TRIBUNE LIBRE !
Lyhanna, le manque de moyens, les agriculteurs
et comment on nous prend pour des cons
[L’Agora]
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- Audrey
Depuis la mort de Lyhanna, beaucoup de choses ont été dites.
À chaque nouveau drame, toujours les mêmes.
Mais il y en a une qui commence vraiment à bien faire, c’est l’excuse du « manque de moyens ».
Quiconque s’intéresse un tant soit peu aux fameux « faits divers » qui meurtrissent des familles et la France à une fréquence toujours plus vertigineuse connait l’existence des trois cents dossiers en attente d’être examinés sur le bureau d’un juge qui ne trouvera le temps d’en étudier que 30.
C’est là, l’un des thèmes de prédilection de Xavier Raufer qui ne cesse de dénoncer l’état piteux de notre système judiciaire et son urgence absolue.
Oui mais…
Les « dysfonctionnements » – et je m’excuse d’employer ce mot-valise, ce mot-excuse, cet infâme euphémisme qui a coûté la vie à un enfant – des institutions autour de l’affaire Lyhanna sont crasses, entre classement sans suite de plaintes antérieures ; non-audition du principal suspect malgré des antécédents récurrents en la matière ; non application par la procureure d’Auch de la circulaire du Garde des Sceaux exigeant un traitement prioritaire des violences sexuelles sur mineurs ; non-prise en compte du fichier Cassiopée, le fichier national de la justice qui répertorie tous les antécédents judiciaires, qui n’a déclenché aucune alerte pour les magistrats.
À chaque nouvelle tragédie, on fait la liste des carences judiciaires, toujours aussi macabre et révoltante puisque c’est toujours le sempiternel manque de moyens qui est invoqué.
Manque de moyens à géométrie variable
Mais cette réalité du manque de moyens a bon dos.
L’appareil judiciaire, certes défaillant, fait des petits miracles quand il se les donne, ces moyens.
Cela, Lionel Candelon, un agriculteur de la Coordination rurale du même département de la tragédie de Lyhanna, nous le rappelle au micro de Sud Radio :
« Moi je vous garantis que la justice du Gers, le parquet de Auch a des moyens considérables, des moyens lunaires !
En l’espace de moins d’un an, j’ai fait l’objet de quatre auditions, dont deux pour des posts facebook ! »
Comme à vouloir dire : quand on veut, on peut.
Tout dépend des priorités qu’on se donne et clairement, le viol des enfants passe après des publications Facebook de dissidents.
On pourrait bien entendu multiplier les exemples d’une justice à deux vitesses qui agit avec la plus grande célérité pour museler les agitateurs politiques et qui prend son temps lorsqu’il faut protéger les enfants (pour ensuite aller chialer au manque de moyens), mais ce serait banal, et nos lecteurs n’ont pas besoin de lire des banalités qu’ils connaissent bien.
Insupportable posture
De Darmanin à Macron, insupportable aussi, est la posture de nos dirigeants.
Ils font tous dans la surenchère de mots pour rendre compte de leur soi-disant effarement après le dernier drame évitable, et puis rien.
Comme si le manque de moyens d’un des pays des plus puissants au monde, qui compte 3 procureurs pour 100 000 habitants, quand la moyenne européenne est de… 12, datait d’hier.
On nous annonce en grande pompe l’ouverture d’une enquête administrative, ordonnée par les ministres de l’Intérieur et de la Justice pour identifier les responsabilités autour du meurtre de cette petite fille.
Encore de la posture puisque tous savent qu’il n’arrive jamais rien à cette caste d’intouchables, et que quand bien même une ou deux têtes seraient sacrifiées sur l’autel du mécontentement populaire – il faut bien filer des brioches au peuple – le système qui permet aux magistrats de dormir tranquilles après avoir pris des décisions qui défient l’entendement, massacrent ultérieurement les victimes et plongent toute la société dans l’insécurité, a de beaux jours devant lui.
Puisque, rappelons-le, l’insécurité, c’est tout bénef pour le pouvoir.
Notre collègue Armand Le Gall écrivait :
« La magistrature française est peut-être la seule profession dans ce pays où l’on peut commettre des erreurs professionnelles graves — avec des conséquences mortelles — sans jamais être personnellement responsable devant la loi. »
Mais petit à petit, drame après drame, nos compatriotes prennent conscience qu’il ne peut en être ainsi.
Combien de temps encore ce système va-t-il pouvoir encore nous prendre pour des cons, telle est la question.
Si la justice était aussi efficace pour poursuivre les prédateurs sexuels qu’elle l’est pour censurer ou condamner certains influenceurs, combien de drames auraient pu être évités ?
Assez de cette justice aberrante ! pic.twitter.com/134Vlx0C4V
— Nicolas Dupont-Aignan (@dupontaignan) June 6, 2026
Par Audrey D’Aguanno
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
ET AUSSI
Il y a des chiffres qu’on célèbre et d’autres qu’on tait.
Celui-ci appartient à la seconde catégorie : en 2026, les femmes représentent 72 % des magistrats français.
Pas 52 %. Pas 55 %. 72 %.
Et le ministère de la Justice, loin de s’en inquiéter, déploie des programmes pour porter ce chiffre encore plus haut, les 43 % de postes de chefs de juridiction occupés par des femmes étant jugés insuffisants.
Dans n’importe quel autre contexte, un déséquilibre aussi massif dans une institution régalienne déclencherait une alarme démocratique.
Ici, il fait l’objet de communiqués de félicitations.
Parce que le déséquilibre va dans le bon sens idéologique.
L’hyper féminisation de la magistrature française est l’une des plus profondes transformations sociologiques de l’État depuis les années 1970.
1946 : les femmes accèdent à la magistrature
1950 : 5 %
1970 : 20 %
1980 : 35 %
1990 : 50 %
2000 : 60 %
2010 : 65 %
2020 : 69 %
2026 :… pic.twitter.com/d4MBgrSiKa— Geronimus lll 🇨🇵 (@Geronimuslll) June 7, 2026
Une transformation sans précédent, menée sans débat
La progression est vertigineuse.
En 1946, il n’y a qu’une seule femme magistrate en France.
En 1950 : 5 % du corps.
En 1970 : 20 %. En 1990 : 50 %.
En 2000 : 60 %. En 2010 : 65 %.
En 2026 : 72 %.
En moins de quatre-vingts ans, une profession historiquement masculine s’est transformée en profession à très large majorité féminine — sans que personne n’ait jugé utile de demander leur avis aux justiciables, c’est-à-dire à l’ensemble des Français qui subissent chaque jour les décisions de cette institution.
Ce n’est pas un hasard.
C’est le résultat d’une politique délibérée.
L’ENM forme depuis des décennies des promotions où les femmes sont majoritaires, sélectionnées par des concours écrits qui favorisent structurellement les profils littéraires et scolaires — profils dans lesquels les femmes excellent davantage en moyenne, non par supériorité intellectuelle, mais par orientation culturelle et scolaire différenciée.
Le vivier se féminise, la profession se féminise, et personne ne pose la question de savoir si c’est souhaitable pour l’équilibre d’une institution chargée de juger toute la société.
La justice a changé. Cherchez la corrélation.
Depuis les années 1980 — précisément la période où la féminisation de la magistrature s’emballe — la philosophie pénale française a connu une mutation profonde et documentée : recul de la sanction, primauté de la réinsertion, contextualisation systématique des actes criminels, multiplication des aménagements de peine, abandon progressif de toute logique dissuasive.
Les chiffres sont là.
Entre 2000 et 2023, le taux d’emprisonnement ferme pour les délits a reculé de façon continue.
Les peines plancher, instaurées en 2007 sous Sarkozy pour les récidivistes, ont été supprimées en 2014.
Les tribunaux correctionnels prononcent aujourd’hui majoritairement des peines aménagées ou avec sursis, y compris pour des profils multi-condamnés.
En 2022, sur 563 000 condamnations prononcées en France, moins de 13 % ont donné lieu à une incarcération effective.
Pendant ce temps, les faits divers s’accumulent : agresseurs relâchés qui récidivent dans les semaines suivant leur remise en liberté, auteurs de violences graves condamnés à des travaux d’intérêt général, prédateurs sexuels bénéficiant de sursis au motif de leur « fragilité psychologique ».
Chaque affaire déclenche un tollé.
Chaque tollé est suivi d’oubli.
Et les mêmes décisions continuent.
Attribuer cette évolution au seul déséquilibre de genre serait simpliste.
Les causes sont multiples : influence de la criminologie progressiste dans la formation des magistrats, pression des instances européennes, idéologie des droits de l’homme détachée de toute considération pour les droits des victimes, engorgement des prisons utilisé comme prétexte permanent.
Mais prétendre que la sociologie du corps judiciaire — sa composition, sa culture, ses biais collectifs — n’y contribue pas serait intellectuellement malhonnête.
Le traitement judiciaire des divorces : un angle mort du débat public
C’est peut-être dans le contentieux familial que les effets du déséquilibre sont les plus immédiatement visibles — et les plus systématiquement occultés.
