LU, VU ET ENTENDU !
Cap-Ferret : Marion Cotillard, soutien des Soulèvements de la Terre, secourue par les agriculteurs
Pas moins de 87.500 euros : c’est le montant, on vient de l’apprendre, que viennent de débloquer les départements de la Seine-et-Marne et de l'Essonne pour indemniser la centaine d’agriculteurs venus à la rescousse des pompiers lors de l'incendie, mi-juillet, dans la forêt de Fontainebleau.
Quid du département de la Gironde ?
Et surtout des stars - innombrables -, avec leur bonne conscience de gauche en guise de maillot de bain sur les plages de sable fin du bassin ?
Apeurées, elles ont été évacuées.
Pendant ce temps, les agriculteurs luttaient pour que les flammes ne viennent pas lécher les terrasses de leurs cabane en bois - signées Arcas ou Bartherotte - passées à la postérité avec le film Les Petits Mouchoirs.
Dimanche 2 août, Guillaume Canet a appelé à la solidarité pour les sinistrés de Gironde, un beau geste soutenu par Laura Smet ou encore Julien Courbet.
Il a également fait allusion aux agriculteurs.
Oui, mais, concrètement, que fait-on, maintenant ?
À présent que la vie est revenue au « Ferret » - comme disent les gens chics -, tout va être oublié ?
Croquignolet
Il est assez croquignolet que des stars comme Marion Cotillard - fervent soutien des Soulèvements de la Terre et opposante à l’extrême droite - ou encore Calogero - qui s’était dit « scandalisé » de la diffusion d’une de ses chansons lors d’un meeting du RN - aient vu leur précieux bijou de bord de mer tiré d’affaire grâce à la prompte action de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne et de la Dordogne.
Foin de la supposée « proximité idéologique et accointances locales », pour reprendre un titre du Monde, entre Coordination rurale et RN, elle n’a pas « scandalisé » Calogero quand il s’est agi de sauver sa jolie bicoque.
Aucun des deux n’a dit « non merci », ni « ¡No pasarán! »
Il y aurait beaucoup à dire, de ces nouveaux Ferretcapiens richissimes - comment ne pas citer Niel ou encore Obispo, en passant ?
J’ai déjà longuement écrit sur ce sujet dans ces colonnes.
Quand mes arrière-grands-parents maternels bordelais venaient en villégiature sur la presqu'île, celle-ci n’était qu’un lieu sauvage, à peine carrossable.
À la faveur de quelques émissions de Thalassa et des relations qu’y a fait venir le Tapie local (les démêlés judiciaires en moins) Benoît Bartherotte - auquel il faut reconnaître le courage d’être resté, ces derniers jours, pour se battre et construire envers et contre tout un pare-feu -, le Cap-Ferret est devenu célèbre.
Quand ils ont débarqué, ils n’ont rien eu de plus pressé que mettre leur marque sur la ville et effacer toute trace des populations passées.
Il en va ainsi de tous les envahisseurs, fussent-ils en pantalon en lin et en Birkenstock™.
Tel Otto Back, le Haussmann allemand qui a bâti la Neustadt de Strasbourg, ils ont rasé les maisons des années 50-60 (pas forcément, il est vrai, l'âge d’or de l’architecture) pour y construire leurs pagodes exotiques en bois aux allures… coloniales.
Ce qui, pour des électeurs de gauche, ne manque pas de sel.
Aujourd’hui, toute la presqu’île, ou presque, ressemble à un lotissement de luxe en Kapla™.
On imagine que l’incendie, s’il était arrivé jusque-là, n’en aurait fait qu’une bouchée.
Sus à la tartufferie
Je ne suis pas richophobe. Je ne suis même pas persuadée, comme l’avancent certains ayant vu des pompiers quitter le Var pour rejoindre Cap-Ferret, que quelques coups de fil en haut lieu par des personnalités ayant le bras long aient été la cause du soin particulier dont cet endroit a fait l’objet : la presqu’île en forme d’aiguille étroite est difficilement évacuable et - peu l’ont souligné - possède des puits de pétrole qui auraient fait, avec les flammes, un cocktail tragique.
Mais sus à la tartufferie !
Ce que cherchent ces stars, au Cap-Ferret, c'est un entre-soi tranquille, avec une cote immobilière prohibitive leur servant de barrière infranchissable.
Aujourd'hui, si ce côté-ci du bassin est plus coté qu'Arcachon, c'est notamment parce qu'il n'est pas desservi par le train - simplement par le car, et la pinasse pour ceux qui ne sont pas motorisés. Il est donc bien mieux fréquenté.
Il s'agirait de l'avouer.
Et ce ne sont pas les Soulèvements de la Terre mais les retournements de la terre, ceux qui la travaillent, la bêchent, la piochent, la labourent tous les jours (entendez : les agriculteurs) qui ont sauvé le Ferret.
Il s'agirait, aussi, de les remercier et de les aider.
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