mardi 7 juillet 2026

MEETING : ÉDOUARD PHILIPPE L' ANCIEN PREMIER MINISTRE DE MACRON LANCE SA CAMPAGNE ........

 


 

 

[TRIBUNE] 

 

Édouard Philippe lance sa campagne et s’attarde sur ses mérites

 
L'ex-premier ministre tenait son premier meeting de campagne des présidentielles à Paris ce dimanche.
Capture d'écran Youtube Avec Edouard
Capture d'écran Youtube Avec Edouard

Il est dommage que le candidat d'Horizons n'ait pas atteint le premier de ses objectifs : remplir l'Adidas Arena plutôt que de laisser quelques places vides. 

Car le discours d’Édouard Philippe est incontestablement plus flamboyant que celui de Bruno Retailleau ; même s'ils ne présentent pas de différences fondamentales sur le fond : retour à l'ordre en France, souveraineté européenne, maintien de l'immigration, libéralisme économique. Rien d'étonnant, en fait !

 

Un curriculum vitae incomplet

L'ancien Premier ministre a longuement détaillé sa carrière en insistant sur deux aspects : l'élu local mais aussi, et surtout, le père de famille. 

C'est bien évidemment ce qui le différencie d'Emmanuel Macron mais aussi, et surtout, de Gabriel Attal : les intéressés auront certainement apprécié le crochet du droit de l'ancien boxeur. 

Mais que les deux cibles se rassurent : leur nom n'a pas été cité une seule fois ; à croire que le Président en exercice est encore René Coty. 

Il est vrai que seul le nom de Gérald Darmanin a été mentionné : l'avenir nous dira sans doute pourquoi.

Aidons maintenant M. Philippe à réparer une première omission : il a été membre du Parti socialiste de 1990 à 1992, de tendance rocardienne. 

Pourquoi a-t-il oublié cet engagement aux côtés du pape de l'autogestion ?

 

Autre pan de son amnésie : en 2011, il a été lauréat du programme « Young Leaders » de la French American Foundation. 

Serait-ce si gênant ?

 

L'énigme de la dette

Le candidat s'attarde sur ses mérites en tant que Premier ministre ; ce qui n'a pas manqué d'étonner les spécialistes. 

En effet, entre 2016 et 2020, la dette publique s'est accrue de 23 % et le déficit budgétaire de… 178 %. 

Cette période a, certes, vu arriver le Covid-19 ; mais il est quand même un peu osé d'affirmer que nos finances publiques n'ont pas dérapé dans l'intervalle.

 

Pour l'avenir, M. Philippe prévoit un serrage de vis, dont l'ampleur et le rythme ne sont cependant pas spécifiés. 

Et il envisage, à l'inverse, une accentuation de la politique de l'offre, c'est-à-dire une baisse des charges fiscales et sociales prélevées sur les entreprises.

 Mais alors, qui va payer l'addition ? 

Car le retour à l'équilibre budgétaire nécessitera une augmentation des impôts pour les autres contribuables.

Il a tout de suite annoncé qu'il solliciterait la solidarité des retraités, considérés comme des nababs, et qui seront les dindons de la farce. 

 

Il est vrai que les pensionnés s'y attendaient un peu, depuis qu’Édouard Philippe a dégradé leur situation fiscale en matière de CSG. 


 

Mais les salariés, dont l'âge de la retraite sera encore reculé, devraient être eux aussi mis à contribution.

 

Enfin, comment peut-on, en France, assener un discours-fleuve sans consacrer un seul mot à nos agriculteurs ?

 

 

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Pr Jean-Richard Sulzer
Agrégé des Facultés de l'Université Paris Dauphine. Président du Cercle national des économistes

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