vendredi 28 août 2026

CAEN: POURQUOI TAIRE LE NOM ET LE PRÉNOM DE L' ASSASSIN RUSSE !

 TRIBUNE LIBRE !

Camion-bélier à Caen : Ibrahim, le prénom que les médias rechignent à donner

 

Depuis mercredi soir règne une omerta autour de l'identité complète du suspect, dont on martèle la nationalité russe.
Capture d'écran vidéo X.
Capture d'écran vidéo X.

Une voiture-bélier qui fonce sur un groupe de personnes en plein cœur de Caen, faisant deux morts et près d’une dizaine de blessés graves, c’est une affaire suffisamment tragique pour susciter un intérêt légitime.

 Depuis mercredi soir, la presse s’emploie à recueillir les informations autour du drame survenu le 26 août vers 22h15 à proximité de la gare, dont on commence à mesurer la portée.

 

Nationalité russe et origine tchétchène du suspect, noms, âges et nationalités des victimes, mobile…

 Le contexte du crime se précise à mesure que les informations tombent. 

Mais alors que l’on sait depuis le début de la nuit que le suspect se nomme Ibrahim I., ce détail, qui pourrait ne pas en être un, peine à trouver sa place dans le traitement médiatique de l’affaire : certains préfèrent discrètement l’éluder.

 

Un nom passé sous silence

Il est un peu plus de 22 heures, mercredi soir, lorsqu’une Audi noire fonce à toute vitesse en direction d’un Abribus™ situé face à la gare de Caen, sous lequel une dizaine de personnes se sont réunies. 

La voiture les fauche avant de prendre aussitôt la fuite, laissant derrière elle une scène d’horreur. 

Un homme décède dans la soirée, puis un deuxième au petit matin de ce jeudi 27 août, tandis que neuf autres personnes sont blessées, certaines portées à l’hôpital en urgence absolue.

 

L’information vient d’abord du journal local de Caen, Liberté

 

Peu d’éléments sont alors dévoilés, mais on sait, d’après le préfet du Calvados David Clavière, que le suspect est né en Russie, qu’il n’est pas connu des services de renseignement, mais seulement pour des délits routiers. 

On apprendra plus tard qu’il est d’origine tchétchène, âgé de 26 ans, qu’il réside régulièrement sur le sol français et que son acte pourrait être une vengeance après une bagarre survenue un peu plus tôt dans la soirée avec les individus fauchés. 

On sait aussi qu’il a été interpellé une vingtaine de kilomètres plus loin dans la soirée, après avoir tenté d’immerger sa voiture dans un point d’eau.

Il faut cependant attendre un article du Figaro, publié aux alentours de minuit, pour apprendre le prénom du suspect : Ibrahim I.

 Le lendemain du drame, Liberté n’en dit rien, même dans son article consacré à « ce que l’on sait du conducteur arrêté ». Ouest-France ne le mentionne pas davantage, malgré un article intitulé « Que sait-on du suspect interpellé, âgé de 26 ans ? »

 

 

Le média régional couvre pourtant l’affaire avec assiduité, comme en témoignent les mises à jour régulières de ses articles.

 Les noms et origines des victimes y sont progressivement dévoilés : des hommes, étrangers pour la plupart, ou d’origine étrangère pour le seul Français blessé. 

 

On apprend également, en fin de journée, que l’une des « pistes évoquées serait une dispute amoureuse », selon le maire. 

Mais pas une seule fois son prénom.

Le « suspect », le « conducteur », le « protagoniste », « l’homme de nationalité russe »… Libération, Le Nouvel Obs, Le Parisien, La Nouvelle République ou encore Le Monde : tous les médias dont les articles sont postérieurs à celui du Figaro omettent cette information qui, en d’autres circonstances, figure parmi les premières à être révélées.

 

Les prénoms des victimes, eux, ont d’ailleurs bien été divulgués : des Afghans pour la plupart, nommés Asif Mohammad et Safiullah Kohistani, mais aussi un Égyptien, un Soudanais et un Bangladais.

 

Un débat à éviter ?

Volontaire ou non, il n’est pas rare de relever ce genre d’omission dans la presse, qui passe parfois sous silence une partie de l’identité des suspects.

 Lorsqu’une octogénaire avait été violée en juillet par un mineur marocain de 16 ans, la presse mainstream s’était ainsi contentée de parler d’un « jeune de 16 ans ». Et les exemples sont légion.

Peur d’attiser la haine, de « stigmatiser » ou d’être taxés de racisme pour avoir révélé de simples faits ?

 Les raisons de ne pas tout dire à son lecteur sont nombreuses. 

Ici, elles pourraient notamment tenir à la volonté de ne pas mettre en lumière la réalité de certaines villes dans lesquelles l’immigration, qui n’a d’ailleurs pas été mentionnée une seule fois dans cette affaire, pourrait être à l’origine d’un certain « sentiment d’insécurité » dans l'espace public.

 

 

À Caen, où les crimes et délits s'élevaient à 65,01 ‰ en 2025, en hausse par rapport à 2024, 1.435 violences contre les personnes ont été recensées, l'année dernière. 

Un chiffre, lui aussi, en augmentation constante depuis 2016, selon un baromètre réalisé par L’Internaute

Et dans le quartier de la gare où s’est déroulé le drame de mercredi, les forces de l'ordre sont intervenues 130 fois depuis... le 1er juillet. Le secteur semble, par ailleurs, connu pour son « multiculturalisme » et la communauté afghane qui l'habite, comme le relèvent de nombreux articles depuis hier. 

Un contexte qui n'a pas, non plus, été soulevé dans le traitement médiatique depuis les faits.

 

Picture of Alienor de Pompignan

Par Alienor de Pompignan
Journaliste
 
Source et Publication :  https://www.bvoltaire.fr/camion-belier-a-caen 

 

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