REVUE DE PRESSE !
Faut-il boycotter les jeux de plateau du groupe Bolloré ?
La gauche morale en plein doute

Il y a quand même des métiers sympas.
Il est permis d’envier les journalistes de Gus & Co, un site spécialisé dans les jeux : critique de jeux, jeux vidéo, jeux de rôle, bar à jeux, etc.
C’est un secteur d’activité, un vrai avec des milliers de jeux, des millions d’aficionados, des géants mondiaux, une créativité sans fin.
Il y a de quoi dire, en s’amusant un peu.
Mais voilà, même à Gus & Co, il peut arriver qu’on se fasse des nœuds au cerveau.
Car il faut bien lutter contre le mal, même autour d'une table à jeu.
On peut ainsi lire, dans la rubrique « Jeux de plateau », un article à haute densité morale, sur une question qui obsède actuellement les Français : Faut-il boycotter les jeux de société dans l’orbite Bolloré ? Soudain, on ne joue plus.
« Dans la boîte, l’empire : Enquête sur Hachette Boardgames et Vincent Bolloré », annonce ce site spécialisé, façon roulement de tambour, sur une photo de Vincent Bolloré vu de trois quarts.
Le mal a un visage.
Bolloré risque de surgir comme un diable d'une boîte à jeu, monté sur ressort, traumatisant définitivement les jeunes de 7 à 77 ans qui s’apprêtaient à passer une soirée familiale sympa.
L’enfer était caché sous le couvercle.
Masochisme anti-Bollo
« Depuis l’affaire Grasset et le départ fracassant de nombreux auteurs et autrices, depuis surtout le geste du chanteur Dominique A – qui a annoncé, ce 28 avril, ne plus se produire à l’Olympia ni au Casino de Paris et boycotter les boutiques Relay –, une question remonte jusque sur nos tables de jeu, constate Gus & Co.
Faut-il, nous aussi, boycotter les jeux de société liés à l’écosystème Hachette/Bolloré ? »
Au diable, le conflit Iran-USA, l’effondrement économique et social de la France, peu importe la crise pétrolière !
On passe aux sujets lourds, aux pièges masqués.
« On achète une boîte de Tag Team pour poser des cartes et remporter la partie, poursuit le journal en ligne.
Pas pour financer une bataille culturelle.
Et pourtant, en 2026, la boîte ne tombe plus vraiment du ciel.
Nous voilà à remonter une chaîne capitalistique jusqu’à Bolloré. »
Mais l’ascension de la méphistophélienne chaîne capitalistique se mérite.
Il faut, auparavant, subir les détours d’une conscience torturée, teintée de jansénisme bien-pensant ou de masochisme anti-Bollo.
« Est-ce que signer un jeu chez un éditeur appartenant (de près ou de loin, on y reviendra plus bas) à Bolloré, c’est signer avec l’extrême droite ? », interroge le site.
Ben oui, c’est vrai, ça ! On n'y avait pas songé...
« Est-ce que jouer à un jeu de société édité par un éditeur appartenant (de près ou de loin, encore une fois) à Bolloré, c’est financer le RN ? » Aïe, bonne question de Gus & Co... à condition de prouver que Bolloré finance le RN, ce qui a échappé à la sagacité de BV pour l’instant, reconnaissons-le.
Alors, boycott ou pas boycott ? Ce n’est pas simple !
« La question pique, analyse le magazine en ligne.
Elle pique parce qu’elle touche à des jeux aimés, pas à des tracts.
Tag Team, Flip 7, Faraway, Oriflamme, Decrypto, Akropolis, It’s a Wonderful World, Zombie Kidz Evolution.
Des boîtes excellentes, souvent primées, portées par des auteurs, autrices, illustrateurs, illustratrices, développeuses, équipes éditoriales et boutiques qui n’ont rien demandé à personne. ».
De bons jeux, si on comprend bien, produits par des pros talentueux, sans doute pas tous financeurs du RN, mais employés dans l’orbite Bolloré.
Complexité, quand tu nous tiens...
Alors, on les boycotte, ces jeux Bolloré, oui ou non ?
Parce que le temps passe et on n'a toujours pas commencé la partie !
« Ne faites pas semblant de ne pas savoir ! »
« Oui, il y a des raisons sérieuses de refuser d’alimenter une concentration culturelle jugée dangereuse pour le pluralisme démocratique, répond Gus.
Non, tout mettre dans le même sac serait paresseux, et même injuste. »
Le pluralisme démocratique dépend donc de votre attitude face aux jeux de plateau Bolloré. Vertige.
Mais on n’en sort plus.
Comme on voudrait quand même savoir, on lit jusqu’à la fin.
La réponse arrive enfin en bout d'article et de patience…
« La réponse Gus & Co, si l’on veut la formuler sans enfiler les gants blancs : ne faites pas semblant de ne pas savoir ! » Ça fait mal.
Et ne vous cachez pas sous la table à jeu ! « Une fois la chaîne connue, chacun arbitre. Acheter d’occasion, emprunter, éviter de promouvoir, boycotter certains points, soutenir des indépendants, demander des clauses de conscience, poser des questions aux festivals, aux boutiques, aux éditeurs.
Tout cela vaut mieux que le silence poli. »
Et c’est ainsi qu’en refusant « le silence poli », le simple joueur en famille accède au statut de grand résistant à l’empire Bolloré, avec croix, médailles et satisfecit de la cousine LFI.
Faites des économies en achetant vos jeux de plateau d'occasion et contemplez devant votre miroir le profil d’un héros.
Le jeu en vaut la chandelle !
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