C’est le principe des poupées russes : l’une cache l’autre.

 Mais cette fois le nouveau visage est ukrainien : après Xenia Fedorova, interdite de territoire français pour son action de propagandiste digne d’un agent prorusse dans les médias du groupe Bolloré, voici Iuliia Mendel.

 La jeune femme de 39 ans jouit d’une légitimité tout autre, que le Journal du dimanche n’oublie pas de mentionner en couverture de son édition du 2 août : « L’ex-porte-parole de Zelensky charge le président de l’Ukraine ».

Malin, le journaliste qui mène l'entretien omet de préciser que les deux années que l’experte en philologie a effectuées à la présidence sont bien antérieures au début de la guerre russo-ukrainienne

« Dès juin 2022, tout a changé. J’ai commencé à découvrir les mécanismes de corruption, les manipulations », se dresse celle qui n’était alors plus attachée de presse depuis bientôt un an.


Elle passe par ailleurs sous silence de préciser qu’elle a quitté son poste après de fortes tensions avec des journalistes ukrainiens, qui lui ont notamment reproché d'avoir bousculé physiquement l’un d’entre eux. 

Plus grotesque : celle qui aurait ouvert les yeux sur la corruption à partir de juin 2022 publie, le 13 septembre de cette même année, un livre intitulé Le combat de nos vies et sous-titré « Mes années avec Zelensky, la bataille de l'Ukraine pour la démocratie ».

 Le temps que la découverte infuse et que ses yeux s’habituent à la lumière, sans doute.


Une fake news sur l'addiction à la drogue de Zelensky ?

Dès l’élection de Donald Trump en 2024, celle qui s’est reconvertie dans le journalisme appelle à « mettre fin à la guerre » car « l’Ukraine s’affaiblit chaque jour ».

Une position politique qui n’en fait pas une seconde Fedorova, mais voilà que l’opposante à Kiev a changé de dimension : en mai 2026, la jeune femme au visage innocent est invitée en majesté dans le podcast de Tucker Carlson, soutien déçu de Donald Trump, hôte de Vladimir Poutine en 2024.

 Dans l’émission, Mendel déplore la corruption dans son pays – qui existe –, mais aussi le positionnement de Zelensky et… son addiction à la drogue, tout en avouant ne l’avoir jamais vu en consommer devant elle.


Et dans le JDD ? La dissidente assène que son ancien patron serait « devenu le principal problème de [s]on pays », évidemment, mais surtout qu’il demeure « le principal bénéficiaire de cette guerre » ; un « narcissique » à la tête d’une « autocratie ».

Si l’Ukraine n’est pas une paisible démocratie occidentale, les critiques du pouvoir semblent avoir voix au chapitre, comme le montrent les manifestations anti-Zelensky et discours d’opposants, qui rejettent aussi majoritairement à Iuliia Mendel.

 Quelques mois plus tôt, en janvier, elle affirmait qu’Andriy Yermak, ancien chef de cabinet du président ukrainien, pratiquait des rituels de magie noire avec de l’eau utilisée pour laver des cadavres. 


Même Xenia Fedorova n’osait pas.