
Ils avaient capturé un otage ; hélas pour eux, c’était un képi blanc !
Le 6 août, José Olger Melo Charry, un légionnaire franco-colombien, est pris en otage alors qu’il circule sur une route du département de Nariño, dans le sud-ouest de la Colombie.
Caporal depuis quatre ans à la Légion étrangère, il avait profité d’une permission pour retourner dans son pays natal.
Les responsables de cet enlèvement ?
Des dissidents des FARC, groupe aujourd’hui dissous, qui ont refusé de signer l’accord de paix de 2016 avec le gouvernement.
Ils sont dirigés par le guérillero le plus recherché de Colombie, connu sous le nom d’Iván Mordisco.
Principalement impliqués dans le trafic de drogue et l’exploitation minière illégale, ils ont recours aux enlèvements pour extorquer de l’argent ou faire pression sur les autorités.
Ces dernières ont changé ; depuis début août, c’est le président Abelardo de la Espriella, partisan d’une droite dure, qui a été élu.
Depuis son arrivée au pouvoir, avec le soutien des États-Unis, il affiche une politique de lutte sans merci contre les guérillas et les narcotrafiquants.
Ce que ne savaient pas ces rebelles, c’est qu’ils n’avaient affaire ni à un homme quelconque, ni à un bobo parisien venu bavasser sur l’avenir des tribus autochtones.
En face d’eux se trouvait un soldat surentraîné sachant mettre en action les paroles du chant : « Être et durer ».
En effet, un mois plus tard, notre légionnaire faussait compagnie à ses kidnappeurs.
Ayant demandé à être conduit à l’écart pour faire ses besoins, une fois seul avec son gardien, malgré ses mains entravées, il le maîtrisa et lui prit son fusil.
Toujours les mains liées, notre « caporal épinglé » de 35 ans sauta dans une rivière et s’enfuit.
Après avoir réussi à se défaire de ses liens, il marcha pendant quatre jours à travers une région des Andes colombiennes particulièrement inhospitalière où opèrent des groupes armés impliqués dans le trafic de drogue.
Il a plus tard expliqué :
« Chaque fois qu’une moto passait, je me cachais derrière des rochers ou grimpais dans un arbre. »
Il a aussi indiqué avoir pris un repas chez un paysan sans s’attarder, craignant d’être dénoncé aux guérilleros.
Sa fuite lui a permis de contacter sa famille par téléphone.
Celle-ci a informé les forces de l’ordre colombiennes qu’il s’était évadé et marchait dans me montagnes.
Une source des forces armées a aussi révélé que le légionnaire était considéré comme un « gros poisson » par les guérilleros et qu’il était resté ligoté, pieds et mains liés, pendant la majeure partie de sa captivité.
D’après un journal colombien, notre caporal a été conduit, accompagné de sa famille, dans un centre médical.
Il y est demeuré en observation plusieurs jours et s’avère aujourd’hui en bonne santé.
Une source militaire a déclaré que s’il a survécu, c’est « grâce à sa formation militaire et à son appartenance à la Légion étrangère ».
Selon le ministère français des Armées, le soldat, qui ne dispose pas de la nationalité française, avait un permis l’autorisant à résider en France métropolitaine, mais pas à se rendre en Colombie.
En droit militaire, ce soldat ayant quitté le territoire sans ordre ou autorisation peut être poursuivi pour désertion à l’étranger.
La peine maximale théorique pour un tel délit en temps de paix est de 5 ans d’emprisonnement.
J’espère que, vu son héroïsme, il ne sera condamné qu’à quelques jours d’arrêt.
La justice est assez indulgente pour des faits d’une tout autre gravité pour s’acharner sur lui.
D’ailleurs, il suffit que le ministre de la Défense assimile son périple à un stage en Guyane, en forêt équatoriale, et le tour est joué.
En conclusion, on peut en déduire que nos képis blancs sont plus efficaces que nos énarques pour se sortir d’un mauvais pas.
Ils feraient un malheur face à la DZ Mafia.
On le voit, la Légion, ce n’est pas l’Éducation nationale ; elle forme des cadors.
Dommage qu’il n’y ait pas un classement PISA pour l’armée.
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