TRIBUNE LIBRE ET PAMPHLET. !
Marine Tondelier
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Et un nouveau portrait qui vaut le détour !
Gloire à toi Madone fêlée !
Marine, insensé croisement entre Marianne, Louise Michel et un rouleau de sopalin, le sait avec certitude seule la violence de la rue est légitime quand l’ « autre » est diabolique.

Marine Tondelier, Madone en devenir ?
Marine Tondelier se veut fille du peuple et descendante des corons en droite lignée, c’est pourquoi elle a souvent l’air hagard des mineurs ayant échappé de peu au coup de grisou.
Elle s’imagine enfantée dans la boue comme Jésus fut né sur la paille ; son enfance n’ayant été qu’une succession de souffrances, de misère et le manque.
Son père revêtait pourtant la blouse du médecin et sa mère exerçait le métier de dentiste.
Sans compter que ses aïeux, déjà, étaient pharmaciens à Hénin-Beaumont quand ils n’appartenaient pas à la classe des gros laboureurs.
L’entrée en matière fait songer à Madame Bovary, Emma étant -elle aussi- une exaltée se sentant à l’étroit dans l’univers lénifiant de la petite bourgeoisie.
Tant qu’à faire elle aurait préféré naître pauvre mais de la pauvreté des vrais nécessiteux , de ceux que le Seigneur -qu’elle aime tant- révère.
Parce que Marine, nonobstant son petit problème de classe, fut pieuse et l’est restée.
Enfant des officines comme des sacristies, elle a grandi dans le souvenir bleuté de champs pas si lointains…
Après avoir obtenu son baccalauréat, la jeune femme intègre une classe préparatoire littéraire puis devient diplômée de l’Institut d’études politiques de Lille et détentrice d’un master en gestion des établissements de santé.
Elle endosse même pendant quelques années le rôle de déléguée générale de la fédération regroupant les Associations Agréées en Surveillance de la Qualité de l’Air (AASQA).
Pourtant, quelque part en elle, elle sait qu’un autre destin l’attend et décide de s’engager en politique.
En 2009, elle adhère à Europe Écologie et la même année, à 23 ans, elle participe à sa première campagne avant de se présenter quelques années plus tard aux élections législatives de la 11ème circonscription du Pas-de-Calais face à l’autre Marine (la bleue, la Le Pen).
Véritable Cassandre du beffroi, elle s’obstine à bâtir sa renommée sur le dos écaillé de l’ennemi et, Saint Georges, au féminin, fait du Front national le marchepied de sa propre ascension
Pour exister la guerrière a besoin de l’hydre comme l’ermite a besoin de son désert.
Sans compter que les combats prolongés finissent par tourner à la noce et l’on ne sait plus trop si les empoignades sont choses mortelles ou érotiques.
Cependant elle grimpe à la manière des plantes qui, l’air de rien, finissent par coloniser tout le mur.
Conseillère municipale puis régionale, elle devient la collaboratrice de députés ou de sénateurs écologistes.
Elle servit Duflot avant de diriger les campagnes de Piolle ou de Jadot.
Insensiblement le rouage devient machine.
Puis survient décembre 2022, le parti écologiste se cherche une nouvelle tête, Marine s’offre et le congrès, quasi unanime, la sacre avec plus de 90% des votes !
A ce moment-là, elle n’est encore personne pour le grand public et sait qu’elle doit absolument se trouver un petit quelque chose qui puisse agir comme une marque distinctive : un chapeau, un poireau ou que sais-je encore !
En tout cas un truc de vert… ce sera une veste.
A titre strictement personnel, j’aurais préféré une cape mais, ici, je chipote, m’excuse et reprends.
Bref, on la reconnait désormais de loin comme l’on reconnaissait autrefois le soldat à sa capote.
Xéna du désert, elle prit la parole et dit que l’objectif c’est « un million de sympathisantes et sympathisants avant la fin du mandat ! » Autant de partisans que d’étoiles !
Ceci prouve qu’elle n’a en rien oublié la Bible et se souvient que les constellations sont parfois annonciatrices de grandes promesses.
Mais pour se faire remarquer et parvenir à s’imposer, il faut faire bien plus et surtout ne pas lésiner sur les mots !
C’est pourquoi elle compare l’Assemblée nationale à une « ZAD».
Sans compter que c’est pratique d’avoir sa propre ZAD en plein 7ème arrondissement de Paris, ça évite de devoir patauger trop souvent dans la glaise avec ses amis zadistes qui, certes, sont de son côté mais restent tout de même un peu effrayants avec leurs dreadlocks et leurs vêtements mal rincés.
Puis, elle réfléchit et se dit que la pollution provenant essentiellement des plus riches (ce en quoi la dame a parfaitement raison), il serait bon de s’attaquer un peu aux puissants.
Comme Don Quichotte, elle enfourche son poney et part à l’assaut des géants du pétrole en leur lançant au visage moult cris d’orfraie et en les menaçant d’une « nuit d’abolition des privilèges climatiques » comme si l’on pouvait effacer les superprofits de la même manière dont on a jadis aboli les dîmes.
Au fond peut-être a-t-elle raison, je ne sais.
Puis, lassée par l’inefficacité toute relative de cette attaque verbale, elle se dit qu’elle a probablement visé trop haut et qu’il serait opportun de redescendre d’un étage et de se contenter de proposer un « congé climatique » pour les jours de canicule.
En plus, ca tombe bien les Français n’aiment pas bosser, ils ne pourront être que ravis !
Puis, elle réfléchit encore et se dit que l’écologie c’est bien mais ce n’est pas suffisant si elle souhaite qu’on puisse un jour la comparer à Jeanne d’Arc (ce qu’elle ne désire bien évidemment pas !).
Ainsi elle décide de partir en guerre contre l’extrême droite, omniprésente en France puisque 40% des électeurs sont des nazis potentiels, méchants par nature et aimant très probablement vivre sous un ciel déversant en continu des flots de plomb ou d’acide sulfurique.
Mal à l’aise avec le réseau X aux mains d’un milliardaire néofasciste, elle décide d’être grande, de déserter la plateforme et de devenir la Jean Moulin du clavier.
Avant de se rendre compte que Bluesky ne décolle pas et que, finalement, X n’est pas si mal que ça !
Puis l’année 2024 vient et apporte avec elle la dissolution de l’Assemblée nationale rapidement suivie par un désordre sans nom.
Alarmée, la gauche se rassemble dans l’urgence sous la bannière du Nouveau Front populaire (qui volera rapidement en éclats).
Réélue en 2025 à la tête de son parti, certains pestent en interne contre ce qu’ils estiment être un verrouillage du parti.
Des tendances autoritaires auraient-elles cours chez les écologistes ?
Mais surtout peut-on être écologiste quand l’on use et abuse du très polluant système médiatique ?
Parce que pour lutter et prôner la décroissance, le mieux est encore de vivre loin du monde.
L’écologie ressemble beaucoup à la foi, on peut en parler, faire du porte à porte et tenter de convertir ses voisins mais l’on peut aussi décider de se mettre en retrait, prendre sa cognée, louer un petit coin de terre et vivre en parfaite autarcie.
Et en ces temps de grossesse miraculeuse, il est bon de se demander ce que l’on souhaite : être l’icône de la résistance ou faire partie de celle-ci ?
En sachant qu’aucune solution ne sera la bonne…à moins que, nouvelle Madone, elle accouche d’un miracle.

Par Ophélie Roque
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