lundi 28 septembre 2026

LOURDES : LÉON XIV ET L' HOMÉLIE SUR LA MALADIE ET LA FIN DE VIE .....

 

Lourdes : Léon XIV prononce une homélie exigeante contre l’euthanasie

Léon XIV a opposé Lourdes à la loi sur le droit à mourir et a touché les coeurs des malades et des victimes.
Capture d'écran France TV
Capture d'écran France TV

Après Paris et la messe, place de la Concorde, qui a réuni 800.000 personnes, le pape Léon XIV poursuit son voyage en France à Lourdes. 

 

Sereinement, mais fermement, en vrai pasteur « tranquille et rassembleur », selon les mots pour une fois inspirés du Monde, il trace sa voie, redisant à temps et à contre-temps, le message de l'Eglise et de l'évangile. 

Au stade de France, il a conquis les jeunes, à la Concorde, les familles et jusqu'aux élus présents et à Lourdes, il a bouleversé les coeurs, et d'abord ceux des malades et des souffrants. Un grand pape est né en France, c'est incontestable.

« Des gouvernants sages et généreux, prêts au sacrifice de soi »

Samedi soir, il s'est rendu à la grotte des apparitions et a prié pour les futurs gouvernants français : « Obtiens pour la France des gouvernants sages et généreux, prêts au sacrifice de soi, capables de relever les défis et désireux de servir le bien commun », a notamment demandé le souverain pontife, alors que la France élira au printemps un nouveau Président. Un message politique fort invitant au sacrifice, dans les mots et l'esprit d'un Philippe de Villiers.

 

Une homélie forte sur la maladie et la fin de vie

Dimanche, en célébrant une messe près de la grotte des apparitions, le pape a prononcé une homélie exigeante sur le mal et ses conséquences, en lien avec la récente loi française sur l’euthanasie, dans le sillage de son discours à l'Élysée de vendredi. 

 

Selon les commentateurs, « rarement un pape n’avait encore été aussi radical dans l’appel à l’exigence spirituelle de conversion » (Jean-Marie Guénois, Le Figaro).

 Cette homélie se voulait une réponse à la récente loi française sur l’euthanasie.

 

 Le successeur de Pierre a rappelé la nécessité de pratiquer « la pénitence », appelant notamment les personnes malades, nombreuses devant lui, à « vivre [leurs] peines et [leurs] douleurs dans cet esprit d’offrande, pour entrer dans cette démarche rédemptrice dont le monde a tant besoin ».

 

 Léon XIV va jusqu’à leur dire : « Vos béquilles, vos fauteuils roulants, vos larmes cachées ne sont pas des obstacles : ils sont le lieu par excellence où vous êtes pleinement respectés, accueillis et transformés par l’amour infini de Dieu. »

 

Léon XIV a implicitement opposé Lourdes à la récente loi française sur le droit à mourir : « Dans ce moment de l’Histoire, au sein d’une société en quête de progrès et de bien-être matériel, mais parfois tentée d’oublier l’horizon de l’éternité, Marie vient nous rappeler la grandeur et l’ampleur de notre vocation à la vie, à la vie éternelle.

 Face aux courants actuels qui cherchent à redéfinir la valeur de la vie humaine devant la maladie, la souffrance ou la vieillesse, la grotte de Massabielle se dresse comme un sanctuaire de l’espérance chrétienne. Ici, aucune fragilité n’est rejetée. »

 

Léon XIV a été encore plus explicite quelques minutes plus tard, lors de sa rencontre avec des malades, pendant sa visite à l’Accueil Notre-Dame, l'institution des sanctuaires de Lourdes qui organise le séjour des pèlerins malades, leurs soins et leur hébergement.

 Pour le pape, « la personne humaine est digne, par le simple fait qu’elle existe et a pour fin l’éternité. 

Sa dignité ne se mesure pas et ne se discute pas. » « Je sais que pour certains d’entre vous, en raison de pathologies particulières et de douleurs parfois terribles, l’horizon peut apparaître sombre, incertain, sans issue.

 Mais aucune loi humaine ne doit vous faire perdre la certitude de votre dignité. 

Au contraire, a-t-il insisté, c’est au nom de cette dignité inaliénable de la personne humaine que la tentation de donner la mort sous couvert de fausse compassion doit être fermement rejetée. »

 

Des malades et des victimes bouleversés par leur rencontre avec Léon XIV

Très applaudi, il a conclu par une formule : « Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort. Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral. »

 

S’adressant aux personnels soignants, le pape a plaidé en faveur du développement « sans relâche des structures de soins palliatifs et de recherche » : « J’appelle toute la communauté des soignants à se souvenir du sens profond de sa vocation : veiller sur la personne souffrante et non pas la supprimer. 

Oui chers amis, soyez des serviteurs passionnés de la vie ! »

Léon XIV s'est montré tout aussi explicite : « Personne n’a le droit, jamais, sur la base d’algorithmes de laboratoire, de décider de la vie de tel embryon ou de telle personne âgée ! Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée ! »

 

Ce qui fait d'ores et déjà de cette visite de Léon XIV non seulement un succès mais un miracle inattendu, c'est sa façon d'affronter en vérité les sujets qui fâchent avec cette alliance de hauteur, de précision avec une bonté et une charité dont tous les observateurs témoignent depuis trois jours, à Paris comme à Lourdes. L'euthanasie, donc. 

Mais aussi les violences sexuelles dans l'Eglise : il fallait entendre, sur France Info par exemple, les témoignages bouleversants des victimes qu'il a longuement reçues en tête à tête, touchées par le charisme du successeur de Pierre, rayonnant de compassion et d'intelligence.

 

 La France et les Français, au-delà des catholiques, ont été conquis par ce grand pape.

 

 

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Par Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire
 
 

 

 

 

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