En France, 80 % des gardes exclusives après divorce sont attribuées aux mères.
Les pensions alimentaires impayées par les pères font l’objet de poursuites pénales ; les droits de visite bafoués par les mères sont rarement sanctionnés avec la même vigueur.
Les associations de défense des droits des pères — SOS Papa, Mouvement du Nid, collectifs de pères isolés — documentent depuis des années des décisions de justice qui semblent moins arbitrer un conflit entre deux parents qu’avaliser un modèle culturel où la mère est présumée meilleure gardienne par défaut.
Un tribunal composé à 72 % de femmes, jugeant des litiges familiaux dans un contexte culturel saturé par des décennies de féminisme institutionnel, offre-t-il réellement les mêmes garanties d’impartialité à un père qu’à une mère ?
La question est légitime. Elle est taboue.
« La robe est unisexe » : l’argument qui ne tient pas
Face à ces interrogations, la réponse institutionnelle est invariable. Isabelle Raynaud-Gentil, présidente de l’association Femmes de justice, l’a formulée avec une franchise désarmante : « La robe que nous portons est unisexe.
Elle met à distance l’homme ou la femme. »
C’est une profession de foi.
Ce n’est pas une démonstration.
Les sciences cognitives ont établi depuis longtemps que nul juge — quel que soit son sexe, sa culture, son parcours — n’est exempt de biais inconscients.
C’est précisément ce que reconnaît l’ENM elle-même, qui organise des formations sur les « biais genrés » à destination de ses auditeurs.
Autrement dit : l’institution admet que le genre produit des biais, forme ses magistrats pour les « déconstruire » — et dans le même temps affirme que la composition genrée du corps judiciaire n’a aucune incidence sur ses décisions.
On appréciera la cohérence.
La réalité est plus simple : un corps professionnel massivement homogène — qu’il soit homogène en genre, en origine sociale, en formation ou en sensibilité politique — tend à produire une culture commune, des réflexes partagés, des angles morts collectifs.
C’est une loi sociologique élémentaire.
Elle s’applique à la magistrature comme à n’importe quelle autre institution.
L’accusé a un sexe. La victime aussi.
Derrière les statistiques se trouvent des visages.
Des hommes — car les hommes représentent environ 75 % des personnes poursuivies devant les tribunaux correctionnels — jugés majoritairement par des femmes, dans une culture judiciaire qui a progressivement substitué la compréhension des parcours à l’évaluation des actes.
La victimisation systémique des auteurs d’infractions — leur enfance difficile, leur précarité, leur parcours de souffrance — est devenue un passage obligé du rituel judiciaire français.
Elle est présentée comme une marque de sophistication humaniste.
Pour les victimes réelles, celles qui ont subi les coups, les viols, les vols, les agressions, elle ressemble davantage à une double peine : d’abord subir le crime, ensuite assister à l’atténuation de la responsabilité de celui qui l’a commis.
Ce glissement n’est pas sans lien avec une sensibilité culturelle spécifique — celle qui, depuis des décennies, domine la formation des magistrats, les manuels de criminologie, les colloques de l’ENM.
Une sensibilité qui n’est pas neutre, qui n’est pas universelle, et qui s’est imposée précisément pendant la période où la féminisation du corps judiciaire s’accélérait.
Le débat interdit
Dire tout cela en France en 2026 expose à être qualifié de sexiste.
C’est le mécanisme habituel : transformer une question d’équilibre institutionnel en procès d’intention personnel, pour s’éviter d’y répondre.
Pourtant, la question est simple : une démocratie peut-elle se satisfaire qu’une institution aussi fondamentale que la justice soit composée à 72 % de membres d’un seul sexe ?
Accepterait-on le même déséquilibre en sens inverse ?
Et si la réponse est non dans un cas, pourquoi serait-elle oui dans l’autre ?
La cohérence intellectuelle commande de poser ces questions. La correction politique commande de les taire.
En France, depuis trop longtemps, c’est la seconde qui l’emporte.
Les Français, eux, ont leur réponse. Ils la donnent chaque jour, dans leur défiance croissante envers une institution judiciaire qu’ils perçoivent comme déconnectée de leurs réalités, indulgente avec ceux qui les menacent, et sourde à ceux qu’ils ont désignés comme victimes.
Cette défiance n’est pas irrationnelle.
Elle est le symptôme d’une transformation sociologique profonde que personne, dans les palais de justice, ne veut regarder en face.
Par YV
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URGENT LYHANNA - Plus jamais ça !!
Courriel de Pierre-Marie Sève - Institut pour la Justice : URGENT LYHANNA - Plus jamais ça !!
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