TRIBUNE LIBRE !
Les causes profondes de notre déclin

Je viens de recevoir une lettre, signée par Philippe Gibelin, président de NCI Police.
Dans cette lettre, on demande une aide financière pour les frais de justice que devra régler un jeune policier, Éric G.
Ce dernier a abattu un clandestin, sous ordre de quitter le territoire français, nommé Amar Slimani, qui l’avait menacé avec son pistolet.
Il a donc agi en état de légitime défense.
Malgré cela, il fut placé en détention provisoire pendant seize mois et menacé et insulté par d’autres détenus, ayant appris qu’il était policier.
Maintenant, il sera jugé.
Cette triste histoire fait partie de tant d’autres.
L’on a le sentiment d’assister à l’ensauvagement de très nombreux jeunes.
Tout cela illustre le déclin grave de la France, voire de l’Occident dans son ensemble.
L’on devrait peut-être chercher à comprendre les causes profondes de ce déclin.
Pour ma part, j’ai la tendance à croire que la cause essentielle de ce déclin de l’Occident est l’affaiblissement progressif de l’héritage biblique, sur lequel la civilisation occidentale s’était construite.
L’essentiel de l’héritage biblique, c’est la foi en un Dieu unique qui créa le monde et qui continue à le diriger.
Il confia un rôle spécifique aux descendants du patriarche Jacob qui reçut le nom d’Israël, après avoir lutté toute une nuit avec l’ange d’Esaü.
Les descendants d’Israël ont une responsabilité particulière et ils sont punis par l’Éternel avec une sévérité particulière, lorsqu’ils ne sont pas à la hauteur de la mission qui leur fut confiée.
Les rabbins enseignent que le roi de Babylone Nabuchodonosor qui détruisit le premier temple de Jérusalem était un instrument de la colère divine.
Si cela pouvait être vrai il y a vingt-six siècles, cela peut s’appliquer aussi à d’autres personnalités, dans un passé plus récent.
Le 30 juin, Riposte laïque publia d’une part l’Édito de Cyrano, intitulé « Les Juifs de gauche immigrationnistes sont triples traîtres » et d’autre part l’article de Henri Dubost, intitulé « Bruel, Cohn-Bendit : fin de l’impunité pour les Juifs de gauche ».
J’ai lu ces textes avec une certaine peine.
Et avec une peine encore plus grande, j’ai lu certains des commentaires.
L’on peut avoir le sentiment que beaucoup de Juifs sont vraiment très doués pour s’attirer l’hostilité des autres peuples.
Mais il faut comprendre que, par exemple, les vulgarités d’un Bernard-Henri Lévy qui parle des « Franchouillards » ne sont que l’expression de ses complexes d’infériorité et de son manque d’assurance.
L’on sait qu’il est allé en Bosnie, servir le président Alija Izetbegovic (1925-2003).
Ce dernier, dans sa jeunesse, accueillait le grand mufti de Jérusalem Hadj Amine el-Husseini (1895-1974), qui organisait des Waffen-SS musulmanes en Yougoslavie occupée.
Ceux-ci participaient aux massacres des Serbes et à l’extermination des Juifs.
Bernard-Henri Lévy a écrit que pendant son séjour en Bosnie, il voyait les volontaires arabes jouer au football avec les têtes coupées des Serbes.
Après il est parti au Pakistan, enquêter sur l’assassinat d’un journaliste juif américain par les islamistes.
Les Pakistanais qu’il interrogeait sur la décapitation du journaliste lui répondaient : « Oui, c’était atroce.
Mais que voulez-vous ? C’était un Juif ! »
Ceux qui ne s’identifient à aucune nation peuvent aller jusqu’à servir les ennemis de leur propre peuple.
Pourtant, le judaïsme est justement une religion qui unit la foi en un Dieu unique à la fidélité à un peuple spécifique, au « peuple élu ».
D’après la Bible, la division de l’humanité en nations fut effectuée par l’Éternel, suite au péché des bâtisseurs de la tour de Babel.
Jusque là, tous les humains parlaient la même langue, formaient une seule nation.
Mais ils voulaient bâtir une tour, pour atteindre l’Éternel au ciel et le détrôner.
Alors le Tout-puissant a confondu leurs langues, pour qu’ils ne puissent pas se comprendre et terminer leur construction gigantesque.
L’on peut espérer que, dans les temps messianiques, l’humanité pourra de nouveau s’unir.
Mais actuellement elle est divisée et il faut respecter la spécificité de chaque nation.
Toute les formes de mondialisme, de cosmopolitisme, ne sont que des messianismes prématurés.
Un grand messianisme prématuré était, et est toujours, bien sûr, le marxisme.
Une véritable contrefaçon du messianisme judaïque, où le prolétariat joue le rôle du peuple élu qui conduit l’humanité vers une société sans classes, une version athée du royaume de Dieu sur Terre.
L’on sait qu’en moins de deux siècles d’existence, les marxistes exterminèrent à peu près cent millions de personnes.
Bien sûr, tous les marxistes n’étaient pas juifs et tous les Juifs n’étaient pas marxistes.
Mais les rabbins enseignent : « Kol Israël arevim zé ba zé ».
Ce qu’on peut traduire librement : « Tous les Juifs sont responsables les uns des autres ».
Même ceux des Juifs qui n’ont pas personnellement versé dans le marxisme portent une certaine responsabilité.
Ils auraient dû faire plus d’effort pour persuader leurs frères de se détourner de cette contrefaçon du messianisme judaïque que représente le marxisme.
Mais ceux qui sont tellement en colère contre « les Juifs de gauche » devraient se poser aussi la question de savoir pourquoi ces gens ont pu avoir tellement de succès.
Pour ce qui concerne Daniel Cohn-Bendit, j’ai encore cherché à me renseigner à son sujet sur Wikipédia.
Elle lui consacre un très long texte, d’une trentaine de pages.
L’on peut y lire que déjà les parents de Daniel Cohn-Bendit étaient des militants de gauche, au point qu’ils n’ont pas fait circoncire leur fils, né en 1945 en France.
Ce dernier s’est plus tard marié avec une Allemande bien aryenne, par ailleurs fille d’un ministre social-démocrate de la République fédérale.
Un peu comme Karl Marx qui s’était marié avec une aristocrate allemande, dont le frère était le ministre de l’Intérieur de la Prusse.
Je me souviens encore qu’au mois de mai 1968, les manifestants criaient : « Nous sommes tous des Juifs allemands ! » Ils ne s’identifiaient pas avec les Juifs. Ils s’identifiaient avec quelqu’un qui n’avait pas d’identité.
Ils voulaient simplement dire qu’ils ne voulaient pas être français.
Je me souviens aussi que trois décennies plus tard, Daniel Cohn-Bendit, alors député européen, criait à la télévision qu’il ne suffisait pas de bombarder la Serbie, que les puissances de l’OTAN devaient carrément l’envahir.
Cet élu du parti écologiste ne se souciait pas des dégâts que la guerre contre la Serbie causait à l’environnement.
Et il ne semblait pas savoir qu’il devait peut-être sa survie justement aux Serbes.
En 1941, les Allemands planifiaient d’attaquer l’Union soviétique déjà au début de l’année, pour conquérir Moscou et Leningrad avant le début de l’hiver.
Mais la résistance héroïque de la Yougoslavie les a obligés à ne déclencher leur attaque de l’URSS qu’en juin.
Ces Juifs de gauche ont peut-être tant de succès justement parce qu’ils incarnent un refus d’identité, poussé au paroxysme.
En Russie soviétique, la « Section juive du parti communiste », crée peu après la révolution d’Octobre de 1917, avait pour tâche de lutter contre la pratique du judaïsme, contre l’enseignement de l’hébreu et contre le sionisme.
Mais quelques années plus tard, Staline l’a fait dissoudre.
Son chef, un ancien rabbin, fut fusillé par ses camarades.
Mais malgré tous ses crimes, le marxisme continue à exercer une forte séduction sur beaucoup de gens.
L’idéologie woke est peut-être son ultime avatar.
Là, il est aussi intéressant de constater que sa principale représentante est Judith Butler qui a enseigné à l’université de Californie à Berkeley.
Elle se définit comme une Juive antisioniste.
Tout en revendiquant son homosexualité, elle n’a jamais condamné le fait que le Hamas punit les homosexuels, conformément à la charia, par la peine capitale.
Elle a désigné le Hamas et le Hezbollah comme « des mouvements progressistes de gauche qui font partie de la gauche mondiale ».
Le 2 juillet dernier, Riposte laïque a publié un article intéressant de Jean Lamolie « Le christianise, fourrier de l’islam ».
Lamolie commence son article, en disant : « Certains intellectuels et politiciens patriotes se bercent d’illusions en prétendant que le christianisme peut être un rempart contre l’islamisation de la France.
Mais l’histoire ancienne et récente montre le contraire ».
Pour ma part, j’ai le sentiment que la principale cause de l’actuel déclin réside dans le fait que le christianisme, sur la base duquel notre civilisation a été édifiée, arrive – semble-t-il – au bout de ses forces.
Ce n’est probablement pas un hasard si le célèbre livre « Le déclin de l’Occident » d’Oswald Spengler (1880-1936) fut publié en deux volumes en 1918 et en 1922.
L’on peut dire que la Première Guerre mondiale a vraiment marqué la fin d’un monde, le monde régi – du moins pour l’essentiel – par les valeurs du christianisme.
Le 28 juillet 1914, le vénérable empereur François Joseph de Habsbourg-Lorraine (dont mes deux parents étaient alors encore des sujets) signa la déclaration de la guerre à la Serbie.
L’on peut dire que c’était un acte de suicide de la chrétienté.
À nos amis qui se veulent être « français et catholiques pour toujours » on devrait pouvoir rappeler aussi les responsabilités françaises dans cette tragédie.
