[POINT DE VUE]
Rennes 2 : l’invisible frontière entre mobilisation étudiante et saccage gratuit

Jeudi 8 octobre, après plusieurs jours d’occupation, l’université de Rennes 2, haut lieu du gauchisme estudiantin, a été évacué par des agents de sécurité mandatés par la direction de la fac.
Les images de l’état des bâtiments, relayées notamment par France 3 Régions, sont impressionnantes.
Le bilan l’est tout autant.
Deux CROUS markets (ces épiceries faites pour les étudiants), un restaurant universitaire et une sandwicherie ont été vandalisés.
Les amphis ont été tagués, ainsi que les murs ; les faux plafonds et les murs, défoncés.
Le sol est jonché de détritus.
On a retrouvé des sacs contenant des excréments.
Soutien aux lycéens
France 3 fait témoigner un certain Raphaël (le prénom a été changé), étudiant en master à Rennes 2, qui s’enthousiasme pour la mobilisation.
« Cela faisait longtemps qu'on n'avait pas vu autant d'engagements et d'effervescence.
Il y avait beaucoup de gens qui étaient venus discuter et débattre, c'était hyper intéressant », dit ce jeune homme, à qui on souhaite de trouver du travail malgré tout, quand il se sera aperçu que le débat entre soi relève de la fièvre adolescente.
L’Union Pirate, le syndicat gauchiste le plus en vue au sein de l’université, se fend d’un tweet sur X pour se féliciter de la présence d’un millier de personnes, « étudiant.e.s et professeur.e.s », réuni (.e.s, on imagine) « en soutien » à la prétendue grève des lycéens.
Grève de quoi, on se le demande, puisqu’il ne suffit pas de jouer aux adultes pour produire de la richesse – mais à ce stade d’irrationnalité, on n’en est plus là.
On apprend à l’occasion que le « célèbre (sic) "Vive la commune" » a été repeint sur les murs de l’université.
Est-ce à dire que les gauchistes respectent, quoique d’une manière infiniment détournée, les traditions ?
Saccage et menaces de mort
Raphaël, en revanche, ne comprend pas, et même désapprouve, le saccage du campus.
Les vidéoprojecteurs sont HS, ce qui n’est guère pratique pour les étudiants en cinéma.
« Sur la fac, tout le monde désapprouve », conclut-il. OK, très bien, Raphaël, mais ne fallait-il pas y penser avant ?
La présence, au sein des mobilisations estudiantines de gauche, de punks à chien ivres morts, de Black Blocs nihilistes, de racailles désœuvrées qui aiment le chaos, d’asociaux qui aiment semer des ordures n’est pas vraiment une nouveauté.
En fait, ce que les étudiants de Rennes 2 auraient voulu, c’est une révolution propre.
Une Commune de Paris ISO 9001.
Des débats d’intellos, portés par une esthétique communisante parce que c’est chic, mais sans laisser de traces.
Désolé, vieux : les squats, c’est sale ; les manifestations, c’est violent ; elle est comme ça, la vie.
Il y a, chez les gauchistes, un aveuglement comparable à celui des droitards qui disent aimer la guerre.
Comme tout affrontement qui tend vers le paroxysme, la guerre ou la révolution apportent avec elles le chaos, la laideur, la saleté (celle du monde et celle de l’âme).
C’est comme ça depuis toujours.
Ce n’est pas « contre-productif », comme dit Raphaël, c’est simplement le réel.
En attendant, deux campus sont fermés, la présidence s’est délocalisée après la découverte de menaces de mort.
La CFDT « condamne fermement » : c’est faible et inutile comme le discours d’un ministre de l’Intérieur après un attentat.
Du côté des gauchos comme du côté des institutions, c’est toujours la même incapacité à anticiper la violence du monde, la tendance naturelle des manifestants à semer le chaos, l’entropie comme loi physique et morale.
Entre le pouvoir et les monômes de parasites, c’est peut-être une forme de convergence des luttes…
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