REVUE DE PRESSE
La France n’est pas en guerre au Moyen-Orient.
Et pourtant…

Vendredi dernier, la plupart des chefs de partis politiques et des candidats à l'élection présidentielle ont été reçus par le président de la République pour être informés de l’ensemble des menaces et des risques qu’encourt la France au plan international et militaire.
Il ressort de la situation actuelle que, concernant les deux grands conflits en cours, la France ne fait la guerre ni à la Russie en Europe ni à l’Iran au Moyen-Orient.
Pour l'instant...
La France ciblée
Depuis le 28 février dernier, la France, comme du reste l’ensemble des pays occidentaux, s’est démarquée de l’offensive aérienne déclenchée par les États-Unis et Israël contre l'Iran.
Pourtant, elle se retrouve ciblée par les milices pro-iraniennes en Irak et au Liban, où deux de ses sous-officiers et un de ses soldats ont été tués, plusieurs autres blessés.
On notera, d'ailleurs, que la France ne bénéficie pas de faveurs particulières de la part du régime de Téhéran pour ce qui concerne, par exemple, ses importations pétrolières.
La présence dans la région, de mars à début juillet, du porte-avions Charles-de-Gaulle n’a, rétrospectivement, ni fait évoluer la situation sur place, ni apporté une amélioration quelconque de la situation économique mondiale.
Le détroit d’Ormuz reste pour l’instant fermé au gros du trafic naval mondial et, la semaine dernière, les Houthis se sont arrogés la maîtrise du détroit de Bab el-Mandeb, ce qui aggrave encore les choses.
Ni la France ni, plus généralement, les Européens ne semblent actuellement préparer une réaction notable. Néanmoins, l’Italie de Giorgia Meloni, dont un avion militaire vient d’être détruit[1] par un drone houthi sur une base saoudienne, paraît vouloir faire évoluer la situation.
En effet, le ministre de la Défense italien, Guido Crosseto[2], appelle l’Europe à renforcer sa présence navale en mer Rouge pour y protéger davantage la circulation maritime.
Vers une plus grande implication de la France ?
La France, à l’instar des autres pays européens, même si elle n’a déclaré la guerre ni à l’Iran ni aux Houthis du Yémen, se retrouve donc impliquée et ciblée, dans la mesure où ses troupes présentes dans la région (notamment aux Émirats arabes unis) incarnent une présence occidentale, « néocolonialiste » pour certains des acteurs locaux, qui devrait se solder par leur départ et l’abandon des monarchies avec lesquelles ont été signés de nombreux et juteux contrats commerciaux, dont d’armement.
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Toutefois, face à l’impéritie des armées locales, pourtant suréquipées, la France et ses alliés pourraient être amenés à s’impliquer davantage, au moins dans leur défense antiaérienne, et peut-être même dans les opérations terrestres en cours, notamment en Arabie saoudite et au Yémen.
Cela n'est pas encore à l’ordre du jour, du moins officiellement, mais pourrait être envisagé à moyen ou même court terme, si la milice houthie continue de menacer la stabilité de la monarchie saoudienne
. Bref, la France pourrait, contre son gré, être impliquée dans la guerre millénaire entre chiites et sunnites dans une région particulièrement inflammable et dont la stabilité a une conséquence directe sur la viabilité de notre économie encore très dépendante des hydrocarbures.
À suivre.
[1] Les autorités italiennes ont déclaré qu'il n’y a pas eu de militaire italien tué ou blessé.
[2] Cofondateur du mouvement Fratelli d’Italia avec Giorgia Meloni. Il est même surnommé par certains le « Lord protecteur » de cette dernière.



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