mercredi 4 novembre 2026

L' ÉTAT IMPOSE, LE CITOYEN PAIE ! IL FAUT NOMMER LE PROBLÈME ET S' EN SORTIR !

 


 

 Opinion

L’État qui exige tout et ne protège rien : comment sortir du piège ?

Il veut vos papiers d’identité pour vous laisser parler sur les réseaux sociaux, mais se fait vider ses fichiers par un adolescent de 15 ans. 

Il fait grimper le prix de l’énergie, puis vous interdit d’allumer un feu dans votre cheminée.

 Chaque fois, le scénario est le même : l’État impose, le citoyen paie, et personne n’est responsable.

 Il est temps de nommer le problème, et d’en sortir.

Par Julien Michel


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Commençons par le plus absurde. 

Le 21 juillet 2026, le Parlement a adopté la loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. L’intention était louable. 

Mais pour savoir qui a moins de 15 ans, il fallait vérifier l’âge de tout le monde. 

Quarante millions d’adultes auraient dû prouver leur identité, pièce d’identité ou scan du visage à l’appui, pour continuer à s’exprimer en ligne.

Il a fallu le Conseil constitutionnel pour arrêter la machine. 

Dans sa décision du 14 août 2026, il a censuré l’article principal de la loi, en relevant notamment que le législateur n’avait prévu aucune garantie pour protéger la vie privée : les conditions dans lesquelles chacun aurait dû justifier de son âge n’étaient même pas précisées. 

Le gouvernement, lui, n’a pas renoncé, et entend réécrire le texte.

Or confier ses données à l’État français, en 2026, c’est un peu comme confier ses clés à quelqu’un qui laisse sa porte ouverte.

Le 15 avril, le portail de l’Agence nationale des titres sécurisés, qui gère les cartes d’identité, passeports et permis de conduire, a été piraté. Près de 12 millions de comptes ont été compromis, et le parquet a évoqué entre 12 et 18 millions de lignes de données mises en vente. 

Le suspect ? Un adolescent de 15 ans, arrêté le 25 avril. 

La faille, selon une question écrite à l’Assemblée nationale, était si grossière que le pirate lui-même l’avait jugée « vraiment stupide » : il suffisait de modifier un chiffre dans une requête pour accéder aux données d’un autre citoyen. 

Une faille connue des spécialistes depuis des années.

Ce n’est pas un accident isolé. C’est une série.

 En 2024, France Travail perdait les données de 43 millions de personnes. 

En décembre 2025, le ministère de l’Intérieur était attaqué. En janvier 2026, le fichier national des comptes bancaires, le Ficoba, était consulté et détourné grâce aux identifiants d’un fonctionnaire : au moins 1,2 million de comptes concernés, avec RIB et IBAN. 

En mars, le Cnous annonçait le vol des données de 774 000 étudiants. 

La liste est interminable.

Et pendant ce temps, l’État exige toujours plus : plus d’identifiants, plus de justificatifs, plus de démarches en ligne obligatoires. 

Le citoyen n’a pas le choix. L’administration, elle, n’a pas de comptes à rendre. 

La CNIL peut sanctionner une entreprise privée de dizaines de millions d’euros ; elle ne peut pas infliger d’amende à l’État. 

Le Premier ministre a annoncé un plan cyber de 200 millions d’euros après l’affaire de l’ANTS. Il aura fallu qu’un collégien fasse la démonstration publique de l’incurie.

Payez plus cher votre énergie… et ne vous chauffez pas au bois

 

Deuxième piège : l’énergie.

La France avait un atout que le monde lui enviait : une électricité nucléaire abondante, décarbonée et bon marché.

 Elle s’est ingéniée à l’affaiblir.

Loi de 2015 prévoyant de ramener le nucléaire à 50 % de la production, fermeture de Fessenheim en 2020, investissements gelés, filière laissée à l’abandon, avant un revirement tardif en 2022. 

Entre-temps, le prix de l’électricité a bondi d’environ 45 % entre 2021 et 2024.

La TVA sur l’abonnement est passée de 5,5 % à 20 % en 2025. 

Les tarifs ont encore augmenté de 2,5 % au 1er août 2026, sous l’effet des coûts de réseau et d’un nouveau mécanisme de capacité. 

Et à la pompe, le gazole a atteint 2,30 à 2,40 euros le litre en octobre, sans que le gouvernement ne consente à toucher à des taxes qui représentent plus de la moitié du prix.

Face à cette envolée, que reste-t-il aux Français, surtout à ceux des campagnes ?

 Le bois. Une énergie locale, renouvelable, souvent la moins chère.

 Et c’est précisément le moment que choisit l’administration pour l’interdire.

Depuis le 1er novembre 2026, allumer un feu dans une cheminée à foyer ouvert est interdit en permanence dans 657 communes, de Chamonix à Roubaix. 

Dans les 95 communes de la métropole de Lille, c’est le cas depuis cette date, y compris pour un simple feu d’appoint. 

En Isère, les poêles et inserts installés avant 2002 sont eux-mêmes interdits dans certaines communes depuis janvier 2026. 

Au total, plus de 1 200 communes appliquent déjà une forme d’interdiction des foyers ouverts. L’infraction est passible d’une contravention.

Comme l’a relevé un observateur, aucune loi n’a été votée, aucun débat parlementaire n’a eu lieu : un arrêté préfectoral suffit.

On augmente le prix de l’électricité, on taxe le carburant, et on retire au citoyen la dernière source de chaleur qu’il maîtrisait.

 

Le même mécanisme, à chaque fois

Ces deux histoires n’ont rien en commun en apparence. 

Elles obéissent pourtant à la même logique.

D’abord, l’État légifère sans mesurer les conséquences. Interdire les réseaux sociaux aux mineurs sans savoir comment vérifier l’âge ; fermer des réacteurs sans savoir comment les remplacer ; interdire les cheminées sans se demander comment se chaufferont les ménages modestes.

Ensuite, il transfère le coût sur les citoyens.

 Ce sont les Français qui fournissent leurs données, qui subissent les escroqueries après les fuites, qui paient l’électricité plus cher, qui doivent remplacer leur cheminée à leurs frais, quelques aides mises à part.

Enfin, il ne rend jamais de comptes. Aucun ministre n’a démissionné après les fuites de France Travail, du Ficoba ou de l’ANTS. 

Aucun responsable n’a jamais été sanctionné pour la politique énergétique qui a fait exploser les factures. 

L’erreur est toujours collective, donc jamais personnelle.

C’est cela, l’amateurisme d’État : non pas l’incompétence de quelques fonctionnaires, souvent dévoués, mais un système où l’on décide sans évaluer, où l’on impose sans protéger, et où l’on échoue sans conséquence.

 

Comment sortir de l’enfer ?

Il n’y a pas de solution miracle. Mais il y a des principes simples, qui permettraient de rompre le cycle.

Exiger moins pour protéger mieux. La meilleure donnée est celle qu’on ne collecte pas. 

Avant d’exiger une pièce d’identité pour accéder à un service, l’État devrait démontrer que c’est indispensable, et qu’il est capable de la protéger. 

C’est d’ailleurs un principe inscrit dans le droit européen : la minimisation des données. Il serait temps que l’État l’applique à lui-même.

Rendre l’État responsable. Quand une entreprise perd vos données, elle est sanctionnée. 

Quand l’État les perd, rien. 

Il faut permettre à la CNIL de sanctionner réellement les administrations, prévoir une indemnisation automatique des victimes de fuites publiques, et imposer des audits de sécurité indépendants, rendus publics, sur les grands fichiers de l’État. Une faille connue depuis des années ne devrait jamais rester ouverte.

Évaluer avant d’interdire. Chaque interdiction, chaque nouvelle norme devrait être précédée d’une véritable étude d’impact, notamment sur les ménages modestes et ruraux, et soumise au débat démocratique. 

On ne devrait pas pouvoir priver des centaines de milliers de foyers de leur moyen de chauffage par un simple arrêté, sans vote, sans débat, sans alternative financée.

Revenir au bon sens énergétique. La France doit retrouver l’électricité abondante et peu chère qui faisait sa force : relance réelle du nucléaire, stabilité fiscale, fin des taxes qui s’empilent sur une énergie déjà décarbonée

. On ne demande pas aux Français de se chauffer moins ; on leur permet de se chauffer pour moins cher.

Préférer l’incitation à la contrainte. Si le bois pollue, aidons massivement les foyers à passer à des poêles performants, plutôt que de verbaliser ceux qui n’en ont pas les moyens.

Rétablir la responsabilité politique. Un ministre qui laisse fuir les données de millions de citoyens, ou qui conduit une politique énergétique désastreuse, doit en répondre. 

C’est le fondement même d’une démocratie : celui qui décide est celui qui rend des comptes.

 

Un choix démocratique

Sortir de ce piège ne passera pas par la colère seule, mais par une exigence. 

À six mois d’une élection présidentielle, les Français ont l’occasion de demander aux candidats non pas ce qu’ils interdiront de plus, mais ce qu’ils cesseront d’imposer, et comment ils protégeront enfin ce que l’État exige d’eux.

Un État qui exige tout et ne protège rien finit par perdre ce qui le fonde : la confiance. La reconstruire suppose un renversement simple.

 Ce n’est pas au citoyen de prouver qu’il mérite la liberté.

 C’est à l’État de prouver qu’il mérite la confiance.

 


 

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