mardi 18 juin 2019

LE POUVOIR DE MÉDIAS : FANTASMES, DÉNI ET RÉALITÉ .

 
 
18.juin.2019 // Les Crises

Le pouvoir des médias : entre fantasmes, déni et réalité. 

 

Par Blaise Magnin, Henri Maler

 
Source : ACRIMED, Blaise Magnin, Henri Maler
Parmi les questions qui traversent les débats publics contemporains, celle du « pouvoir des médias » est particulièrement mal et confusément posée.
Derrière cette notion de « pouvoir des médias », jamais précisément définie, deux théories fondamentalement contradictoires du rôle et du poids des médias dans le monde social cohabitent au gré des conjonctures, sans s’affronter nécessairement, et coexistent parfois par bribes dans les mêmes discours.
La notion de « 4e pouvoir », devenue une expression consacrée, sous-entend que les médias exercent effectivement un pouvoir quasi institutionnel de pivot du fonctionnement démocratique.
Dans le même temps, les éditocrates, qu’ils soient pris en flagrant délit de parti-pris ou simplement intoxiqués par leur propre idéologie professionnelle, considèrent que les « informations » qu’ils produisent sont de fidèles miroirs, absolument neutres vis-à-vis des réalités qu’ils reflètent en toute objectivité, et qu’elles ne sauraient donc exercer aucun pouvoir.
Tout à l’inverse, une longue tradition théorique tend à considérer « les médias » comme le deus ex machina des sociétés modernes, capables de faire les élections et de défaire les régimes, de modeler « l’opinion » en s’immisçant dans les consciences qu’ils sont censés informer.
Autant d’interprétations qui charrient leur lot d’idées fausses et d’idées reçues, ainsi que de représentations implicites de la profession journalistique qu’il s’agit de déconstruire pour comprendre de quel type de pouvoir peuvent réellement se prévaloir médias et journalistes.
Produit de l’observation et de la sociologie critique des médias [1], cette analyse des causes et de la portée des dérives de l’information est un préalable indispensable à la transformation nécessaire du monde médiatique.


1. Le mythe du 4e pouvoir

- Un rôle allégué de ferment démocratique
Sorte de mythe positif de la profession journalistique, devenu un totem des sociétés démocratiques, la notion de « 4e pouvoir », met explicitement les médias sur le même plan que les institutions gouvernementales, parlementaires et judicaires. En tant qu’institution, les médias se voient conférer une double responsabilité au cœur du système démocratique puisqu’ils sont censés jouer à la fois un rôle :
– de « publicisation » [2], c’est-à-dire d’animation – pluraliste, indépendante et équitable, en principe du moins – du débat public et politique ;
– et surtout de contrôle des gouvernants – et de leurs abus.

Ce « pouvoir » serait par nature, de tous temps et en tous lieux, du moins dans les démocraties électorales, un « contre-pouvoir ».

 Dans ce schéma, les médiacrates s’arrogent à la fois le rôle de garants du bon fonctionnement des institutions et de rempart contre les dérives des gouvernants, mais aussi de protecteurs et de dépositaires principaux de deux des libertés les plus fondamentales que sont la liberté d’opinion et d’expression. 

Pour autant, comme nombre de mythes, celui-ci recèle quelques contradictions : les tenants du « 4e pouvoir » attribuent tantôt aux médias un miraculeux pouvoir qu’ils n’ont guère et tantôt refusent paradoxalement d’attribuer quelque pouvoir que ce soit aux informations qu’ils diffusent – en tant que représentations du monde –, pas plus qu’à eux-mêmes – en tant qu’acteurs du débat public et représentants de la classe dirigeante. 

Malheureusement, il s’en faut de beaucoup pour que la contribution médiatique à la vie publique corresponde un tant soit peu à cette construction séduisante.


- Des médias loin d’être autonomes, des journalistes loin d’être indépendants

Certes les médias et les journalistes produisent et diffusent des informations (d’inégal intérêt) qui répondent, peu ou prou, au droit d’être informés. 

Qui oserait affirmer que le journalisme, du moins à ce titre, n’est pas utile ? Mais pour présumer que les médias constituent par eux-mêmes « un pouvoir », capable d’exercer une influence en propre et de réguler l’action des autres pouvoirs, encore faut-il qu’ils soient autonomes. 

Or c’est loin d’être le cas : la plupart des grands médias et des producteurs d’information (pris collectivement) se trouvent dans des situations d’interdépendance étroite à l’égard des pouvoirs politique et économique vis-à-vis desquels ils ne sont donc pas en position de jouer le moindre rôle de contre-pouvoir :
– À la fois associés et rivaux des responsables politiques pour la définition et le cadrage légitime du débat public, les éditocrates les plus en vue, adeptes d’un journalisme de commentaire et de prescription, apparaissent comme de véritables acteurs de la vie politique ; comme tels, ils ne sauraient prétendre à incarner le rôle d’arbitres impartiaux du débat public.
– Alors que l’élite des grandes rédactions fraye avec bonheur jusqu’à se confondre avec les élites politiques et économiques, et alors que la profession recrute presque exclusivement parmi les classes moyennes et supérieures [3], le choix et la mise en perspective des informations produites dans les médias dominants reflètent inévitablement des visions du monde et des préoccupations socialement très situées.
– La structure capitalistique de la plupart des médias les place dans une situation de dépendance économique et donc éditoriale vis-à-vis de leurs propriétaires qui se trouvent être le plus souvent des représentants de grands intérêts privés ; les grandes entreprises médiatiques finissent par constituer un secteur parmi d’autres du grand Monopoly capitaliste.
Enfin, force est d’admettre que le journalisme d’investigation et particulièrement le journalisme d’enquête sociale qui pourraient donner quelque consistance à l’idée de contre-pouvoir, sont loin de constituer l’ordinaire de la production journalistique. 

