordogne, le maire de droite ayant décidé de ne pas céder aux pressions de son opposition municipale de gauche.
Sans doute la gauche française préfère-t-elle les rave-parties, comme le soulignait Yves-Marie Sévillia, le 10 avril dernier...
Contre les rave-parties, le législateur hausse le ton.
Une proposition de loi, présentée par le groupe Horizons dans sa niche parlementaire, a été votée, ce jeudi 9 avril, à l’Assemblée nationale.
Aujourd’hui, les participants à ces « fêtes » sauvages ne sont pas inquiétés, seuls les organisateurs encourent une amende maximale de 1.500 euros.
Avec cette nouvelle loi, l’organisation d’une rave-party illégale pourra désormais engendrer des peines allant jusqu’à six mois de prison et 30.000 euros d’amende pour les organisateurs et 1.500 euros d’amende pour les participants.
Un crime de lèse-majesté, pour La France insoumise, qui s’est insurgée, dans l’Hémicycle, contre un texte « qui va envoyer en prison des organisateurs de fêtes dans les champs ». «
Nous assumons l’héritage de Mai 68, clame le député LFI du Finistère, Pierre-Yves Cadelen.
Notre horizon, c’est la liberté, c’est la fête, c’est la joie, c’est ce slogan que nous assumons : jouir sans entraves. »
Deux orateurs de choix ont été choisis, ce jour-là, par le parti de Jean-Luc Mélenchon :
Louis Boyard et Andy Kerbrat.
Pour le moins singuliers : le premier assume parfaitement son passé de dealer (victime d’une précarité étudiante, se défend-il) quand le second a été exclu plusieurs mois de l'Assemblée après avoir été surpris en train d’acheter de la drogue à un mineur en utilisant, de surcroît, ses frais de parlementaire.
Invitant les préfets à accorder « des lieux encadrés » où pourraient se dérouler ces événements, Louis Boyard s’empresse de moquer ses adversaires : « Ces lieux sont nombreux dans notre pays, vous avez le local d’Horizons, vous avez les bancs de LR, vous avez nombre d’endroits vides dans ce pays qui permettent d’organiser des free-parties.
» « Tout ce que vous trouvez à faire, c’est priver des jeunes d’aller en soirée », s’émeut le député du Val-de-Marne.
« Les honnêtes citoyens ne sont bons qu'à payer »
Andy Kerbrat, pour sa part, défend « une façon d’aborder la fête de manière non marchande ».
« Les publics des rave, c’est les filles des agriculteurs, les jeunes racisés qui se voient interdire l’entrée dans une boîte de nuit, les LGBTI qui sont précaires, les travailleurs du sexe et les trans, et ce sont les SDF qui ont que cette possibilité-là pour faire la fête », tempête l’élu de Loire-Atlantique.
À ce sujet — [ÉDITO] À Caen, triomphe du Canon français, bide du pique-nique LFI. Tout n’est pas fichu !
Un rapport sénatorial daté de 2019 dénombre pas moins de 800 rave-parties de plus de 500 personnes, chaque année, sans compter 3.200 autres événements de plus petite taille. 99 % de ces joyeuses fêtes sont illégales.
Dans le camp patriote, la posture de l’extrême gauche indigne.
« Derrière l'image du rassemblement festif se cachent des professionnels du délit qui parfois s'enrichissent en exposant la jeunesse française aux drogues et aux violences sexuelles, déclare le député IDL de l’Aisne Eddy Casterman, les honnêtes citoyens, comme toujours, ne sont bons qu'à payer.
Chaque rave illicite mobilise des dizaines de gendarmes et des pompiers, sans parler des dégradations dont le coût est considérable. »
« Je ne comprends plus votre distorsion temporelle entre des fêtes illégales que vous voulez autoriser et des fêtes légales que vous voulez interdire, vitupère Emeric Salmon, le député RN de Haute-Saône.
Je pense notamment aux banquets du Canon français. »
« Le banquet de la haine »
Le parlementaire mariniste souligne ce qui ressemble ni plus ni moins à une schizophrénie politique.
Pour La France insoumise, il y a les bons et les mauvais fêtards, comme dirait l’autre.
La mobilisation de l’extrême gauche contre des rassemblements jugés réactionnaires ne faiblit pas.
À Caen, les élus insoumis, dont la députée européenne Emma Fourreau, s’agitent pour « faire interdire le banquet de la haine » qui se déroulera le 18 avril prochain.
Le texte doit désormais être validé par les sénateurs.
Reste à faire appliquer la loi.
Car aujourd’hui, dans l’immense majorité des cas, les préfets laissent les rave-parties se dérouler en toute impunité.
Par peur de débordements, manque d’effectifs de police disponibles ou absence de volonté politique, quand ce ne sont pas les trois à la fois.
Dans le meilleur des cas, quelques contrôles de police au départ des « teufeurs » s’assureront simplement que drogue et alcool auront cessé leurs effets.
Les images insupportables de viticulteurs en détresse tentant d’empêcher une rave-party dans l’Aude, en septembre 2025, nous reviennent à l’esprit.
Celles du banquet du Canon français à Rennes qui fut à deux doigts de ne pas pouvoir se dérouler, aussi.
Il est temps que la peur change de camp.
Affaire de la tête de cochon : Éric Ciotti veut se constituer partie civile

Après de nouvelles révélations de Nice-Matin, Éric Ciotti a annoncé, ce mardi 4 août, vouloir se constituer partie civile dans l'information judiciaire ouverte sur l'affaire de la « tête de cochon », survenue en février dernier.
En pleine campagne des municipales à Nice, une tête de cochon ornée d'une étoile de David et accompagnée d'une insulte avait été déposée devant le domicile de Christian Estrosi, alors candidat à sa réélection.
Si les faits avaient d'abord été présentés comme visant le maire sortant, l'enquête s'était rapidement orientée vers des membres de son entourage, laissant penser à une opération de déstabilisation électorale.
Selon Nice-Matin, l'enquête judiciaire a révélé de nouvelles informations concernant plus directement le président de l'UDR, notamment l'existence d'un dispositif parallèle destiné à nuire à sa campagne : faux comptes sur les réseaux sociaux, contenus hostiles, vidéos réalisées avec l'intelligence artificielle pour abîmer son image et promotion payante sur Meta.
Un protagoniste entendu par les enquêteurs aurait même affirmé qu'un marché public de deux millions d'euros lui aurait été promis en cas de réélection de Christian Estrosi.
Tout en soulignant que seule l'information judiciaire permettra d'établir les responsabilités, Éric Ciotti estime que si ces accusations étaient confirmées, elles constitueraient « l'un des plus graves scandales politiques de la Ve République ».
Il affirme avoir été directement lésé durant la campagne et dit vouloir faire valoir ses droits afin que « toute la lumière soit faite » sur cette affaire.
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