REVUE DE PRESSE !
Macron face à la menace russe :
à l’Est, rien de nouveau

Ce 24 septembre soir, lors du JT de TF1 et de France 2, Emmanuel Macron, revenant de New York, répondait aux questions de Gilles Bouleau et Caroline Roux, notamment sur la question de la menace russe qui pèserait sur la France.
En effet, en début de semaine, certains médias ont relayé cette information : la CIA aurait prévenu la France, l’Italie et l’Espagne que la Russie pourrait envoyer des drones depuis la mer.
Le président de la République a démenti formellement cette information.
Les services de renseignement français et italiens n’auraient encore aucune trace d’une telle menace.
Le chef de l'État a cependant reconnu une tension grandissante, évoquant des « actes hostiles » qui se sont multipliés depuis les dernières semaines en Europe, notamment l’attentat raté sur l’aéroport de Leipzig, en Allemagne, dont l’origine russe a été authentifiée par les services de sécurité allemands.
Une future mobilisation de 300.000 soldats russes
Pour Emmanuel Macron, « l’Europe constituerait, selon les Russes, la profondeur stratégique de l’Ukraine », et ce, dans la mesure où les pays européens aident l’Ukraine à résister.
Il a confirmé que les services de renseignement français avaient, eux aussi, détecté une future mobilisation militaire russe de 300.000 hommes après les élections législatives du week-end dernier, à l’instar d’autres services alliés, et ce, en vue de poursuivre la conquête du Donbass.
Aussi la stratégie française, aujourd’hui, consiste-t-elle, non pas à rechercher un cessez-le-feu ou une paix entre la Russie et l’Ukraine, mais à poursuivre une aide matérielle et militaire aux Ukrainiens[1] de manière que ces derniers puissent encore résister aux tentatives russes d’étendre leur avancée aux 15 % restants de la surface des deux oblasts du Donbass encore ukrainiens.
« Guerre hybride »
Par ailleurs, sur notre territoire national, les préfets de zones de défense prennent, depuis le Conseil de défense de la semaine dernière, les mesures nécessaires à la défense des points sensibles civils et militaires.
En outre, VIGINUM[2] a déjà réagi aux différentes menaces informationnelles russes qui se sont signalées en France et poursuit ses missions de détection et de riposte à ces menaces.
Au fond, dans la partie de cette interview consacrée à la menace russe, Emmanuel Macron n’a pas révélé de mesures spectaculaires relatives à des efforts supplémentaires du fait d’une menace russe accrue dans ce qu’il est convenu de nommer « la guerre hybride », mais dont le nom n’a même pas été prononcé par le chef des armées.
La notion de « défense opérationnelle du territoire » n’a pas non plus été évoquée ni, d’ailleurs, le rôle des forces de sécurité intérieure et des forces armées.
On n’a pas non plus eu de réponse face à ce que serait une réaction russe au concept de dissuasion avancée au profit de plus d’une dizaine de pays européens.
Enfin, aucune allusion n’a non plus été faite à la force antibalistique européenne (FREYJA) qui est censée être prête en juillet 2027.
Bref, on nous a répété ce qu'on entend depuis des semaine qu’on est sous la menace russe en termes de « guerre hybride », mais cela, sans que l’on soit formellement en guerre contre la Russie.
Grande absente de cet entretien : la diplomatie
En effet, à aucun moment Emmanuel Macron n'a fait mention d'un quelconque effort de notre diplomatie en vue de conclure ou de faciliter une paix ou, tout du moins, un cessez-le-feu entre Russes et Ukrainiens.
Pourtant, si « la guerre est la continuité de la politique par d’autres moyens », selon la formule bien connue de Clausewitz, on s’étonne que « la diplomatie ne soit pas la suite de la guerre par d’autres moyens ».
La question reste toujours la même : qui va vaincre la Russie et avec quels moyens, si on ne veut faire la paix avec elle ?
Puisque Emmanuel Macron a évoqué la « profondeur stratégique de l'Ukraine », évoquons, pour conclure, une autre profondeur, celle de l'Histoire, qui ne doit pas échapper aux Russes.
Qui, en effet, se souvient, aujourd’hui, qu’après la guerre de Crimée à laquelle la France de Napoléon III avait participé pendant trois ans contre la Russie, aux côtés de l’Empire britannique, du royaume du Piémont et de l’Empire ottoman - terrible guerre durant laquelle la France avait perdu 95.000 hommes sur les 300.000 engagés -, qui se souvient, donc, que les pourparlers de paix s’étaient passés à Paris en 1856 ?
Sans doute pas Emmanuel Macron.
Source : https://www.bvoltaire.fr/macron-face-a-la-menace-russe
[1] À New York, le Président Macron a promis au président Zelensky la livraison de radars et de missiles supplémentaires.
[2] VIGINUM : service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères, rattaché au Premier ministre, responsable de la Défense nationale.
Jmlb
En attendant , certains sourissent !

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire