jeudi 1 octobre 2026

VOYAGE EN ESPAGNE DES " MACRON " ! UN DÉPLACEMENT POUR RECEVOIR UNE GIFLE .........

 LU, VU ET ENTENDU !

La gifle !

 En plein dîner avec Philippe VI, E. Macron apprend le rejet d’un traité d’amitié franco-espagnol

La droite sénatoriale espagnole a envoyé à Pedro Sánchez et Emmanuel Macron un signal souverainiste fort.
Capture d'écran La Libre Belgique.
Capture d'écran La Libre Belgique.

En ce mardi 29 septembre au soir, à Madrid, Philippe VI et Letizia d’Espagne donnent un dîner de gala. 

Quelques heures plus tôt, le couple royal était venu accueillir les Macron à l’aéroport.

 Pour le Président français, c’est jour de gloire. 

Après la remise des mains du roi d’Espagne du collier de l’ordre d’Isabelle la Catholique - honneur qui pourrait prêter à sourire, puisque la reine à qui cette décoration fait référence restera comme celle de la « Reconquista », reprise aux musulmans du royaume de Grenade -, Emmanuel et Brigitte Macron sont priés de passer à table. 

Ils savourent à l’évidence ce moment, l’un des derniers dans une fin de double quinquennat pour le moins difficile.

 

Pied de nez à Emmanuel Macron

Mais patatras ! 

À quelques lieues de là, un complot se trame. 

La droite sénatoriale espagnole est bien décidée à pourrir le voyage du Président français.

 Majoritaire à la chambre haute, le PP (Parti populaire, correspondant à peu près à notre LR) ainsi que les patriotes de Vox votent le rejet du traité d’amitié et de coopération qu’avaient signé Emmanuel Macron et Pedro Sánchez à Barcelone en 2023. 

Le verdict est sans appel : 142 voix contre, 106 pour ; les socialistes du PSOE, le parti du Premier ministre, n’ont pas fait le poids.


Le choix de la date ne doit rien au hasard. 
Le pied de nez est intentionnel. 
L’affront est net, officiel, cinglant. 
En d’autres lieux, l’auteur de la gifle eût osé un « Monjoie ! Saint-Denis ! » du plus bel effet… 
Le locataire de l’Élysée, bien que se sachant en fin de bail, tente un « On y arrivera » qui ne convainc guère.
 Le roi est un peu gêné, l’ambiance est lourde, les bruits de fourchette font office de conversations…

Un traité apparemment inoffensif

La surprise a été d’autant plus grande que le 23 septembre, la constitutionnalité du traité avait été confirmée par voie de justice. 

Mais quel est donc ce traité auquel la droite espagnole a estimé nécessaire de faire pièce ?

 Il s’agit d’un accord de coopération, à la fois bilatérale et européenne, comme la France en a déjà signé avec l’Allemagne, l’Italie et la Pologne. 

De son côté, L’Espagne en avait déjà signé un avec chacun de ses deux autres voisins, le Maroc et le Portugal.

 Celui de Barcelone devait donc compléter ce dispositif de « bonne entente frontalière ».

La portée du traité rejeté par le Sénat espagnol en ce 29 septembre est très générale.

 Il concerne autant des questions de politique et de sécurité que d’énergie et de transports, de coopération transfrontalière, d’éducation, mais encore de la forme des relations bilatérales entre l’Espagne et la France. 

Il instaure le principe d’un sommet bilatéral annuel et, enfin, une participation croisée des ministres aux Conseils des ministres de l'autre pays, un ministre français devant siéger tous les trois mois au Conseil des ministres espagnol, et inversement.

 

Un acte souverainiste

Et c’est ce dernier point, vu par la droite sénatoriale comme une entorse à la souveraineté espagnole, qui a conduit au rejet du texte. 

La presse espagnole a réagi de façon contrastée, confirmant une sous-jacente confrontation droite-gauche sur la question.

 

À droite, El Mundo relève notamment la réaction de Santiago Abascal, chef de file des patriotes de Vox, pour qui ce traité « vieillot » avait été « signé par deux politiciens, Sánchez et Macron, en plein déclin » 

 Il estime, par ailleurs, qu’un « membre du gouvernement français n’a rien à faire au Conseil des ministres espagnol, et vice versa ». 

On peut voir là un acte souverainiste, ainsi qu'une charge à peine déguisée contre un traité dont l’esprit très « européiste » tend à affaiblir partout où c’est possible ce qui reste de la souveraineté de nations membres de l’UE.

 

À gauche, le très « bruxellois » El País ne cache pas sa déception, un certain désarroi et son énervement à l’encontre du PP, qui « bloque à nouveau le traité d'amitié France-Espagne ». 

Mais le quotidien veut y croire, rappelant qu’un peu comme en France, une commission mixte va rédiger une version du texte sans doute légèrement modifiée et pouvant mettre tout le monde d’accord. 

Si ce n’était pas le cas, les députés de la chambre basse auraient alors le dernier mot.

 

Or, le PSOE de Pedro Sánchez est minoritaire, aussi, à la chambre basse, avec seulement 121 députés sur un total de 350. 

Sur cette affaire comme sur toutes les autres, il va devoir composer avec les petites formations, essentiellement autonomistes, voire indépendantistes. 

La question n’est donc pas de savoir si un traité va voir le jour, mais au prix de quelles concessions il sera adopté.

  Picture of Etienne Lombard

Par Etienne Lombard
Journaliste 
 
Source :  https://www.bvoltaire.fr/la-gifle-en-plein-diner
 
 

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire