Expulsion de Xenia Fedorova : le tribunal administratif déboute la chroniqueuse russe, déjà à l’étranger
Le tribunal administratif de Paris a rejeté lundi 3 août le recours en référé-liberté de Xenia Fedorova contre son arrêté d’expulsion et le gel de ses avoirs.
Dans la foulée, son avocat a indiqué que la chroniqueuse se trouvait déjà à l’étranger et qu’elle n’envisageait de revenir en France que si la mesure était suspendue ou annulée.
La magistrate a estimé que la condition d’« extrême urgence » n’était pas remplie.
Assignée à résidence depuis le mercredi précédent, Xenia Fedorova n’avait exposé « aucun besoin de sortir du territoire parisien », n’avait sollicité aucune autorisation auprès du préfet de police et s’était contentée d’évoquer, sans précision, une gêne liée à l’obligation de pointage.
Le juge a donc refusé de suspendre les décisions dans le délai de quarante-huit heures propre au référé-liberté.
La chroniqueuse, 45 ans, est accusée par le ministère de l’Intérieur d’être « un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » destinées à « déstabiliser l’ordre public » en France.
Laurent Nuñez a pointé des propos qui, selon lui, reprennent systématiquement la propagande du Kremlin sur l’engagement français et les motivations de l’agression russe en Ukraine. Jean-Noël Barrot l’a quant à lui qualifiée d’« agente d’influence ».
Le gel des avoirs, décidé par Bercy, vise à empêcher de nouveaux actes d’ingérence.
Xenia Fedorova intervient principalement sur CNews, Europe 1 et dans l’hebdomadaire JDNews, médias du groupe Bolloré.
Ancienne dirigeante de RT France, interdite dans l’Union
européenne depuis 2022, elle vivait en France depuis près de dix ans.
Elle s’est défendue en affirmant vivre dans le respect de la loi, payer ses impôts et exercer simplement son métier de journaliste en exprimant une opinion.
Ses employeurs, Canal+ et Lagardère, ont dénoncé « une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression ».
Selon Me Emmanuel Piwnica, sa cliente était déjà en vacances à l’étranger lorsqu’elle a appris les mesures prises à son encontre.
Elle n’envisage de rentrer qu’après suspension ou annulation de l’arrêté.
L’avocat a fait part de son « très grand regret » et a annoncé que sa cliente entendait contester la décision par toutes les voies utiles.
Le tribunal a d’ailleurs rappelé que le rejet du référé-liberté ne l’empêchait ni de saisir à nouveau le juge des référés en explicitant sa situation, ni de former un référé-suspension classique.
La décision a divisé jusque dans les rangs de la droite nationale.
Certains élus RN ont estimé qu’elle ne devait pas rester sur le sol français.
D’autres, comme Thierry Mariani, ont regretté une mesure susceptible de faire taire l’une des rares voix dissonantes sur le conflit ukrainien.
Xenia Fedorova avait déjà fait l’objet d’une interdiction de territoire en Allemagne
En l’état, l’expulsion et le gel des avoirs restent exécutoires.
La chroniqueuse se trouve hors de France et conditionne son retour à une suspension judiciaire de l’arrêté.
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