lundi 21 septembre 2026

LE SOLEIL NOUS VIENDRAI-T-IL DU NORD-EST ALLEMAND ? L' AFD DOUBLE SON SCORE DE 2021. !

 


 

 

L’AfD double son score de 2021 dans le nord-est allemand

Shutterstock

Selon les estimations de l’audiovisuel public allemand publiées dimanche soir 20 septembre, l’Alternative für Deutschland (AfD) est arrivée en tête de l’élection régionale du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, Land côtier de l’ancienne RDA, avec environ 38 % des voix. 

Le SPD de la ministre-présidente sortante Manuela Schwesig est donné autour de 35 %. 

Les deux formations étaient au coude-à-coude dans les derniers sondages.

Les hautes estimations de l’ARD et du ZDF, actualisées dans la soirée, plaçaient l’AfD entre 37,9 % et 38,3 %, le SPD entre 35,4 % et 35,7 %, Die Linke autour de 6,5 %, les Verts entre 5,4 % et 5,7 %.

 La CDU du chancelier Friedrich Merz oscillait autour du seuil de 5 % — 5,0 % puis 4,9 % selon les dernières projections — et risquait de quitter le Landtag de Schwerin. 

Le BSW était dans la même zone, autour de 4,8-4,9 %.

La participation, en forte hausse, était estimée entre 77 % et 79 %, contre 70,8 % en 2021.

 

En 2021, l’AfD avait obtenu 16,7 % dans ce Land. 

Elle a donc plus que doublé son score. 

Le SPD recule par rapport à ses 39,6 % d’alors, tout en limitant la casse grâce à la popularité personnelle de Manuela Schwesig. 

La CDU s’effondre par rapport à ses 13,3 % de 2021.

 

Un succès de scrutin, pas encore un succès de gouvernement

À Schwerin, cadres et militants de l’AfD ont célébré le résultat. 

Enrico Komning, secrétaire général du groupe AfD au Bundestag, venu pour la soirée électorale, a parlé d’un résultat « vraiment éclatant ».

 Le candidat au poste de ministre-président, Leif-Erik Holm, a estimé que la mission de former un gouvernement régional revenait à son parti, tout en reconnaissant que ce serait difficile. 

Il a appelé les autres formations à se montrer « ouvertes au dialogue ».

Le « pare-feu » — le consensus des autres partis de ne pas gouverner avec l’AfD — n’a pas été levé. 

La coalition sortante SPD-Linke n’a plus de majorité à elle seule. 

En revanche, un attelage SPD-Linke-Verts serait arithmétiquement possible si les Verts franchissent bien les 5 %. 

Manuela Schwesig a indiqué qu’elle se tenait prête à former un « gouvernement démocratique stable » et a souligné que la majorité des électeurs s’était portée sur d’autres partis que l’AfD.

 

La carte des circonscriptions, selon les premiers dépouillements repris par la presse allemande, s’est largement colorée aux couleurs de l’AfD, hors de plusieurs villes (Rostock, Wismar, Schwerin, Greifswald, Neubrandenburg) où le SPD a résisté. Schwesig a même dépassé 50 % des premières voix dans sa circonscription de Schwerin I.

 

Berlin le même jour : Die Linke devant, l’AfD en nette hausse

Un autre scrutin se tenait dimanche dans la capitale-État de Berlin. 

Die Linke, menée par Elif Eralp, est arrivée en tête selon les estimations, autour de 25-25,6 %. 

La CDU, jusqu’ici aux commandes de la ville, recule vers 19 %. 

L’AfD progresse fortement : autour de 16 %, contre 9,1 % en 2023. 

Les Verts sont donnés vers 14 %, le SPD vers 12 %.

Une majorité de gauche (Linke-Verts-SPD) y est envisageable.

 

Friedrich Merz, apparu à la télévision, a promis de rester à la tête du gouvernement fédéral malgré cette nouvelle série de défaites régionales. 

Dans un bar de Schwerin, selon l’AFP, l’apparition du chancelier a été accueillie par des rires et des quolibets. 

Le député AfD Jan-Phillip Tadsen a imputé l’effondrement de la CDU à sa « position sur l’immigration » et aux « promesses non tenues » de Merz. 

« Les temps changent en Allemagne », a-t-il ajouté.

 

Le précédent de la Saxe-Anhalt

Deux semaines plus tôt, le 6 septembre, l’AfD avait déjà remporté le Land de Saxe-Anhalt avec 43,8 % des secondes voix, sous la conduite d’Ulrich Siegmund, et 39 sièges sur 83. 

Il lui en manquait trois pour l’absolue majorité. 

La CDU y était tombée à 17,2 %.

 Siegmund a depuis évoqué la possibilité de former un exécutif d’ici la fin de l’année, y compris en s’appuyant sur des élus isolés, sans qu’aucun accord n’ait été officialisé.

Dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale comme en Saxe-Anhalt, le schéma est donc le même pour l’instant : l’AfD devient la première force électorale à l’Est, les autres partis refusent de gouverner avec elle, et la formation d’un exécutif dépend d’alliances de barrage. 

Le résultat définitif du 20 septembre, et surtout le décompte des sièges — y compris le sort de la CDU et du BSW autour des 5 % — dira si ce barrage tient aussi dans les urnes du Landtag 

 

L'actualité internationale et les enjeux géopolitiques ont une grande influence sur la vie des Français.

 Pour cette raison, le Journal des Français fournit à ses lecteurs une relation et une analyse des événements internationaux les plus importants.

 

Vous lisez cet article parce qu'il est d'accès entièrement gratuit, offert à tous les lecteurs

D'autres articles sont réservés à nos abonnés.

En choisissant de vous abonner, vous permettez à la presse non-subventionnée d'exister et de vous informer avec un regard libre sur les événements internationaux.

5€/mois — petits revenus

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire