TRIBUNES LIBRES !
Elon Musk à nouveau accusé d’ingérence pour son soutien à Marine Le Pen

Une phrase lapidaire d’Elon Musk et c’est tout X qui s’enflamme : « Marine Le Pen est le dernier espoir de la France », a écrit le milliardaire américain, en partageant un sondage la donnant gagnante en 2027.
Aussitôt, d’aucuns crient à l’ingérence et s’inquiètent de l’affichage d’un tel soutien.
Comme si c’était la première fois qu’une personnalité étrangère donnait son opinion quant à son favori dans une élection française…
Mais peut-être y a-t-il de bonnes et de mauvaises ingérences ?
On crie au scandale
Évidemment, à gauche comme au centre, on crie au scandale : Thierry Breton, non sans une certaine grandiloquence, affirme ainsi que « la saison des ingérences commence.
Elon Musk soutient donc Marine Le Pen.
C’est son droit.
Charge, aux autorités, de veiller à ce que l’algorithme de X ne favorise aucun candidat.
L’État de droit s’applique à toutes et à tous.
Sans exception. »
Certes.
Cela dit, personne n’a prétendu le contraire.
D'ailleurs, c'est bien sur X qu'il a pu, comme les autres, s'insurger contre ce soutien.
Pourtant, les médias, en rangs serrés, se font déjà les chambres d’écho des opposants au RN qui s’insurgent.
Il faut dire qu’il y a de quoi donner de l’urticaire à certains : depuis sa publication, le post de Musk est, à cette heure, déjà liké plus de 122.000 fois…
Alors, nombreux sont ceux à lui répondre vertement. Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères, par exemple, tente le sarcasme : « Like we say in French : il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. »
Jérémie Patrier-Leitus, député Horizons du Calvados, tente d’ironiser : « Merci Elon
On savait déjà que vous vouliez coloniser Mars.
On découvre que vous souhaitez aussi coloniser le débat démocratique français. Thanks, but no tanks ! » Antoine Léaument, député LFI de l’Essonne, lui, est plus virulent : « L'ingérence étrangère d'Elon Musk commence pour l'élection présidentielle. »
Il en appelle à l’Arcom et en profite pour dénoncer de potentielles « manipulations algorithmiques de l’élection [qui] font partie des risques pointés dans [s]on rapport parlementaire sur l’organisation des élections en France ».
On dénonce une ingérence
C’est que, selon LCP, « ce n'est pas la première fois qu'Elon Musk s'implique dans une élection » et que, non seulement le milliardaire et patron de X aurait œuvré pour la réélection de Donald Trump dans son pays mais il avait aussi « publiquement soutenu le parti d'extrême droite allemand AfD, estimant que "seul [ce parti] peut sauver l'Allemagne" » en février 2025, lors des législatives allemandes.
Faut-il imputer la percée historique de l’AfD au soutien d’Elon Musk ?
Ce serait peut-être un tantinet excessif !
D’autant qu’Elon Musk n’est vraiment pas la première personnalité de poids à donner son avis dans une élection qui lui est étrangère.
Ainsi, le député RN du Territoire de Belfort, Guillaume Bigot, s’étonne, sur X, en partageant une capture d’écran du soutien de Barack Obama à Emmanuel Macron en 2017, de ne pas « retrouve[r] le tweet de Thierry Breton pour s’indigner de cette ingérence-là ».
De bonnes et de mauvaises ingérences ?
« S'il est qualifié d'"ingérence étrangère", ce soutien n'est pas illégal à ce stade. Rien n'interdit à un citoyen étranger d'exprimer publiquement une préférence pour un candidat français », précise le média parlementaire, en ajoutant toutefois que « concernant Elon Musk, le débat ne porte pas uniquement sur son soutien, mais aussi sur le fait qu'il soit propriétaire de X et, donc, qu'il contrôle d'une manière ou d'une autre la plate-forme et ses règles.
Ce qui nourrit les interrogations sur une possible influence algorithmique dans le débat démocratique. »
Des suspicions et des accusations qu’Elon Musk et X ne subissent pas pour la première fois avec ce tweet, puisque « la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris a reçu deux signalements en janvier 2025 émanant respectivement d’un député et d’un haut responsable d’une institution publique française », expliquait BFM, en juillet dernier, en ajoutant que « ces signalements faisaient état de l’utilisation supposée de l’algorithme de X (ex-Twitter) à des fins d’ingérence étrangère ».
Cette enquête avait provoqué, en février dernier, une perquisition des locaux de X et l'ire d'Elon Musk, qui avait dénoncé une « attaque politique » .
L'auteur du signalement, le député Éric Bothorel, n’a d'ailleurs pas manqué de dénoncer ce soutien d’Elon Musk à Marine Le Pen.
Pour lui, « ce n’est pas un détail de l’Histoire. Non pas parce qu’il n’aurait pas le droit de la soutenir, mais parce qu’il contrôle un outil dont les algorithmes peuvent façonner l’opinion publique. »
Une question demeure, pourtant : tous les soupçons d’ingérence, tous les soutiens affichés publiquement auront-ils le même traitement médiatique et subiront-ils la même levée de boucliers ?
Ou bien faut-il croire qu’il en va de l’ingérence étrangère comme du reste : selon que vous serez de droite ou de gauche, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir…
Sciences Po Paris crée un master dédié à la lutte contre la désinformation

Sciences Po Paris annonce la création d’un master inédit pour former des « analystes de la désinformation » capables de produire une « riposte » pour des médias, l’État ou des entreprises privées.
La première promotion de ce master « Investigations, analyse et intégrité de l’information » fera sa rentrée en septembre 2027.
L’école a créé « la première formation qui s’attelle directement à ce défi de notre époque, qui est celui des guerres informationnelles », a déclaré à l’AFP Marie Mawad, la doyenne de l’école de journalisme de Sciences Po.
Cette décision ferait suite à un besoin exprimé par les recruteurs (médias, services de l’État, entreprises privées, consultants spécialisés) qui souhaitent recruter des « experts d’un nouveau genre, capables non seulement d’analyser la désinformation mais aussi d’agir pour la contrer ».
La trentaine d’étudiants se formeront aux techniques d’enquête en sources ouvertes (OSINT), d’identification des manipulations et ingérences numériques, les stratégies de « riposte informationnelle » et l’écriture de « rapports, briefs, synthèses » avec une « posture éthique et déontologique ».


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