TRIBUNE LIBRE !
Ségolène Royal en était sûre, la France la désirait.
Encore raté !
Dimanche, Ségolène Royal est arrivée troisième de la primaire socialiste, avec un score de 7,6 %, soit près de deux fois moins que le chef du parti Olivier Faure (14,5 %) et très exactement 8,69 fois moins que son meilleur ennemi, Raphaël Glucksmann.
Avec 66,1 % des votants, ce dernier a remporté une victoire qu’à l’évidence personne n’attendait : ni médias, ni sondeurs, ni… socialistes – pour autant que les adhérents du parti à la rose soient bien ceux qui se sont exprimés dans cette consultation payante (15 euros) ouverte à tous les vents.
Il n’y aura donc pas de second tour, l’enfant des beaux quartiers a raflé la mise haut la main.
Certes, 66,1 % des 120.587 votants, soit 79.613 voix, ça ne fait jamais qu’« un gros Stade de France », comme disait un chroniqueur matinal.
La France compte 50 millions d’électeurs – de quoi relativiser.
Et, pourrait-o
n croire, de quoi clouer le bec d’une Ségolène Royal vers qui ne se sont tournés que quelque 9.165 votants. Mais ce serait bien mal la connaître.
Sa candidature n’avait-elle qu’un but : exister encore ?
Certes, Le Parisien l’avait écrit, voilà quelques jours : « Sans elle, la campagne aurait été bien fade. »
Sans doute, mais on ne va pas à la présidentielle pour faire son show. En principe.
Elle l’avait annoncé fin août aux journalistes, hilare, lors des universités d’été du PS : « Vous ne sera pas déçus. » Dont acte.
Celle qu’on appelait autrefois la Madone du Poitou, n’a eu de cesse de cibler Raphaël Glucksmann.
Un jeunot qui ose lui voler la vedette, à elle, l’impératrice douairière du Parti socialiste, l’historique que Mitterrand a cueillie au berceau ou peu s’en faut, à l'entendre la seule femme à avoir gravi les marches jusqu’au second tour de la présidentielle !
Car il y a une constante, chez ces gens-là : les succès de Marine Le Pen, trois fois candidate et deux fois parvenue au second tour, n’existent simplement pas.
Au fil des semaines et des débats, la tension s’est exacerbée entre le patron de Place publique et Madame Royal.
Summum du numéro de cirque, les plates excuses contraintes du candidat à la candidature, sur BFM TV, après la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’une vidéo où il expliquait « pisser » sur Mélenchon et Le Pen avant d’accuser sa rivale d’avoir « fait la danse du ventre à Macron » pour obtenir des postes.
Se drapant, comme elle le fait depuis toujours, dans sa dignité de femme offensée, Ségolène Royal lui a répondu : « Je n’accepte pas qu’on puisse dégrader une femme et avoir des connotations sexuelles (sic). Je n’ai jamais demandé de poste à Emmanuel Macron. »
Des hochets, peut-être ?
Pas de candidat PS à la présidentielle
Jamais en retard d’une pique, c’est elle qui avait pris les devants. Se confiant à Libération, persuadée comme toujours d’être l’objet du désir ardent des Français – « La France périphérique est frappée par un pouvoir central qui ne l’a jamais comprise. Je ne pouvais pas rester inerte » –, elle n’hésitait pas à étriller Raphaël Glucksmann.
Au journaliste qui lui demandait ce qui les différenciait, elle a répondu : « L’expérience. Femme socialiste, j’ai fait mes preuves dans l’exercice difficile du commandement démocratique local, national et international.
» Quant à son rival, il n’a tout simplement pas les épaules : « Pour diriger un pays, il faut déjà avoir un métier. Ou avoir dirigé ne serait-ce qu’une collectivité locale ou une structure étatique et obtenu des résultats concrets positifs.
Vous ne mettez pas un stagiaire à la tête d’une entreprise.
C’est dangereux. »
Même son de cloche, dimanche soir, lorsqu’il lui a fallu affronter les résultats : « Le stagiaire a gagné, malheureusement. » «
Très déçue, mais sans regrets », elle l’a néanmoins assuré de son soutien « tant qu’il respectera les valeurs de la gauche » avant de relever : « C’est la première fois, depuis que le PS existe, qu’il n’y a pas de candidat PS à l’élection présidentielle. Je le regrette. »
Vu les scores des derniers candidats (6,36 % pour Benoît Hamon en 2017 et 1,75 % pour Anne Hidalgo en 2022), est-ce vraiment grave ?
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