Clichy : un colistier de la candidate LFI en prison pour avoir séquestré une jeune femme

On apprend, par Le Parisien, qu'un candidat figurant sur la liste LFI de Clichy a été incarcéré après avoir été jugé, jeudi, par le tribunal correctionnel de Nanterre pour avoir séquestré et soutiré de l’argent à une jeune femme, le 12 février dernier.
Il a été condamné à une peine de 30 mois de prison ferme pour séquestration et extorsion, à laquelle s’ajoutent 4 mois de révocation d’un sursis antérieur prononcé pour violences aggravées, précise le parquet de Nanterre.
À cette heure, on ignore si cet homme a fait appel.
Ibrahim D. absent lors du meeting avec Manuel Bompard
Selon le journal, Ibrahim D., 24 ans, qui se fait aussi appeler Blaky, a été jugé, avec deux complices, jeudi après-midi, à Nanterre, selon une procédure de comparution immédiate, pour des faits qui remontent au 12 février 2026.
Ce jour-là, Ibrahim D. se présente, avec deux autres hommes, à la porte du studio d’une résidence étudiante de Clichy.
La jeune femme a été poussée à l’intérieur du studio, frappée, séquestrée pendant plus d’une heure, puis emmenée, sous la menace d’un couteau, jusqu’au distributeur automatique de billets le plus proche.
Un long calvaire qu’elle racontera en détail aux fonctionnaires de police dès le lendemain, au moment de son dépôt de plainte.
La vidéosurveillance de la ville a permis aux policiers d’identifier les suspects et de les interpeller, mercredi, à leurs domiciles respectifs.
Parmi eux, donc, Ibrahim D., qui figure en 18e position sur la liste LFI. Placé en garde à vue, il était absent, mercredi soir, lors de la réunion publique de Léa Druet, qui recevait le soutien de Manuel Bompard, le coordinateur de La France insoumise.
[POINT DE VUE] À qui va profiter le naufrage de Mélenchon ?

À quinze jours du premier tour, le meurtre de Quentin par des membres de la Jeune Garde, affiliée à LFI, et la fuite en avant de Mélenchon jusqu'à son meeting de Lyon, jeudi 26 février, auront inévitablement des conséquences politiques sur les municipales, mais aussi sur la précampagne présidentielle.
Contrairement au souhait de Mélenchon de voir la page rapidement tournée, cette séquence constituera certainement un tournant politique majeur de l'Histoire politique récente.
PS et EELV sous pression
En effet, Mélenchon était devenu, depuis dix ans, le seul véritable leader et pôle d'attraction de la gauche, s'imposant avec sa rhétorique de tribun et ses scores à la présidentielle.
C'est lui qui organisait les NUPES et autres NFP et avait à sa botte les Tondelier, Faure, et même Hollande, tout ce beau monde soutenu par la Jeune Garde et soutenant Raphaël Arnault en 2024.
Si PS et EELV jouent, depuis quinze jours, le grand théâtre antifasciste, c'est que, menacés dans plusieurs grandes villes, comme Marseille ou Lyon, il leur fallait ménager LFI pour le second tour...
Mais voilà, depuis ce meeting de Lyon, jeudi soir, Mélenchon est devenu vraiment infréquentable.
Cette gauche rouge-verte qui s'était imposée par effraction lors des élections de 2020 marquées par le Covid-19 et une abstention historique devrait enregistrer un reflux dès le 15 mars.
C'est le cas à Lyon, où le maire EELV, qui a joué à outrance la complaisance pour LFI et sa Jeune Garde, serait nettement battu par Aulas, selon les sondages.
Le naufrage de Mélenchon : divine surprise pour les macronistes ?
Et pour Lecornu ?
Un Jean-Michel Aulas qui a maladroitement rappelé son affiliation macroniste lors du débat. Est-ce à dire que le macronisme finissant pourrait se refaire une santé sur la dépouille de LFI ?
Dans les villes où il s'est associé à la droite locale et à LR, ce n'est pas exclu : Lyon, donc, mais aussi, peut-être, Bordeaux.
Et comme le macronisme a peu de sortants, toute prise de ville sera considérée comme un succès.
Le cordon sanitaire anti-LFI, prôné par Jordan Bardella, pourrait ainsi permettre au centre macroniste de retrouver une certaine audience, attirant un centre gauche effrayé par la dérive mélenchoniste.
En particulier, l'opinion a été sensible à la leçon donnée par Lecornu, à l'Assemblée, à Mathilde Panot lui demandant de « faire le ménage » dans ses rangs.
Le Premier ministre semble en retirer un certain profit : selon un sondage Odoxa pour Le Figaro, il est plus populaire que Macron.
Pas très difficile, me direz-vous, mais il recueille tout de même 34 % de bonnes opinions (contre 21, seulement, à Macron).
Et surtout, il est désormais reconnu dans le petit vivier des candidats potentiels du bloc central.
Alors qu'Édouard Philippe dévisse dans l'opinion et pourrait même perdre sa mairie du Havre, et que Gabriel Attal se voit reprocher son choix de LFI contre le RN, Sébastien Lecornu devient un candidat crédible pour le bloc central, juste derrière eux, pour 30 % des Français.
Lecornu ne voulait pas de présidentiable dans son gouvernement : c'était une bonne stratégie.
À Nice et Marseille, avantage Ciotti et Allisio !
Si Lecornu paraît bénéficier de la dérive de LFI, les événements de ces quinze derniers jours semblent surtout conforter la dynamique de la droite nationale.
Le meurtre de Quentin et les outrances de LFI qui ont suivi ont souligné, en contraste, les acquis de la dédiabolisation du RN opérée par Marine Le Pen.
Dans les grandes villes où le RN et ses alliés étaient en position de challenger face à des maires sortants, des sondages indiquent pour la première fois qu'Éric Ciotti à Nice et Frank Allisio à Marseille pourraient l'emporter.
Cela commence à ressembler à une dynamique de fin de campagne alors que l'électorat commence à s'y intéresser de plus près.
Ciotti est donné à 41 % au premier tour, laissant Estrosi loin derrière, à 30 %.
Le meilleur arrive pour Nice ! pic.twitter.com/jtmU47dAbc
— Eric Ciotti (@eciotti) February 27, 2026
Même heureuse surprise pour Franck Allisio, qui semble profiter de la mauvaise prestation de Martine Vassal lors du débat qui a entraîné sa chute dans les sondages.
Dernier sondage Marseille
Pour la première fois, nous sommes donnés vainqueurs au 2nd tour !
Mobilisons-nous tous pour gagner et remettre Marseille en ordre pour des Marseillais heureux ! pic.twitter.com/qNe9FTNN4w
— Franck Allisio (@franckallisio) February 26, 2026
Certes, une élection n'est jamais jouée d'avance et des événements peuvent influencer le vote jusqu'au dernier jour, mais la dynamique de la droite nationale est bien réelle et pourrait même créer de mini-surprises à Paris, avec Sarah Knafo, et à Lyon, où le candidat UDR Alexandre Dupalais, inconnu jusqu'alors et donné à seulement 6 %, a été la révélation du débat de mardi soir.
Difficile de croire que les sages Lyonnais, après le meurtre de Quentin et la logorrhée délirante de Mélenchon, ne se mobilisent pas, les 15 et 22 mars.
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