Les prendre pour modèles c’est oublier qu’ils s’épanouissent essentiellement aux marges de la profession. 


- Médias et propagande démocratique
La propagande n’existe pas que dans les dictatures. Dans les démocraties, elle ne prend pas le même caractère systématique et orchestré – et ne se renforce pas en s’appuyant sur la répression, voire la violence politique –, mais elle est non moins omniprésente. 

Le contrôle des contenus médiatiques est devenu un enjeu de luttes au sein des pouvoirs économiques et politiques. Une lutte si intense et un enjeu si stratégique que l’industrie des relations publiques, qui fournit armes et munitions, est devenue un secteur économique majeur. 

Et c’est ainsi que des armées de communicants et de « spin doctors », d’attachés de presse et de publicitaires, ainsi que les récits qu’ils bâtissent, sont devenus les filtres qui s’interposent désormais entre les journalistes et la réalité. 

La porosité de ces professions avec le journalisme est à cet égard particulièrement significative et inquiétante.


Analysant la « fabrication du consentement » [4] dans les démocraties, Noam Chomsky montre quels « filtres » (et non quelles conspirations) conditionnent la production de l’information et comment la réduction du pluralisme aboutit à une représentation consensuelle, aseptisée et épurée de l’information, quand elle n’est pas strictement propagandiste. 

Le poids et la force des sources institutionnelles (privées et publiques, capitalistes et étatiques) tendent à co-construire l’information dans les contextes routiniers.

 En cas de crise sociale ou de conflit militaire, notamment, le recours à des techniques de propagande et de désinformation contribue à transformer les médias en simples relais des pouvoirs constitués, sans qu’il soit nécessaire pour le comprendre de recourir à l’explication par des manipulations intentionnelles et concertées, dont il serait naïf de nier l’existence.

Mais si les médias ne constituent pas, par eux-mêmes, un « 4e pouvoir » ou un contre-pouvoir, quels sont les pouvoirs qu’ils exercent ?

 

2. Le fantasme récurrent de médias omnipotents

Les médias ne sont pas tout-puissants. Ils sont moins puissants qu’on ne le croit souvent. Et surtout ils n’exercent pas leur puissance comme on le croit communément.

- La crainte du « viol des foules » [5]
Depuis le XIXe siècle, on assiste à la résurgence régulière, sous des formes plus ou moins nuancées, d’un même schème : inoculant leurs messages tels des « seringues hypodermiques » [6], les médias accèderaient clandestinement aux inconscients des lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs pour mieux les manipuler. 

Les médias seraient ainsi dotés d’un pouvoir de persuasion, de mobilisation et d’enrégimentement des masses qui les fait apparaître comme un moteur de l’histoire. 

Des interprétations qui naissent et retrouvent du crédit dans des configurations « politico-médiatiques » singulières :
– à la fin du XIXe siècle, avec le développement du roman populaire et de la presse à grand tirage concomitamment aux luttes pour le suffrage universel et les droits démocratiques ;
– dans l’entre-deux guerres, avec les usages propagandistes de la radio et du cinéma par les régimes totalitaires ;
– à partir des années 1950-1970, la démocratisation progressive de la télévision crée son lot d’interrogations quant au « pouvoir des images » (violentes, pornographiques, favorisant le consumérisme, etc.) ;
– depuis les années 2000, ce sont Internet et les réseaux sociaux qui focalisent l’attention en tant que catalyseurs de crises (« révolutions de couleur » dans les pays d’ex-Union soviétique, révolutions arabes, Brexit, élection de Donald Trump, montée de l’extrême droite en Europe, etc.), ou plus simplement de subversion politique (campagne contre le TCE, Wikileaks, #BalanceTonPorc, etc.).

Cette propension à attribuer un pouvoir propre aux médias repose hier comme aujourd’hui sur un mélange de déterminisme technique et de panique morale face à des pratiques sociales nouvelles échappant en partie au contrôle des institutions, et surtout sur une représentation du public (et du « peuple ») comme masse d’individus indolents et crédules susceptibles de se transformer en foule hystérique.


- Des récepteurs loin d’être passifs
Or, contrairement à ce qu’affirment ces théories qui voudraient que les messages médiatiques infusent sans filtre et influencent directement les consciences du public, la sociologie de la réception a depuis longtemps montré que les croyances et les opinions se façonnent essentiellement dans les groupes primaires (cercles familiaux, amicaux ou professionnels). 

Si les informations véhiculées par les médias exercent quelque influence, elles ne sont perçues et reçues qu’à travers les grilles d’interprétation partagées et négociées avec les environnements sociaux qui constituent le cadre d’existence des individus [7].

Par ailleurs, les pratiques concrètes de « consommation » des médias interdisent d’y voir un pouvoir capable de modeler les opinions : les individus ne choisissent pas par hasard les médias qu’ils suivent préférentiellement, et ils font en sorte d’être surtout confrontés à des messages ne heurtant pas leurs opinions préconstituées.

 Cette exposition sélective aux flux de messages médiatiques se conjugue souvent à une « attention oblique » [8], à la fois nonchalante et défiante, portée par les publics populaires sur les contenus diffusés dans les médias dominants.

À cet égard, le résultat du référendum sur le Traité constitutionnel européen en 2005 ou la grève de novembre-décembre 1995 contre la réforme de la Sécurité sociale voulue par le gouvernement font figure d’expérience grandeur nature attestant de la perméabilité très relative du public aux messages et, le cas échéant, aux injonctions médiatiques. 

Dans un cas comme dans l’autre, les électeurs, les forces mobilisées – comme « l’opinion » sondée, d’ailleurs – ont résisté aux partis-pris unanimes des médias dominants et sont parvenus, malgré l’hostilité manifeste de ces derniers, à diffuser leurs arguments et à convaincre.

 

3. Non pas un pouvoir, mais des pouvoirs

Loin d’être dotés du pouvoir d’assujettir les consciences que certains voudraient leur prêter, les médias ne sont pas plus – même s’ils le devraient – des organes dévoués au bon fonctionnement démocratique.
 Il n’en demeure pas moins que leurs formes d’organisation et le recrutement social des journalistes, les modalités de production de l’information, les formats qu’ils imposent à l’expression des acteurs sociaux, ou encore les relations asymétriques qu’ils entretiennent avec les différents secteurs du monde social – et tout ce que cela génère de distorsions de l’information –, concourent à structurer l’espace public, à sélectionner ceux qui y participent et à définir les limites de ce qui y est pensable et discutable, ainsi que les formes requises pour y intervenir.

En ce sens, même s’ils apparaissent comme des « effets émergents » de leur fonctionnement et de leurs structures (économique, juridique, sociale, politique) et non comme des prérogatives détenues par des instances organisées, et même s’ils n’en sont pas les seuls titulaires, les médias exercent bien certains pouvoirs. 
Des pouvoirs éclatés et partagés qui ne s’exercent pas de façon uniforme et continue, qui varient selon les conjonctures et les rapports de force dont elles sont porteuses, mais des pouvoirs bien réels. Des pouvoirs qu’ils s’arrogent de façon indue ou dont ils font un usage qui outrepasse régulièrement le rôle qui leur est a priori dévolu.

 Loin d’être tout puissants, les médias n’en sont pas moins trop puissants.

- Un pouvoir de co-construction des problèmes publics (et de leurs solutions)
Un pouvoir d’agenda : en déterminant quelles informations sont dignes d’être traitées, les médias définissent les événements qui font « l’actualité », suggérant au public non pas ce qu’il doit penser, mais ce à quoi il faut penser (les faits divers plutôt que l’actualité internationale ; la dette publique et les cours de la Bourse plutôt que le partage de la valeur ajoutée et le taux de l’impôt sur les sociétés ; « l’insécurité » des banlieues plutôt que les accidents du travail, etc.) ;
Un pouvoir de problématisation et de cadrage : les médias ont également le pouvoir de suggérer sous quel angle doivent être abordées les questions dont ils traitent et comment il faut y penser (la microéconomie – les comportements des producteurs et des consommateurs – prime ainsi sur la macroéconomie – la régulation politique des activités de production – ; les « blocages » générés par les mobilisations sociales l’emportent sur les revendications des salariés ; l’immigration est systématiquement présentée comme « un problème », la dégradation de l’environnement comme une tragédie sans responsables, etc.).


- Un pouvoir de légitimation (et de délégitimation)
Un pouvoir de consécration et de stigmatisation : en choisissant les discours légitimes et ceux qui ne le sont pas, selon des critères qui font prévaloir la télégénie des « bons clients », les médias portent atteinte à l’autonomie de divers secteurs sociaux en contournant les jugements et les principes de légitimité qui y ont cours ; la notoriété médiatique se substituant dès lors à la compétence et à la reconnaissance par les pairs (les champs intellectuel et culturel sont ainsi colonisés par des logiques de jugement n’ayant rien à voir avec la qualité des œuvres ; le champ de la représentation politique et syndicale connaît le même phénomène lorsque les porte-parole désignés par les militants ou les formes de mobilisation choisies ne satisfont pas aux exigences médiatiques, etc.).

Un pouvoir de révélation et d’occultation : certaines questions n’accèdent jamais au débat public, quand d’autres font l’objet d’un traitement quasi obsessionnel, sans qu’aucune logique proprement journalistique puisse justifier ces asymétries dans leur couverture médiatique (les préoccupations des classes dominantes en matière éducative, de loisir ou de consommation sont l’objet de toutes les attentions lorsque les modes d’existence des classes populaires sont quasiment absents des grands médias ; inversement, les illégalismes des classes populaires connaissent une couverture particulièrement intense dans les rubriques « délinquance et insécurité » quand ceux des classes dominantes font l’objet d’un traitement nettement plus pudique et discret) ; dans le même temps, et même s’ils paraissent dépendants en la matière des sources qui les informent, les médias ont le pouvoir d’attirer l’attention sur des questions qui resteraient méconnues en dehors de cercles restreints (ainsi de la fraude fiscale, de nombreux problèmes de santé publique et d’atteinte à l’environnement, des coulisses des relations internationales, etc.).


Le problème n’est pas tant que les médias détiennent de facto le pouvoir de co-organiser et donc de peser sur l’espace public démocratique, mais la manière dont ils l’exercent. 

Quand des médias exercent ces pouvoirs continument dans le même sens, ils exercent du même coup une domination effective : c’est en cela que les médias dominants sont dominants !

- Un pouvoir de domination symbolique
Les pouvoirs qu’exercent les médias sont difficiles à saisir et à évaluer. « L’opinion, ça se travaille »… mais l’opinion est souvent rétive.

 L’impact des différents pouvoirs des médias varie notablement selon les sujets et selon les contextes. 

Des informations fausses ou biaisées peuvent commettre des ravages ou ne laisser aucune trace, n’avoir qu’un impact instantané ou limité. Mais il en va autrement si elles sont réitérées sur des périodes plus ou moins longues.

Les médias ne fabriquent pas, à proprement parler, le consentement des peuples, mais ils sont parvenus, en quelques décennies, à réduire considérablement le périmètre du politiquement pensable, à reléguer en les disqualifiant les voix contestant l’ordre social et à imposer la centralité et la crédibilité des thèses et des solutions néolibérales. 

Ce faisant, ils ont construit jour après jour, par un unanimisme savamment organisé, un consensus qui tient pour évidentes et naturelles une doctrine sociale, une organisation économique et des options politiques qui protègent et favorisent les intérêts des dominants.

Trop souvent, les pratiques journalistiques ordinaires déforment et distordent l’information en introduisant à tout instant biais factuels et parti-pris interprétatifs. 

Mais surtout, loin de garantir une information et des débats pluralistes, indépendants et équilibrés, les chefferies éditoriales exhibent leurs petites différences mais renient toute autonomie pour participer avec délice au grand jeu du pouvoir dans le sillage des classes dirigeantes qui les ont plus ou moins cooptées. Quant aux grandes entreprises médiatiques, elles sont devenues des vecteurs d’influence que s’arrachent les oligarques du grand capitalisme. 

La plupart des journalistes n’exercent pas le même métier que les professionnels du commentaire. Mais ce sont ces derniers qui orchestrent les pouvoirs des médias dominants.


L’usage dévoyé des pouvoirs qui leur échoient confère aux médias et à ceux qui les dirigent une fonction d’intégration idéologique de la classe dominante et de chambre d’écho de ses préoccupations, ainsi qu’un rôle de relais et d’auxiliaires des pouvoirs politiques et des puissances économiques – un rôle de « chien de garde » en somme.

 C’est ce pouvoir de domination symbolique, jamais acquis et sans cesse recommencé, qui demande à être dénoncé et combattu pied à pied. 

C’est à cette tâche qu’Acrimed s’emploie depuis plus de 20 ans.


Par  Blaise Magnin et Henri Maler


Notes :
[1] Sur ce thème, les références sont innombrables, on se contentera donc de renvoyer à un article de synthèse de Patrick Lehingue intitulé « “Le pouvoir des médias” : vieux terrain, nouveaux objets », à l’ouvrage récent de Patrick Champagne paru en mars 2016 aux éditions Raisons d’Agir, intitulé La double dépendance. Sur le journalisme, et recensé ici-même, ainsi qu’à l’ouvrage collectif dirigé par Pascal Durand et publié en 2004 par les éditions de l’ULG, Médias et censure : figures de l’orthodoxie.

[2] Selon le concept développé par le philosophe allemand Jürgen Habermas. Selon lui, le régime démocratique repose sur un espace public dans lequel les questions d’intérêt général sont posées et débattues publiquement, puis tranchées à partir de l’échange et de la confrontation d’arguments rationnels. Les médias jouant un rôle primordial dans ce processus.

[3] Voir notamment Pour une socioanalyse du journalisme, publié par Alain Accardo aux éditions Agone en 2017, et dont on trouvera une recension ici-même.

[4] D’après l’ouvrage de Noam Chomsky et Edward Herman, Manufacturing consent, paru en 1988, et dont on trouvera un extrait ici-même.

[5] Selon le titre de l’ouvrage Le Viol des foules par la propagande politique, publié en 1939 par le philosophe allemand Serge Tchakhotine.

[6] Concept proposé par le chercheur états-unien Harold D. Lasswell dans l’ouvrage Propaganda Technique in World War I paru en 1927.

[7] Les enquêtes pionnières en la matière, dirigées par le chercheur états-unien Paul Lazarsfeld dans le cadre de « l’école de Columbia » remontent aux années 1940 et 1950 avec The People’s Choice (1944), Voting(1954), et Personal Influence (1955).
[8] D’après le concept élaboré par le sociologue britannique Richard Hoggart dans La culture du pauvre paru en 1970.



Source : ACRIMED, Blaise Magnin, Henri Maler, 19-03-2018



 



ET AUSSI    RAPPEL !



14.juin.2019 // Les Crises

[Résultats] Grand Prix de la Complaisance Journalistique – 

Conf. de Presse Macron

 


Suite à la conférence de Presse du 25 avril de Macron, nous vous avions proposé d’être les membres du jury du Grand Prix de la Complaisance Journalistique.

Vous avez été 1417 à choisir les questions les moins dérangeantes posées à E. Macron, mais aussi à voter pour celles que vous auriez aimé voir poser.

 Voici donc les résultats :
  • Troisième question la plus demandée, recueillant 30,9% des voix : les Fake News LREM
« Plusieurs membres du gouvernement et des députés LREM ont relayé ou produit des fake news sur les Gilets jaunes. La loi relative à la lutte contre les fausses informations va-t-elle aussi s’appliquer à la majorité présidentielle ? »
  • Deuxième question la plus demandée, avec 37,8% des voix : les violences policières
« Un mort, cinq mains arrachées, vingt-deux yeux crevés, des centaines de blessures graves. Maintenez-vous que les forces de l’ordre ont été d’un professionnalisme exemplaire ? »
  • Et la question qui arrive en courte tête avec 38% des voix, soit celle qui selon les votants, a le plus manqué à cette conférence de presse d’Emmanuel Macron : la vente d’Alstom à General Electric
« Vous avez validé la vente du pôle énergie d’Alstom à General Electric alors que vous étiez ministre de l’Économie. Pensez-vous avoir un mandat du peuple français pour liquider ainsi le patrimoine industriel de la France ? »


Venons-en maintenant aux lauréats du Grand Prix de la Complaisance Journalistique :

En troisième place sur le podium de la complaisance journalistique, avec 31,4% pour des voix, élue « Brosse de Bronze » :
  • Elizabeth Pineau @elizapineau pour Reuters, avec la question : « Quelles sont les raisons profondes de ce rendez-vous à l’Élysée, devant la presse ? Avez-vous des regrets ? »



En seconde place sur le podium de la complaisance journalistique, avec 36,2% des voix, élu « Brosse d’Argent » :
  • Jean-Jérôme Bertolus @jjbertolus pour France Info, avec la question : « Est-ce qu’on va rentrer dans une démocratie directe entre vous et les Français ? Est-ce qu’il faut que les Français vous connaissent mieux ? »



Et en première place, vainqueur du Grand Prix de la Complaisance Journalistique 2019 avec 61,6% des voix, élu « Brosse d’Or » :
[roulement de tambour]
  • David Revault d’Allonnes @davidrevdal pour le JDD, avec la question : « Comment avez-vous vécu la crise des Gilets Jaunes, parce ce que ça a été quand même assez dur ? En quoi avez-vous personnellement changé ? »





Source et Publication:   https://www.les-crises.fr/

LA FRANCE : AGONIE OU RÉVEIL ? TRIBUNE LIBRE !

 
Publié par Sidney Touati le 18 juin 2019

Il nous est très difficile de comprendre l’époque présente.

 On ne trouve pas dans l’Histoire d’équivalent au drame que vivent les citoyens français.

Pourquoi une société florissante contribue-t-elle à sa propre destruction en accueillant sans restriction, ceux qui rêvent de la dominer, voire de la détruire, à savoir les adeptes d’un Islam radical et les tenants de la dictature chinoise ?

Pourquoi nos dirigeants sont-ils hyper-critiques vis à vis de la Russie et sans voix face à l’hyper dictature iranienne ou le despotisme chinois qui tente, aujourd’hui encore, d’éteindre la flamme de la Liberté à Hongkong après l’avoir noyée dans le sang à Pékin, place Tian’anmen ?

Pourquoi les dirigeants européens tolèrent-ils que la Chine inonde le marché de produits douteux obtenus en violation des principes fondamentaux du droit ?

Pourquoi les dirigeants français ne dénoncent-ils pas le monstrueux déficit de la balance commerciale avec la Chine ?

Pourquoi nos dirigeants participent-ils ainsi activement, depuis une cinquantaine d’années, à la ruine de notre industrie en la livrant sans défense à une concurrence déloyale ?

Pourquoi nos dirigeants accueillent-ils, sans en avoir les moyens (la France croule sous la dette) des millions d’immigrés en quête d’Eldorado, qui viennent grossir les rangs d’une plèbe misérable à laquelle nous n’avons ni travail, ni perspective à offrir ?

Pourquoi obéissons-nous stupidement aux normes monétaires et financières imposées par une Allemagne, rendue ivre par sa toute-puissance retrouvée, imposant son leadership à une Europe tétanisée ? 

Les excédents commerciaux records qu’elle accumule, plongent dans la pauvreté des millions d’Européens.

Pourquoi l’Etat doté de très importants moyens refuse-Il d’en faire usage pour rétablir l’ordre républicain dans les trop nombreux territoires livres à eux-mêmes c’est à dire à la violence des gangs ?
Pourquoi les enseignants, les policiers, confrontés quotidiennement à l’hyper-violence de ces mêmes gangs, sont-ils abandonnés par les pouvoirs publics au point d’en arriver au plus extrême désespoir en sombrant dans la dépression, voire en mettant fin à leurs jours? 
80 faits très graves sont recensés quotidiennement dans les établissements scolaires et portés à la connaissance du ministre de l’Education Nationale.  Qui en fait quoi ?

Pourquoi nos dirigeants persistent-ils à soumettre le peuple français qui travaille, à des prélèvements obligatoires qui en ruinent une bonne partie, découragent l’initiative de la grande majorité, paupérisent massivement les classes moyennes, creusant chaque jour davantage les inégalités ? 

Des riches toujours plus riches, des pauvres toujours plus pauvres dont le nombre va croissant ?


Toutes ces interrogations pourraient se résumer en une seule: pourquoi dans les années 60 la France qui caracolait en tête des nations dans quasiment tous les domaines, dont le nombre de chômeurs était insignifiant, ne cesse-elle de décliner, de tomber ?

Pourquoi le peuple français est-il devenu l’un des peuples les plus malheureux de la planète ? La réponse à ces questions est facile à trouver:

Faites un tour dans ces Temples de la soumission que sont devenues les « Grandes Écoles » et vous serez édifiés. 


La Grande Lessive idéologique fonctionne à plein régime formatant les cerveaux des bradeurs, des spécialistes de la Soumission. 

Les ânes de la politique qui ne savent dire oui à l’islamisme, aux dictatures chinoises et autres.
 
Si nous avions des élus dignes de ce nom, il y a longtemps que le Parlement se serait saisi de ces questions.

Les élus ne s’interrogent jamais sur les problèmes fondamentaux. 


Plus grave. Les milliers de lois qu’ils adoptent à la sauvette dans un Hémicycle désert, sont un véritable fléau pour le pays. Si comme en 1940, l’activité des deux chambres était suspendue, qui s’en rendrait compte ?

L’exécutif décide de tout.


Le pouvoir législatif n’est qu’une ombre. Un leurre. Une banale caisse d’enregistrement des volontés de l’hôte de l’Elysée ou de celui de Matignon, c’est-à-dire aujourd’hui de Bruxelles, donc de Berlin.


Le peuple français est seul. Dramatiquement seul. Abandonné par ses « élites » qui ne se soucient que de la prospérité de leur clan, de leur carrière, de la gestion de leur fortune privée.


Le peuple français se détourne de ses représentants légaux. Le taux extrêmement élevé d’abstention (50% en moyenne) l’atteste.
 Le parti au pouvoir n’a obtenu aux dernières élections européennes, que 12% des électeurs inscrits.

On ne peut gouverner une démocratie avec une carence aussi massive de soutien populaire.

La démocratie française est anémiée, minée, en passe de s’effondrer.

Les Français subissent une inflation réglementaire qui les enferme dans un carcan étouffant.

 Chaque « liberté » formellement garantie par la Constitution, est grignotée par des milliers de règlements. 

Dans ce maquis touffu, opaque, faire usage d’une liberté quelconque est devenu un exercice à haut risque.

La révolte des Gilets Jaunes est l’expression d’un ras-le-bol généralisé. 

Le pouvoir est parvenu, avec la complicité des médias, à la discréditer. La manœuvre est habile. Mais elle enterre le problème sans le résoudre.

Dans les profondeurs de la société, le mal-être perdure. La masse des Français sans voix, sans représentant, oubliée, fait le dos rond.


Il suffit de prendre le métro à l’heure de pointe, pour constater l’étendue des dégâts.


Les visages sont fermés. Le désespoir engendré par une vie morne, sans issue, sans futur, est palpable.


Nos dirigeants ne prennent jamais le métro aux heures d’affluence.


Il suffit d’entrer dans une grande surface quelconque. Les employés font acte de présence. Chacun fait son travail à minima, sans s’investir, sans enthousiasme.

Pourquoi, pour qui se défoncer ?


Autre épreuve redoutable: tenter de contacter un quelconque bureaucrate. Tous possèdent l’art de la fugue. 
Si après un temps infini passé à répondre à des machines (tapez 1…tapez 4….désolé…) vous parvenez enfin à joindre un être humain, celui-ci avoue qu’il ne peut rien faire. C’est l’ordinateur qui commande.


L’ordinateur est programmé par les « élites » qui sont aux antipodes des problèmes auxquels les citoyens sont confrontés. La boucle est bouclée.


Avec 12% des voix, on ne peut gouverner. Ce fait ne pose pas problème à nos dirigeants.

Il y a longtemps qu’ils ont renoncé à cette noble mission. Ils ne gouvernent pas.


Ils gèrent.
Du moins le prétendent-ils.


Avec un peuple qui majoritairement s’oppose sourdement à l’exécution de programmes que l’on a concoctés pour lui dans le secret le plus total, la gestion se fait de manière chaotique, pour un coût de plus en plus élevé, pour des résultats aléatoires, voire négatifs.

Le bateau-France coule.

Toutes les économies performantes reposent, exigent la participation active, volontaire, du plus grand nombre.

Le citoyen français écrasé de charges, humilié, trompé par les castes dirigeantes cyniques, appauvri, traîné dans la boue d’une histoire revisitée, dégradée; séparé de ses traditions, atomisé, privé de toute distinction, auquel on va jusqu’à interdire d’être homme ou femme, fille ou garçon, père ou mère…le citoyen français ne sait plus.  Ne croit plus.  Ne comprend plus.


Matraqués par une publicité lancinante, envahissante; conditionnés par des séries-télé insipides, débilitantes, diffusant à hautes doses les nouveaux poncifs du dogme idéologique dominant; culpabilisés dans leurs choix; infantilisés par le bio-pouvoir véhiculé par l’écologie politique…


En dépit de tout, les Français résistent avec les armes dont ils disposent. 

Une libre parole circule sur Internet, devenu le seul et unique espace où il est possible de débattre. 

Plus surprenant. L’esprit de la Résistance est venu se loger là où on l’attendait le moins.

Au cœur de la machinerie nivelante des pouvoirs, un air de liberté passe sur les ondes. « Douce France » fait entendre ses accents nostalgiques chaque jour de la semaine.


Symbole de ce pays qui refuse de mourir, de cette France qui vit: dans le journal de 13 h de Jean-Pierre Pernaut, « Papy fait de la Résistance… », enrage l’Elysée et les adeptes de la Soumission.


« Ici la France…les Français parlent aux Français… » pourrait être le générique de ce Journal qui parle traditions, amour des belles choses, création au quotidien, extrême diversité et authenticité des terroirs…

Faut-il pleurer ? Faut-il en rire ?



Derniers feux d’une civilisation flamboyante ou cri d’alarme d’une société qui refuse de s’éteindre et qui brave une censure impitoyable ?

L’avenir le dira. Mais une chose est certaine : l’extinction est en marche. 


Source et Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Sidney Touati pour Dreuz.info.


 


BRETAGNE ORANGE MÉCANIQUE ! NANTES LA DÉLINDUANTE .......

Nantes. Nouvelle bagarre au couteau entre mineurs isolés étrangers









Pas nécessairement mineurs, pas vraiment isolés – ils opèrent le plus souvent en bandes, mais étrangers : les soi-disant « mineurs isolés étrangers » viennent encore de faire parler d’eux à Nantes. 

Vendredi 14 vers 1h30, l’un d’eux, qui se dit âgé de 16 ans, a été grièvement blessé en recevant un coup de couteau dans le dos, entre les deux épaules.

 

Les Nantais dépossédés de leur ville la nuit ?

Ce fait divers de fin de printemps n’est que le dernier avatar de l’insécurité qui règne dans le centre-ville de Nantes. 

La situation est telle que de nombreux Nantais – et surtout des Nantaises – évitent désormais le cœur du centre-ville dès la nuit tombée, et sont naturellement dépossédés de leur ville.

« Le centre-ville c’est très craignos »

Une situation qui échappe pas non plus aux Nantais de passage, notamment à Kylian qui a loué un logement pour l’été – le temps de son job estival.

