REVUE DE PRESSE !
Ils appellent ça « zones grises de l’information » : le Sénat et le syndicat des journalistes bricolent leur ministère de la Vérité avant 2027
Il fallait oser l’expression. « Zones grises de l’information » : voilà comment le Sénat baptise pudiquement tout ce qui échappe encore aux médias subventionnés, aux plateaux permanents et aux éditorialistes agréés.
Adopté à l’unanimité le 8 juillet par la commission de la culture, le rapport de Laurent Lafon, Agnès Evren et Sylvie Robert — centriste, LR, PS, l’arc habituel de ceux qui n’ont jamais gagné une bataille culturelle mais adorent en réglementer les règles — aligne 56 recommandations.
Officiellement pour « lutter contre la désinformation ».
Concrètement pour décider qui a le droit d’être vu, entendu, financé. Et surtout : avant 2027.
L’ennemi intérieur, cette notion qu’on se garde bien de définir
Tout le dispositif repose sur une trouvaille : la « manipulation d’origine interne » de l’information.
Jusqu’ici, Viginum traquait l’ingérence étrangère — le Russe, le troll de Saint-Pétersbourg, la ficelle commode. Le problème, c’est que le rapport l’admet lui-même : Viginum n’a aucune compétence sur les manipulations « d’origine interne », et « il n’existe aucun service équivalent » pour s’en occuper.
Traduisez : il manquait un outil pour surveiller les Français eux-mêmes. Le voilà.
Et nulle part — nulle part — le rapport ne dit ce qu’est cette fameuse menace interne.
Pas de définition, pas de critères, pas de bornes. Juste un futur observatoire « alimenté par la société civile » (comprendre : les associations et les chercheurs déjà installés dans le camp du bien) capable d’inciter les plateformes à trafiquer leurs algorithmes ou à « invisibiliser un utilisateur fautif » en cas de « menace grave pour la qualité de l’information ».
` Qui décide de la gravité ? Eux.
Qui définit la qualité ? Eux.
Le flou n’est pas un défaut du texte : c’est sa fonction.
Une catégorie assez vague pour y ranger, le moment venu, une personnalité, un média, un courant d’opinion qui aurait le mauvais goût de percer sans autorisation à quelques mois du scrutin.
Le SNJ rédige, le Sénat signe
Le plus savoureux, c’est que le principal syndicat de journalistes mainstream ne s’en cache même pas.
Dans son communiqué de victoire, le SNJ se félicite que « certaines » de ses revendications aient été « directement reprises » par les sénateurs.
On a connu séparation des pouvoirs plus stricte.
Le secrétaire général du syndicat, auditionné en mars, a soufflé ses idées ; les sénateurs les ont couchées dans un rapport officiel ; et l’on voudrait maintenant les graver dans la loi.
Mesure phare : annexer les chartes déontologiques — celle du SNJ en tête, exhumée de 1918 — à la convention collective des journalistes, pour leur donner « force de loi ».
Un syndicat minoritaire imposant sa catéchèse à toute une profession, y compris à ceux qui n’en veulent pas : voilà ce qu’on appelle, dans le patois du moment, « remettre la déontologie au cœur du métier ».
Le kiosque à journaux remplacé par l’algorithme d’État
Le reste est à l’avenant. Les sénateurs veulent que les pouvoirs publics désignent des « services d’intérêt général » — des médias que YouTube, TikTok et Instagram seraient forcés de pousser en tête de leurs recommandations.
D’un côté les élus du régime, promus par décret algorithmique et arrosés d’argent public.
De l’autre, tous les autres, renvoyés à l’ombre.
Les créateurs à forte audience jugés « à risques sérieux » — encore une notion soigneusement laissée dans le vague — passeraient sous la férule de l’Arcom, comme une chaîne de télé.
Le message est limpide : vous voulez de l’audience sans carte de presse ni bénédiction officielle ? L’Arcom vous attend.
Et pour financer ce beau monde, les sénateurs ont trouvé mieux qu’une taxe : les amendes.
Un compte spécial serait alimenté par les sanctions de la Cnil et de l’Arcom, puis reversé à la « bonne » presse.
Autrement dit, les autorités qui punissent les mauvais élèves financent directement les bons.
Le régulateur devient caissier.
On sanctionne d’une main, on subventionne de l’autre, et l’on appelle ça pluralisme.
Rendez-vous à la rentrée, la présidentielle en ligne de mire
Les rapporteurs ne prennent même plus la peine de dissimuler le calendrier.
Une proposition de loi tombera dès la rentrée, et certaines mesures devront produire leurs effets « avant les élections présidentielle et législatives ».
Voilà donc l’objectif final, énoncé sans fard : disposer, avant 2027, des moyens de réduire la visibilité de qui il faudra, quand il le faudra.
Sous couvert de protéger le débat démocratique, on installe précisément l’inverse — une administration politique de ce que les Français ont le droit de lire. Ils l’appellent « assainir les zones grises ».
Le pays libre appelait ça, autrefois, la liberté de la presse.
Crédit photo : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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