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À l’occasion de la manifestation du 17 octobre, face au déclin de la mobilisation lycéenne, une partie de la gauche a ressorti la rengaine de la convergence des luttes, espérant agglomérer dans la rue lycéens, étudiants, fonctionnaires, salariés et « banlieusards ».
Le mouvement lycéen s’essouffle : que les étudiants prennent le relais ! C’est un peu ce à quoi l’on a pu assister cette semaine. À l’approche de la Toussaint, la lutte des classes fait pâle figure face aux vacances, et le « mouvement social » a finalement tenté de répercuter la « colère » lycéenne vers les facultés, qui n’ont pas toutes deux semaines de congés à l’automne.
Le samedi 17 est aussi censé rassembler les « Gilets jaunes », en réalité essentiellement les figures gauchisantes qui se sont fait une notoriété sur le dos d’un mouvement anti-fiscal parasité par la gauche.
Les syndicats seront de la partie, et La France insoumise aussi. S’il semble bien que l’on se trouve en fin de cycle pour ces mobilisations, c’est bien le parti mélenchoniste qui joue le plus gros ici.
En soutien aux lycéens depuis plusieurs semaines, les troupes insoumises se voient reprocher le grabuge en marge des manifestations, un désordre qu’elles cautionnent à défaut de l’orchestrer.
Dans la rue, Mélenchon se fait déborder par sa gauche, cette extrême gauche autonome qui n’a pas de mandat en jeu et le ramène à son statut d’apparatchik : parlementaire pendant 33 ans.
Convergence et union de rien du tout
Rallier tous les mécontents : les travailleurs, les étudiants, les « racisés », est devenu une rengaine incontournable à gauche.
Faute de grève générale, faute de syndicats de masse et même de parti capable de dépasser les 20 % à une élection, les gauches de souche trotskiste théorisent une « convergence des luttes ».
Comprendre : les mécontents vont s’unir contre les puissants.
Dans la réalité, la sauce ne prend pas. Les contestataires « diversitaires » (de banlieues) comme les lycéens sont largement imprégnés par le consumérisme et séduits par un discours racial pas toujours compatible avec le reste de la gauche, les syndicats défendent leurs syndicats, les partis cherchent à capter un électorat. Quant aux travailleurs « gilets jaunes », on se demande ce qui les rapproche de ces catégories, si ce n’est la colère, qui n’est absolument pas un dénominateur suffisant.
Cette obsession pour la « convergence des luttes » fait écho à l’union des droites.
Désirée par les bases militantes et souvent par les franges plus radicales, celle-ci est sans cesse rejetée par les états-majors de partis, qui savent que plus il y a de monde, moins la part du gâteau est grosse. La prime à la majorité reste encore trop importante pour envisager une quelconque union de ce côté de l’échiquier politique. À gauche comme à droite, la perspective de la marginalisation pousse à s’imaginer étendre l’assiette militante ou électorale.
Pour les uns, il faut agréger plus de colère, pour les autres, se rassembler. Dans les deux cas, cela ne fonctionne pas. Et à la fin, c’est le centre qui l’emporte.
Les émeutes qui ont suivi la mobilisation des gauches du 17 octobre devraient agir comme une piqûre de rappel pour la France. Même si la situation se calmera dans les jours à venir, il est évident que le poids démographique, l’incurie politicienne et l’idéologie gauchiste laissent couver des lendemains sanglants.
Loin d’être une mobilisation populaire, les manifestations du 17 octobre ont laissé place à une convergence des colères, et non des luttes, entre l’extrême gauche autonome (antifa, anarchistes…) et les diversitaires.
Les cortèges sans heurts des syndicats et des politiques institutionnels ne sont pas ici en cause, même si, évidemment, ceux-ci défendent souvent les casseurs et soufflent sur les braises.
L’exécutif aura été tellement éculé qu’il a fini par admettre son échec, et le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a même présenté sa démission, refusée par le président Macron.
En Macronie, on ne démissionne pas, comme l’a déjà montré la pathétique fausse démission de la ministre de l’Écologie Monique Barbut.
Gérald Darmanin, passé de l’Intérieur à la « Justice », admet lui aussi un échec. Il y a quatre ans, il désarmait les Français avec son « Opération nationale d’abandon simplifié d’armes à l’État ».
Des lendemains qui saignent
L’épisode des violences urbaines (émeutes, pillages…) sera rapidement évacué.
Les auteurs s’en sortiront majoritairement sans condamnation et les responsables politiques resteront en liberté.
La fin de la « chienlit » pourrait d’ailleurs être sifflée par les dealers et, plus généralement, par les petites mafias ethniques qui savent que le grabuge nuit à leurs affaires.
À court terme, c’est la présidentielle de 2027 qui pourrait être une nouvelle occasion de chaos. À long terme, c’est une intensification des épisodes de violence qui se produira.
Il ne faut pas être devin pour l’écrire en 2026. Jean Raspail l’avait prédit dans le Camp des saints, Enoch Powell dans son discours des « fleuves de sang » l’avait aussi écrit.
Lire ou relire ces ouvrages est indispensable ; les faire connaître est d’utilité publique. Les promoteurs de ces livres éprouvent aujourd’hui la douleur d’avoir eu raison.
Paradoxalement, avec un RN en tête des études d’opinion et une petite bascule droitière dans certains médias, la leçon n’est pas comprise.
Avec les années, la normalisation et la progression de l’antiracisme, le rouleau compresseur assimilationniste semble avoir détruit toute lecture ethnique du problème.
Le visionnage des images de violences urbaines en France ne laisse pourtant aucun doute.
Le modèle d’intégration et d’assimilation républicaine est un leurre. Le soutenir est criminel.
La confrontation, mais avant cela les confrontations, est inéluctable.
Ce n’est pas le constat d’un écrivain réactionnaire ou d’un éditorialiste nationaliste, mais celui d’un ministre de l’Intérieur de centre gauche. En octobre 2018, Gérard Collomb quittait Beauvau avec cette mise en garde : « Aujourd’hui, on vit côte à côte.
Je crains que demain, on ne vive face à face. »

Par Olivier Frèrejacques
Président de Liberté politique
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