 « Il y a une vraie césure pour les gens qui habitent au nord du centre-ville quand il s’agit pour eux d’aller sur l’île de Nantes ou en ville. 
En effet, je rentre chaque soir en groupe, via Commerce ou Feydeau, et chaque soir on voit des gens se faire embrouiller, des filles se faire agresser, des vols etc. 
Le centre-ville c’est très craignos, et ça rebute ceux qui veulent aller au sud de la Loire ou sur l’ile de Nantes ».


LM

Photo d’illustration : DR [cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine



 

LE VOILE ET LA LAÏCITÉ À LA FRANÇAISE ! TRIBUNE LIBRE !

 


Politique - Religion - 14 juin 2019

Port du voile : en France, le principe de la laïcité s’applique toujours aux mêmes…






Il y a quelques jours à peine, Emmanuel Macron se déshonorait en caviardant, lors de l’un de ses discours officiels consacrés aux commémorations du Débarquement allié en Normandie, la lettre du jeune fusillé Henri Fertet

 Les raisons invoquées par l’Élysée pour tenter d’expliquer ce qui s’apparente, ni plus ni moins, qu’à de la censure ont été de plusieurs ordres.

La première tentait notamment d’expliquer que, pris par le temps, le président de la République avait dû « faire des choix »

La seconde évoquait, quant à elle, le respect dû au principe de la laïcité, en particulier à l’occasion d’un discours officiel se voulant, par nature, le plus œcuménique possible. 

En réalité, aucune des raisons avancées par l’entourage du chef de l’État n’a véritablement convaincu. 
Reste, in fine, l’offense faite à la mémoire de ce jeune résistant et à ses descendants, de la part de celui qui, bien que représentant du peuple de France face aux autres nations présentes, s’est permis, vraisemblablement à dessein, d’effacer toute référence à Dieu, à la religion et aux hommes d’Église, de l’ultime témoignage d’un jeune Français martyrisé par les nazis.

Cet exemple est l’illustration du paradoxe bien réel que nous vivons désormais dans notre pays.

 Celui qui veut que le principe de la laïcité, dont on ne manque pas de nous rebattre les oreilles régulièrement, s’applique toujours au détriment de la même communauté.

 Celle qui, pour son plus grand malheur, fait corps avec notre culture et notre histoire. Celle qui fit aussi de la France la fille aînée de l’Église. 

C’est ainsi que nos responsables politiques et nos institutions se montrent en général beaucoup plus tolérants et compréhensifs avec certaines minorités – il est vrai très actives – qu’avec ce qui constitue le noyau dur et les fondements de notre pays.


Dernier exemple en date, le compromis trouvé par les sénateurs et les députés sur l’une des mesures contenues dans le projet de loi sur l’école actuellement à l’ordre du jour au Parlement. 

Ainsi, les parlementaires réunis en commission mixte paritaire se sont-ils mis d’accord, ce jeudi 13 juin, pour renoncer à « l’interdiction des signes religieux ostentatoires pour les accompagnateurs lors des sorties scolaires ».

 Dès lors, ce qui est interdit par une loi votée en 2004 aux élèves et aux étudiants dans l’enceinte des établissements d’enseignement sera-t-il autorisé, pour certaines personnes, à l’occasion des activités et sorties extra-scolaires.


Comment ne pas voir, derrière cette décision, une nouvelle contradiction entre l’affirmation officielle de ceux qui nous gouvernent de consacrer la laïcité comme pierre angulaire de notre société postmoderne et la réalité de leurs actes ? 

Mais aussi une grave démission de nos représentants face aux pressions que certaines communautés, peu soucieuses d’intégration, font peser au quotidien sur nos institutions. 

Ce choix fait par les élus du peuple atteste bien de ce que, peu à peu, les coups portés contre la laïcité par ceux-là mêmes qui sont les premiers à la refuser portent leurs fruits.


Ce compromis de la honte est une nouvelle digue qui s’effondre face au communautarisme bien réel qui s’installe en France et qui conduira immanquablement, un jour ou l’autre, à des confrontations qui n’auront dès lors plus rien de théorique et de pacifiquee. 

Mesure apparemment mineure, et censée passer inaperçue parce qu’enfouie au cœur d’une loi au sein de laquelle sont amalgamées des dispositions aussi variées que disparates, elle n’en fragilise pas moins un peu plus notre République et montre clairement que ceux qui font les lois, aujourd’hui, en France, ne sont, en vérité, pas ceux que l’on croit.


Par Olivier Damien      https://www.bvoltaire.fr

Docteur en droit – Commissaire divisionnaire honoraire - Ancien secrétaire général du syndicat des commissaires de police
 

RENNES: UN TEMPLE FRANCS-MAÇON VANDALISÉ !


INFO OUEST-FRANCE. 

Un temple de francs-maçons pris pour cible par des Gilets jaunes à Rennes

Le temple maçonnique de la rue Thiers à Rennes a été vandalisé.
Le temple maçonnique de la rue Thiers à Rennes a été vandalisé. |
 CAPTURE D'ÉCRAN GOOGLE STREET VIEW
Une dizaine de Gilets jaunes a pris pour cible, samedi en fin d’après midi, le temple maçonnique du Grand Orient à Rennes. 

Un temple situé juste à côté du commissariat de police. 

La porte d’entrée a été cassée et des bouteilles de bières ont été lancées à l’intérieur. 
La gardienne a eu très peur. Une plainte a été déposée.


Samedi 1er juin, une nouvelle manifestation de Gilets jaunes a rassemblé une centaine de personnes dans les rues de Rennes. 
En fin d’après midi, vers 18 h, alors que la manifestation touche à sa fin, une dizaine de Gilets jaunes décide de se rendre au 24, rue Thiers, adresse du temple maçonnique de Rennes.

