Depuis une semaine, des lycées sont attaqués par des meutes de jeunes gens ultraviolents
. Les images aberrantes de ces exactions, qui s’apparentent, par plus d’un aspect, à une répétition de la guerre civile, tournent en boucle à la télévision et sur les réseaux sociaux.
Un œil guidé par une démarche spirituelle pourrait y voir la vengeance des forces des ténèbres contre le lumineux voyage du pape en France.
Beaucoup de commentateurs ont déjà glosé sur ce « deux salles, deux ambiances » qui montre bien l’état de sécession auquel nous en sommes rendus, entre des jeunesses qui ne peuvent plus se comprendre.
Mais cette fois, la question n’est pas là.
La question qui se pose, bien davantage, est celle de la perception de cette chienlit par les autres États. Les médias européens sont abasourdis, évidemment.
Nous passons, une fois de plus, pour des faibles, avec notamment la désastreuse image de cette charge de CRS qui s’arrête net… simplement parce qu’en face, les manifestants ne s’enfuient pas.
Il est toutefois intéressant de se demander comment nos adversaires, nos ennemis (« nos compétiteurs », dit-on désormais) exploitent nos faiblesses pour nous faire crouler de l’intérieur.
Provoquer une guerre civile, rendre un peuple fâché contre lui-même, est l’un des plus sûrs moyens de le conquérir sans un coup de feu.
L’Azerbaïdjan, avec le Bakou Initiative Group (BIG), s’est fait une spécialité d’attiser les haines « décoloniales » de nos outremers, notamment en Nouvelle-Calédonie et en Guyane.
C’est la manière dont le régime d’Aliev se venge de notre soutien à l’Arménie.
Le Qatar, lui, possède une chaîne désormais bien connue, Al Jazeera, qui a émergé dans les semaines qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001.
La version francophone de cette chaîne a eu l’intelligence de créer une branche numérique, AJ+. AJ+ est financée directement par Doha.
Si l'on en croit l'imam Chalghoumi, on trouverait dans son sillage une organisation jeunesse qui s’appelle « Étudiants Musulmans de France » (EMF), qu’un rapport du ministère de l'Intérieur de mai 2025 identifiait comme une émanation de l’UOIF (devenue Musulmans de France), organisation elle-même considérée dans ce document comme « la branche nationale des Frères musulmans en France » – cette organisation que de nombreux pays, à commencer par l’Égypte où elle est née, classent comme terroriste.
Ingérence étrangère
Le 1er octobre, dès que les affrontements ont commencé à monter en puissance, AJ+ a publié des vidéos, sorties de leur contexte, dans lesquelles la caméra prenait systématiquement le parti des assaillants contre la police.
Le discours était simple : la jeunesse a des revendications légitimes pour étudier convenablement, et la police réprime aveuglément cette mobilisation politique.
L’ingérence russe est certes la plus préoccupante du moment.
Mais peut-être ferait-on aussi bien de s’interroger sur le mal que l’Azerbaïdjan ou, en l’espèce, le Qatar, font à nos démocraties médiatiques.
Le Qatar est en train de fanatiser une jeunesse qui possède un passeport français, mais qui déteste tout ce que représente la France.
Nous sommes à moins d’un an de l’élection présidentielle, et une partie de cette jeunesse, radicalisée par les discours victimaires d’AJ+, s’apprête à voter.
C’est peut-être plus urgent que les « ingérences intérieures », qui ne sont rien d’autres que des opinions divergentes émises par des citoyens français…

Arnaud Florac
Chroniqueur à BV. https://www.bvoltaire.fr/point-de-vue-
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