J’écris ici plus haut qu’il faut respecter la spécificité de chaque nation.
La chrétienté traditionnelle se composait bien des nations spécifiques.
Mais au-dessus de l’attachement à sa nation, chaque fidèle devait placer encore d’autres valeurs.
Bien sûr, le christianisme n’a pas réussi de faire disparaître les guerres.
La Bible dit bien que « les conceptions du cœur de l’homme sont mauvaises dès son enfance » (Gn 8, 21).
Mais le christianisme a quand même freiné les ardeurs guerrières des hommes.
La Révolution française de 1789 a érigé la nation en un absolu.
Au nom de cet absolu, les Français ont attaqué les Allemands en 1792, puis en 1870. Sous la IIIe République, c’étaient les instituteurs laïques des écoles publiques qui élevaient des générations des élèves « les yeux fixés sur la ligne bleue des Vosges ».
À l’issue de la guerre de 1914-1918, l’Allemagne dut subir une occupation d’une partie importante de son territoire.
Les autorités françaises y envoyèrent des troupes coloniales qui violèrent beaucoup de femmes allemandes.
Les Allemands ressentaient cela comme une humiliation particulièrement insupportable.
L’idéologie national-socialiste s’est ensuite édifiée sur ces frustrations-là.
Bien sûr, les hostilités entre différents peuples ont toujours existé.
Mais le christianisme s’est pendant longtemps efforcé de surmonter cet état de choses.
Il a incontestablement fait beaucoup pour aider l’humanité à dépasser le stade de barbarie, dans lequel elle se trouvait, au moment de son apparition.
Mais l’on peut aussi reprocher au christianisme un certain manque de réalisme.
Dans la Bible hébraïque, Dieu dit par la bouche de son prophète : « Je forme la lumière et crée les ténèbres, j’établis la paix et suis l’auteur du mal : moi l’Éternel, je fais tout cela » (Is. 45,7).
C’était une grande affirmation monothéiste, par opposition au dualisme manichéen qui percevait le monde comme un lieu de lutte entre le dieu de la lumière Ahura Mazda et le dieu des ténèbres Ahriman.
L’on peut se poser la question de savoir si le christianisme ne représente pas une forme de retour à cette vision manichéenne.
Dans le Nouveau Testament, il est écrit : « La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont aimé les ténèbres plus que la lumière » (Jn 3, 19).
Et : « Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier est au pouvoir du Malin » (1 Jn, 5,19).
Cette conviction ne peut-elle pas mener vers des attitudes autodestructrices ?
Le 4 juillet, on a pu voir à la télévision le pape Léon XIV à l’île de Lampedusa faire l’éloge de l’invasion de l’Europe par les masses du tiers-monde, au nom de sa conception de l’amour du prochain.
Dans son article « Le christianisme, fourrier de l’islam », mentionné ci-dessus, Jean Lamolie dit : « La résistance à l’islam ne viendra donc pas du christianisme, mais d’un renouveau des spiritualités qui l’ont précédé ».
Parmi celle-ci, le judaïsme a certainement été très important.
Grâce à Dieu, il vit maintenant un véritable renouveau, après une longue période du déclin.
Les Juifs de gauche, mentionnés ci-dessus, illustrent bien ce déclin.
Un déclin caractérisé par un manque complet d’une véritable identité, par un manque de toute spiritualité.
De cela découlent, assez logiquement, des complexes d’infériorité que l’on cherche à compenser par les attitudes arrogantes et quelquefois même par une tendance à s’identifier avec l’ennemi.
L’on peut dire que tout cela est un aboutissement d’un long processus qui a commencé avec la destruction du deuxième temple de Jérusalem.
Les rabbins enseignent que cette destruction était une punition divine, pour le péché du sinat khinam (la haine gratuite).
Les dix-neuf siècles de dispersion qui ont suivi ont été une épreuve à laquelle il n’était pas toujours facile à résister.
Mais, grâce à Dieu, cette épreuve a pris fin.
Les nations n’ayant pas respecté l’injonction de ne pas opprimer le peuple d’Israël trop durement, celui-ci a été libéré de l’injonction de ne pas vouloir retourner en Terre promise « en muraille », c’est-à-dire par la force.
Ce retour ne concerne, pour le moment, qu’une partie du peuple juif.
Mais ceux qui l’ont réalisé vivent aujourd’hui un renouveau spirituel important.
Espérons que les nations aussi pourront en bénéficier.
Dieu ne dit-il pas, par la bouche de son prophète : « Je t’établis pour être la lumière des nations » (Is. 49,6).
Quant aux Juifs de gauche, après qu’ils auront gravement indisposé et les gens de droite et ceux de gauche, après qu’ils se seront ainsi mis eux-mêmes entre le marteau et l’enclume, espérons que ce phénomène pathologique disparaîtra de lui-même.
Par Martin Janecek
Source et Publication : https://ripostelaique.com/
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