 Le bâtiment, situé près du commissariat, est alors attaqué d’un coup.

« À coups de pied »

« Ils ont commencé à défoncer la porte d’entrée à coups de pied. Ils étaient quasiment tous avinés. 
La porte cassée, ils ont ensuite lancé des bouteilles de bières au rez-de-chaussée. 
La gardienne du temple a eu très peur.
 Elle a pu prévenir un des « frères » qui habitent juste à côté. 

La police est alors intervenue », rapporte Jean-Pierre Planckaert, membre du Grand Orient.

 

Une plainte déposée

Jean-Pierre Planckaert est inquiet : « Les Francs-maçons sont souvent la cible de certains Gilets jaunes, notamment sur les réseaux sociaux. 

Ils y dénoncent régulièrement le grand complot judéo-maçonnique qui maîtrise le monde… 

On avait déjà eu des tags sur notre temple à Rennes, mais jamais ce type d’attaque. 

Nous la condamnons avec la plus grande fermeté. La gardienne reste très marquée. »

Une plainte a été déposée par un membre de la loge Parfaite Union, propriétaire du bâtiment.


Le temple maçonnique de Rennes, qui date de 1932, accueille chaque mois entre 24 et 25 tenues (réunions) de plusieurs loges rennaises.


Source et Publication:    https://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000

lundi 17 juin 2019

LECTURE: LE POPULISME OU LA MORT ! ( OLIVIER MAULIN )


Livre : Le populisme ou la mort, d’Olivier Maulin

 


En bonne logique, les lecteurs de Boulevard Voltaire connaissent Olivier Maulin et, dans le cas contraire, ne savent pas ce qu’ils perdent, quoiqu’il ne soit jamais trop tard pour bien faire. Olivier Maulin, ce sont tout d’abord d’inimitables livres ; dont cette trilogie informelle, avec Le Bocage à la nage, Gueule de bois et La fête est finie.


Nous sommes quelque part entre Les Pieds nickelés de Louis Forton et Les Valseuses de Bertrand Blier. 
À savoir les pérégrinations fantasques de bons à rien immanquablement prêts à tout, marginaux fantasques et handicapés de la modernité, qui savent mieux que personne qu’ils ne changeront jamais le monde, tout en refusant que ce même monde puisse avoir la prétention de les changer.

Le tout est emballé, tel le jambon en son torchon à carreaux, dans une langue picaresque, nerveuse, parfois acide, mais toujours tendre. 

Car Maulin aime ses personnages, qui manifestement le lui rendent bien. Alphonse Boudard, Marcel Aymé et Antoine Blondin auraient sûrement adoré.

Olivier Maulin, c’est encore l’un des critiques littéraires de Valeurs actuelles, hebdomadaire où sa plume, trempée à la fois dans le saint-émilion et le fiel, fait merveille, lorsque saluant vieux auteurs oubliés et jeunes pousses en devenir, avec toujours le même respect du lecteur. 

Mais également quand il piétine les idoles de carton-pâte, écrivains introspectifs égarés dans d’improbables voyages en 80 jours autour de leur nombril. 

Inutile de dire que dans le caboulot de maître Maulin, le client n’est jamais floué.

Le populisme ou la mort, son nouveau livre, révèle un troisième Olivier Maulin : le pamphlétaire qui, dans les colonnes de notre confrère Minute, de 2012 à 2016, a livré une chronique hebdomadaire sous le pseudonyme de Julien Jauffret et dans laquelle il pointait l’absurdité de notre société de progrès avec une cruauté aussi réjouissante que communicative. 

Ainsi, et tel qu’expliqué par François Bousquet, rédacteur en chef d’Éléments, en une brillante préface, notre homme vient de finir de sortir de son placard. En effet, Minute, quelle horreur que ce journal dont Pierre Desproges assurait qu’il était un résumé de l’œuvre de Jean-Paul Sartre, donnant « La Nausée » comme « Les Mains sales », mais dans lequel le père de Monsieur Cyclopède signa l’un de ses premiers papiers !


Minute, dans lequel on pouvait encore se régaler des signatures de Jean Cau, Jacques Laurent, Alexandre Vialatte, Vladimir Volkoff, Jacques Perret et presque de celle d’un Jean-Edern Hallier, dont un reportage consacré au Chili fut retoqué par la rédaction, ayant été jugé… trop favorable au général Pinochet !
 Eh bien, son passage à Minute, Olivier Maulin l’assume crânement. 

On n’en attendait évidemment pas moins de lui.

En près de trois cents pages, plus que du grand Minute, c’est du grand Maulin, tant notre homme fait feu de tout bois, toujours là où on ne l’attend pas, prenant la défense des zadistes de Notre-Dame-des-Landes, luttant contre la vision comptable d’une certaine droite pour laquelle l’équilibre de la dette publique demeure l’alpha et l’oméga de ce qui lui tient lieu de pensée. 

Mais aussi d’une certaine gauche néo-cléricale, devenue encore plus moralisatrice et épuisante que les patronages des curés de jadis.

Bref, Olivier Maulin n’est ni de droite ni de gauche (bien au contraire !), se contentant d’être au-dessus ou, surtout, ailleurs. 
Parler aussi gravement des choses légères, et si légèrement des choses graves, plus qu’un métier, est un art à part entière. 

On ne peut donc, ici, que saluer l’artiste.

PS : l’auteur de ces lignes signale avoir également officié à Minute, avec quelques éclipses néanmoins, de 1986 à 2008. 
Inutile de préciser qu’on s’y marrait un peu plus qu’à Télérama.


Par Nicolas Gauthier     https://www.bvoltaire.fr/livre

Journaliste, écrivain