LE COUP DE GRIFFE DU JOUR !
[CHRONIQUE]
Jusqu’à quand, Emmanuel, abuseras-tu de notre patience ?

Tous les latinistes connaissaient la fameuse exhorte de Cicéron en ouverture des Catilinaires : « Quousque tandem Catalina, abutere patienta nostra … »
Ce morceau d’éloquence s’appliquerait aujourd’hui si bien à Emmanuel Macron. Jusqu'à quand, en effet, abusera-t-il de notre patience ?
Rapetisser la France
En tournée en Afrique, ce Président sans majorité a égrené les déclarations dont il a secret et qui semblent ciselées pour rapetisser la France.
Ainsi à Alexandrie, le 9 mai dernier, a-t-il proclamé : « L’épicentre du français se trouve aujourd’hui dans le bassin du Congo, et non sur les quais de la Seine, car c’est là qu’il y a le plus de locuteurs. »
Il oublie seulement deux choses essentielles :
- D’abord, qu’une langue est l’expression d’une culture, le moyen d’exprimer une réflexion, de chanter une chanson, de réciter une poésie qui manifestent une culture particulière.
La langue française est donc intimement liée aux bâtisseurs de cathédrales, aux sculptures d’Houdon ou de Rodin, non aux sculpteurs de masques africains ; à la musique de Josquin des Prés, Rameau, Berlioz ou Ravel, non à la mélopée envoûtante des tam-tams ; à la littérature du Roman de Renart, de Pascal, Molière, Balzac, Péguy, Céline, Déon… non à la récitation de contes par un vieil homme assis sous un arbre au milieu du village.
- Ensuite, que le point central d’un phénomène, notamment pour une langue, ne dépend pas d’une donnée quantitative mais de son berceau originel.
Si les six pays qui bordent le bassin du fleuve Congo représentent environ 77 millions de francophones, ce n’est pas cela qui en fait l’épicentre de la langue française.
Cette francophonie est un héritage et un don de la colonisation française qui a permis de rendre plus universelle l’expression des cultures africaines et de mieux les révéler au monde.
Macron, prisonnier de l'idéologie multiculturelle
Le raisonnement présidentiel est donc tout aussi vicieux que vicié.
Mais il n’en a évidemment cure, car il ne s’agit pas de décrire la réalité mais d’assener une affirmation idéologique.
Sur cette lancée, à l’occasion du forum Africa Forward à Nairobi le 12 mai, il a déclaré, à l’intention des diasporas africaines en France et des binationaux : « Vous êtes totalement française et français et totalement algériens, marocains, nigérians, béninoises, kenyans... »
S’il connaissait les Évangiles, il saurait que « nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre » (Matthieu 6, 24-34). « Vous êtes 100 % française et 100 % algérienne », a-t-il lancé à une interlocutrice, en contradiction totale avec le roi du Maroc Hassan II qui déclarait, à propos des Marocains en France : « Ils ne seront jamais 100 % français » (entretien du 14 mai 1993).
Emmanuel Macron est prisonnier de l’idéologie multiculturelle et mondialiste.
Il ignore le poids des antagonismes de civilisation, notamment avec l’islam qui s’est construit contre la chrétienté.
Même si l’Europe est largement déchristianisée, toute sa civilisation est irriguée en profondeur par le christianisme et il y existe une incompatibilité radicale entre ces deux systèmes de pensée qui ne peut se résoudre que dans la victoire de l’un sur l’autre ou la soumission de l’un envers l’autre.
Les idiots qui croient qu’une société totalement mécréante serait plus compatible avec l’islam subiront plus que tout autre le poids de leur méprise.
Sans doute l’intégration eût été possible, et l’a été pour certains, si les flux migratoires avaient été maîtrisés, choisis et limités.
À 400.000 entrées par an, elle est plus qu’improbable, impossible.
Jubilation malsaine
L’indécente « drague » de Macron envers l’Afrique, lui qui nous a fait chasser des États du Sahel, n’a rien de désintéressé.
Le continent, qui regorge de ressources naturelles et dont la population qui devrait atteindre 2,5 milliards d’habitants en 2050 ,lui semble une chance économique.
Il méconnaît seulement la mauvaise gouvernance, la corruption, les querelles ethniques, l’inoccupation qui poussent la jeunesse africaine aux portes de l’Europe, qui est évidemment incapable d’absorber ces masses humaines.
Enfin, il existe chez le président de la République une sorte de jubilation malsaine à rabaisser la France, à dire qu’elle est une vieille chose, désormais sans culture propre, peut-être une sorte de « no man’s land » historique et culturel qui doit se fondre et disparaître pour exister !
Oui, ce personnage abusera de notre patience jusqu’au bout de son mandat.
Il laissera la société française en miettes et la France épuisée mais aussi abîmée.
Seul un changement radical nous permettra de nous relever.
Les Français en auront-ils la volonté ?
Source : https://www.bvoltaire.fr/chronique
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire