
"Je ne crois plus au hasard" : avant son jugement, Marine Le Pen clarifie sa position et met la pression sur les juges
La grande explication
Marine Le Pen a dévoilé, ce mercredi 1er juillet au soir sur LCI, sa position après le jugement en appel, attendu mardi prochain, qui confirmerait ou non sa peine d'inéligibilité.
Mardi prochain, le 7 juillet, marquera le vrai départ de la campagne en vue de l'élection présidentielle 2027.
Ce jour, le couperet judiciaire va tomber dans l'affaire, jugée en appel, des assistants parlementaires européens du Front national — l'ancien nom du Rassemblement national (RN) — et Marine Le Pen, menacée de voir sa peine d'inéligibilité confirmée, sera fixée sur son sort.
Aussi, chacun fait ses pronostics et, au sein du RN, échafaude les différents scénarios... sans avoir, jusqu'à ce mercredi 1er juillet au soir, la moindre indication de la part de la principale concernée.
Ces derniers jours en effet, Marine Le Pen maintenait le suspense sur ce qu'elle ferait, même auprès de ses proches.
Ce mercredi soir sur LCI, elle est enfin sortie de son silence.
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À six jours de son jugement en appel, elle a affirmé ne « pas avoir peur » de la décision de la cour d'appel.
« Quoi qu'il arrive je ne serai pas morte, quoi qu'il arrive je continuerai à mener le combat pour mes idées », a-t-elle affirmé même si elle a reconnu que la privation d'une quatrième candidature à l'Élysée serait « incontestablement une souffrance ».
LA BALLE DANS LE CAMP DES JUGES
Condamnée en première instance à cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate, pour détournement de fonds, la députée RN encourt la même sanction en appel.
Pour espérer pouvoir participer une nouvelle fois à la course à l'Élysée, il faudrait que la sentence soit réduite à deux ans ou moins d'inéligibilité.
Mais elle encourt également quatre ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique.
Une contrainte dissuasive à ses yeux : « S'il s'agit de m'autoriser à être candidate, mais de m'empêcher en réalité de mener une campagne tout à fait librement, vous entendez bien que ça ne sera pas possible. »
Et de développer : « Quand on est un candidat à la présidentielle, il faut être totalement libre de ses mouvements (...)
Je ne peux dépendre d'un magistrat pour m'autoriser à aller faire un meeting à Romorantin ou aller sur un marché à Hénin-Beaumont. »
Fixant elle-même les conditions de sa candidature, Marine Le Pen s'en remet donc à ses juges, et leur renvoie au passage leur lourde responsabilité : « Ça ne dépend plus de moi (...) Je mesure le poids qui doit peser aujourd'hui sur les épaules des magistrats. »
Bravache, Marine Le Pen affirme avoir la « peau dure ». « Si quelqu'un cherche à me tuer, il a intérêt à avoir une lame bien aiguisée », a-t-elle ajouté avant d'évoquer le pire scénario.
Si sa peine est confirmée ou aggravée, son dauphin Jordan Bardella, président du RN, portera les couleurs du parti à cette élection.
LE PEN S'ESSAIE EN PORTE-FLINGUE DE BARDELLA
Un remplaçant lui-même visé par ses propres soupçons d'emploi fictif et de dépenses irrégulières à Bruxelles, objets cette semaine d'une nouvelle plainte et de perquisitions dans plusieurs pays.
De quoi gêner sa possible entrée en campagne.
« Je ne crois plus au hasard » concernant ces procédures judiciaires à moins d'un an de la présidentielle, a réagi Marine Le Pen.
Interrogé sur sa capacité à laisser le champ libre à Jordan Bardella, Marine Le Pen a assuré avoir tiré les leçons de sa toute première candidature à la présidentielle quand son père, Jean-Marie Le Pen, était encore « extrêmement présent dans (ses) décisions ».
« Je ne ferai pas la même chose à Jordan », a-t-elle insisté après avoir lancé : « Je laisse Jordan absolument, totalement libre. »
Et, peut-être pour prouver sa bonne foi, elle est même montée au créneau pour défendre son remplaçant pour sa relation avec la princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, lâchant face caméra : « Foutez-leur la paix. »
Source : Marianne avec AFP

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